Info.com
Aider les jeunes dans leur rélation.
07/09/2022
Raficom | SPORT. Une émission présentée par Makane Cheick Diabaté. Mali. Visite de la fédération malienne de Marakana au . .
18/03/2022
Aguibou Bouaré, président de la CNDH : « Les populations ne devraient pas être privées de la jouissance du droit fondamental à l’information »
Alors que le Gouvernement du Mali engage une procédure de suspension des médias RFI et France 24 sur son territoire, le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, Aguibou Bouaré, estiment que les populations ne devraient pas être privées de la jouissance du droit fondamental à l’information.
Via son communiqué N°023 du mercredi 16 mars dernier, signé du porte-parole du Gouvernement, colonel Abdoulaye Maïga, non moins Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Gouvernement de la transition a exprimé sa profonde consternation face aux « fausses allégations faisant état d’exactions commises par les Forces Armées Maliennes (FAMA), contre des civils, de violation des droits de l’homme et du Droit International Humanitaire ».
Selon ledit communiqué, « ces fausses allégations sans aucun fondement ont été publiées respectivement à travers une déclaration de Mme Michelle Bachelel, Haute-commissaire des Nations Unies aux Droits de Thomme, le 08 mars 2022, un rapport de Human Right Watch, le 15 mars 2022 » et « un reportage de la Radio France internationale (RFI), le 14 et 15 mars 2022 ». « En considérant la synchronisation de ce matraquage médiatique, le Gouvernement en déduit la stratégie savamment préméditée visant à déstabiliser la Transition, démoraliser le Peuple malien et discréditer les vaillantes FAMa », peut-on lire entre les lignes du communiqué.
Pire, poursuit le communiqué, certaines allégations en particulier celles avancées par RFI, n’ont d’autres objectifs que de semer la haine en ethnicisant l’insécurité au Mali et dévoilent l’intention criminelle de journalistes dont certains n’ont pas séjourné au Mall, il y a plus d’un an.
Par conséquent, le Gouvernement malien « rejette catégoriquement ces fausses allégations contre les vaillantes FAMa, engage une procédure, conformément aux lois et règlements en vigueur au Mali, pour suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la diffusion de RFI en Ondes courte et FM et de la télévision France 24 ainsi que toutes leurs plateformes digitales sur toute l’étendue du territoire national ».
Le Gouvernement de la Transition a saisi la même occasion pour interdire « à toutes les radios et télévisions nationales, ainsi qu’aux sites d’information et journaux maliens, la rediffusion, et/ou la publication des émissions et articles de presse de RFI et de France24, dès l’entrée en vigueur de la mesure de suspension ».
« Les agissements de RFI et de France24 ressemblent, dans un passé récent, aux pratiques et au rôletristement célèbre de la radio « Mille Collines dans un événement tragique survenu en Afrique », rappelle le Gouvernement de la Transition. Lequel réaffirme son soutien total, ainsi que celui du Peuple aux vaillantes FAMa « qui respectent les droits humains et agissent toujours avec professionnalisme dans la lutte contre le terrorisme », mais réitère que tous les cas avérés de violation de droits de l’homme et du Droit International Humanitaire impliquant des éléments des forces de défense et de sécurité font systématiquement l’objet d’enquête impartiale et les auteurs sont toujours sanctionnés conformément à la législation nationale.
Les réactions des responsables de droits de l’homme n’ont pas tardé à pleuvoir. Selon le président de la CNDH, « les libertés d’expression, d’opinion, de presse sont garanties par la loi fondamentale du Mali et les instruments juridiques internationaux pertinents auxquels le pays a souscrit.
Les personnes physiques et morales coupables d’infractions aux règles de déontologie et de professionnalisme peuvent être l’objet de poursuites judiciaires ». Et Aguibou Bouaré d’asséner : « En revanche, les populations ne devraient pas être privées de la jouissance du droit fondamental à l’information. Nul n’est à l’abri de la violation de ses droits.»
La Rédaction
22/02/2022
Conférence de lancement des travaux du processus budgétaire 2023 : intensifier la mobilisation des ressources intérieures, de la maîtrise des dépenses avec un taux de croissance attendu de 5,3% en 2023
Le Ministre de l’Economie et des Finances M. Alousséni SANOU a présidé la cérémonie d’ouverture de la Conférence de lancement des travaux du processus budgétaire 2023, qui s’est tenue par visio-conférence pour raison de Covid-19, ce lundi 21 février 2022 à Bamako, en présence du Directeur du General du Budget.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Économie et des Finances a évoqué le contexte économique national marqué par les effets de la maladie à Coronavirus, de la crise sécuritaire et des sanctions économiques illégales prises par la CEDEAO et l’UEMOA à l’encontre du Mali.
"Après la contraction de l’année 2020 liée au COVID 19 et aux conséquences de la situation sécuritaire, l’économie malienne a renoué avec la croissance en 2021, qui devrait s’accélérer en 2022 et 2023 pour atteindre respectivement des taux de 3,5% et de 5,3%. L’inflation demeure maîtrisée, nettement inférieure au critère de convergence communautaire de 3%" a déclaré le Ministre.
Le Ministre a ensuite fait le point sur l’exécution du budget d’Etat lors des deux dernières années.
En 2021, la mobilisation des recettes fiscales ressort plus satisfaisante que celle enregistrée en 2020, avec un taux de pression fiscale qui remonte à 15,5% du PIB contre 14,3% en 2020. L’exécution des dépenses a été contenue dans la limite des dépenses prévues soit 22,5% du PIB contre une prévision de 25,8% en 2020. « Malgré le contexte difficile marqué par la situation sécuritaire, la pandémie de Covid-19 et ses impacts économiques sur les prix des denrées alimentaires, l’absence d’appui budgétaire général, nous avons pu contenir le déficit budgétaire à un niveau de 4,7% contre des prévisions estimées à 5,5%. Ce qui n’a pas impacté le taux de croissance qui est ressorti à 3,1%, contre -1,2 en 2020 », a précisé le ministre de l’Economie et des Finances.
Pour l'année budgétaire 2022 en cours, en dépit du contexte actuel caractérisé par des sanctions économiques et financières disproportionnées prises par la CEDEAO et de l’UEMOA contre le Mali : « le gouvernement travaillera à l’amélioration de l’exécution budgétaire poursuivant ainsi le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et de maîtrise des dépenses, tout en maintenant la croissance » selon le ministre.
Concernant l'année 2023, le Ministre SANOU prône une politique budgétaire prudente compte tenu des différents chocs :« En 2023, les perspectives macroéconomiques indiquent une reprise de l’activité économique avec un taux de croissance réel attendu de 5,3% contre 3,5% en 2022 et un taux d’inflation stabilisé autour de 2%. Toutefois, la prudence sera observée en matière de politique budgétaire. La politique budgétaire vise un objectif de déficit budgétaire de 4,9% du PIB en 2023 compte tenu de nombreux engagements du gouvernement notamment dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et de la population en générale. Il reste entendu qu’à moyen terme, la politique budgétaire s’inscrirait dans la dynamique de revenir progressivement au critère de convergence communautaire de 3% » a expliqué le ministre.
La conférence de lancement du processus budgétaire 2023 est l’occasion pour le Ministère de l’Economie et des Finances à travers la Direction Générale du Budget d’engager des discussions autour de thématiques liées à la politique budgétaire avec près de 600 acteurs (décideurs, Responsables de Programmes, Directeurs administratifs et financiers, Directeurs des Finances et du Matériel, parlementaires, société civile, partenaires techniques et financiers).
Pour l'édition 2023, les participants ont abordé trois thèmes sur le processus budgétaire 2023 à savoir :
- l’Articulation entre la réforme budgétaire et la réforme administrative : enjeux et défis ;
- la Pratique de l’évaluation des programmes : forces et faiblesses des outils et du dispositif » ;
- Et « l’Animation du dialogue de gestion au cours du processus budgétaire : acteurs, processus et enjeux ».
Avant de lancer les travaux, le ministre de l’Économie et des Finances a remercié, aux noms des plus hautes autorités et à son nom propre, l’ensemble des Partenaires Techniques et Financiers qui accompagnent le Mali dans la mise en œuvre de sa politique budgétaire.
Le journaliste Benjamin Roger a été expulsé du Mali après 24 heures. Mais il a pu néanmoins livrer une enquête fouillée sur les mercenaires russes du groupe Wagner qui commence à livrer bataille aux côtés des FAMA, les forces armées maliennes.
15/02/2022
Voici la fameuse liste de la CANAM avec les annotations, comme vous dites ne pas avoir vu ça passer…
Celui qui a pour les ambassades, l’EDM … peut aussi poster.
Que tout soit annulé et fait ds le respect des procédures
15/02/2022
ÉCONOMIE
Mali : les défauts de paiement passent le cap des 80 millions d’euros
Exclu des plateformes financières régionales en raison des sanctions de la CEDEAO, Bamako accumule les défauts de paiement de dette. Le dernier non-remboursement – une créance de 27,5 milliards de F CFA – a fait doubler le montant des défauts de paiement enregistrés depuis janvier.
Par cinq « notes aux investisseurs », publiées depuis la fin de janvier et dont la dernière est datée du 10 février, UEMOA-Titres, l’agence de coordination régionale des émissions de dettes dans les pays ouest-africains de la zone CFA, a alerté les acteurs du marché de l’incapacité du gouvernement malien à s’acquitter des « sommes dues » pour divers emprunts.
Le 28 janvier, les sommes que Bamako n’a pas pu rembourser n’atteignaient que 2,7 milliards de dollars, sur deux « Obligations assimilables au Trésor ». Le 31 janvier, c’était cette fois 15,61 milliards de F CFA que le Mali ne pouvait débourser. Les 2, 7 et 10 février, l’exécutif malien s’est retrouvé incapable de verser respectivement 5,55 milliards, 1,68 milliard et 27,5 milliards de F CFA. Cela porte à 53 milliards de F CFA (81,6 millions d’euros) le montant total des sommes non versées par le Mali depuis la fin de janvier.
BAMAKO ASSURE LES INVESTISSEURS DE SA VOLONTÉ ET DE SA CAPACITÉ À FAIRE FACE AUX ENGAGEMENTS
Impossibilité de rembourser ou d’émettre les créances
L’exécutif malien est sous le coup des sanctions économiques et financières décrétées par la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à la suite de l’annonce par Bamako de son intention de rallonger radicalement la durée de la transition avant le retour à l’ordre constitutionnel.
Début février, les autorités maliennes, qui dénoncent depuis plusieurs semaines des sanctions « illégitimes et illégales », avaient rappelé que le Mali avait « toujours honoré ses engagements sur le marché financier » et assurait les investisseurs « de sa volonté et de sa capacité à faire face aux engagements », comme le rappelle l’AFP.
Outre l’impossibilité de rembourser ses créances, le Mali ne peut émettre de nouveaux titres de dette pour financer le fonctionnement de l’État. Le 12 janvier dernier, le pays a dû renoncer à l’émission de 30 milliards de F CFA de dette. Un an plus tôt, au premier trimestre de 2021, les besoins de financements du Mali sur le marché régional représentaient pas moins de 235 milliards de F CFA d’émissions de dettes.
Jeune Afrique
Ce n'est pour l'instant qu'un projet de loi mais il interpelle ceux qui s'interrogent sur les intentions de la junte militaire au Mali.
Selon le texte, le colonel Assimi Goïta ne pourrait pas être candidat à la future présidentielle. En revanche, il pourrait rester au pouvoir plusieurs années supplémentaires.
08/02/2022
TENSIONS DIPLOMATIQUES ENTRE LE MALI ET LA FRANCE : L’AMBASSADEUR FRANÇAIS A ETE EXPULSE PAR BAMAKO.
Lundi 31 janvier, le gouvernement malien a annoncé le renvoi de l’ambassadeur de France, Joël Meyer, dans un communiqué lu au journal télévisé de la chaîne nationale, ORTM. Cette décision est survenue en représailles des nombreux manquements du ministre français des Affaires étrangères Jean Yves Le Drian et des autorités françaises à l’encontre du gouvernement de Transition. Après cette expulsion.
Depuis le second coup d’état au Mali le torchon brule entre le Mali et la France. Comme pour changer la trajectoire de la transition, le Colonel Assimi Goïta a pris Mr Choguel Kokalla Maïga comme premier Ministre. Dès ce jour Mr Maïga est venu avec sa lutte de Mali Kura, les accords que le Mali a signé avec les partenaires sont remis en cause par le Chef du gouvernement.
À la tribune des Nations Unies lors de la 76e session ordinaire de l'Assemblée générale, le premier Ministre malien Dr Choguel Kokalla Maïga a accusé la France d'un "abandon en plein vol" avec sa décision de retrait du Mali. C’est à partir de là que tout à commencer en termes de désaccord entre le Mali et la France.
Pendant ce temps la France est traitée de tous les noms par les soutiens de la transition malienne. Le peuple malien se tape la poitrine comme étant un état souverain et indépendant mais on chasse une force étrangère pour faire appel à des mercenaires russes. La France, la CEDEAO, et la communauté internationale ont tous condamné l’arrivé des mercenaires russes au Mali (Wagner). Au même moment les autorités du Mali nient l’intervention de wagner au Mali.
Le Ministre français des affaires étrangères Jean Yves le Drian a traité la junte malienne d’illégitime et d’illégale et qu’elle ne fait que prendre des décisions irresponsables. Cela intervient après que Bamako ait demandé aux forces danoises de quitter le territoire malien dans les brefs délais. Alors que cette force devait intervenir dans le cadre de la force européenne Takuba.
Le Mali aujourd’hui n’a pas besoin d’être au cœur de l’actualité internationale, tout ce que le Mali a besoin c’est l’accompagnement de la part de la communauté internationale. Et pour ça, il faut que les autorités maliennes jouent franc jeu et avec eux-mêmes et avec le monde.
MD
08/02/2022
La crise diplomatique entre Paris et Bamako « inquiète » la diaspora malienne de France
Soutien à la junte, arrivée des Russes, crainte de mesures de rétorsion… Les débats peuvent être vifs au sein de la communauté vivant dans l’Hexagone.
Si l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali a vivement fait réagir la classe politique française, elle a aussi provoqué un choc au sein de la communauté malienne de France qui vit depuis des mois au rythme de la relation houleuse entre Paris et les militaires putschistes au pouvoir à Bamako.
« Globalement, la communauté malienne est moins favorable aux autorités de transition que les Maliens vivant au pays. Dans sa grande majorité, la diaspora souhaite des relations pacifiées entre la France et le Mali », remarque Baïdy Dramé, président du Conseil supérieur de la diaspora malienne de France, une organisation qui fédère une cinquantaine d’associations. Ce qui n’empêche pas parfois de vifs débats au sein de la communauté.
La question de la présence militaire française, dont une partie des Maliens disent ne plus vouloir, divise. « Sur le fond et sur la forme, le gouvernement de transition n’a pas apprécié que l’armée française retire une partie de ses troupes sans même le prévenir et alors que les attaques terroristes se poursuivent », estime Bréhima Sidibé, président des étudiants maliens d’Ile-de-France jusqu’en janvier et actuellement en master de sciences du langage à l’université de Cergy.
« Un soutien populaire dans le pays »
Devant l’Assemblée nationale, mercredi 2 février, Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, a réitéré ses propos sur le caractère « illégitime » de la junte malienne, terme à l’origine de l’expulsion de l’ambassadeur Joël Meyer. « Cette légitimité ne doit pas être remise en cause car les autorités de transition bénéficient d’un soutien populaire dans le pays, assure Bréhima Sidibé selon qui « les Maliens sont reconnaissants pour le déploiement de la force française mais, aujourd’hui, elle n’obtient plus de résultats satisfaisants. »
L’arrivée au Mali d’instructeurs russes est aussi vivement débattue. « La réduction des effectifs militaires français a contraint les autorités maliennes à se tourner vers d’autres partenaires et en particulier les Russes qui sont vus aujourd’hui comme des “sauveurs” », poursuit M. Sidibé, qui espère toutefois que l’armée française « restera au Mali mais en changeant sa stratégie ».
Une lecture qui ne fait pas l’unanimité. « La junte militaire n’est pas venue pour libérer le pays mais pour s’enrichir le plus longtemps possible, juge un autre ressortissant malien qui souhaite rester anonyme. Si elle a fait appel aux mercenaires russes de Wagner, c’est juste pour assurer sa propre sécurité. »
Au sein des associations comme à l’intérieur des foyers de travailleurs immigrés, l’expulsion de l’ambassadeur français, nouveau pas dans la dégradation des relations entre les deux pays, a en tout cas renforcé un sentiment d’inquiétude. La communauté malienne de France compte officiellement près de 120 000 ressortissants « auxquels il faut ajouter quelques milliers de personnes en situation irrégulière », précise Baïdy Dramé.
Un pays sous embargo
« A aucun moment, les autorités maliennes n’en ont tenu compte lorsqu’elles ont pris la décision de renvoyer l’ambassadeur de France, s’insurge Balla Cissé, docteur en droit public à la Sorbonne et avocat au barreau de Paris. Cette expulsion manque d’élégance et de respect. La France n’a jamais rejeté le Mali, mais l’inverse vient de se produire. Le gouvernement malien ne pense qu’à lui. »
Car la crise diplomatique a déjà des répercussions économiques sur la diaspora malienne. Dimanche 9 janvier au Ghana, les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont décidé de fermer les frontières avec le Mali et de mettre le pays sous embargo, afin de sanctionner la junte qui entend se maintenir au pouvoir pendant plusieurs années sans organiser d’élections.
Dans la foulée, Air France a suspendu temporairement ses liaisons avec le pays « avec effet immédiat ». « Cette décision brutale a entraîné des annulations de voyages et beaucoup de soucis », explique Sira Traoré, médiatrice sociale au sein de l’association Africa à la Courneuve (Seine-Saint-Denis). « Ceux qui font du business entre la France et le Mali ont été pénalisés, y compris ceux qui envoyaient des fonds à leur famille en les confiant à des passagers », ajoute Balla Cissé.
D’après la Banque mondiale, avec 812 millions d’euros en 2018, soit 6,7 % du PIB, le Mali occupe la 9e place des pays recevant le plus d’argent de sa diaspora dans le monde. Sur ce total, 245 millions d’euros provenaient des Maliens de France qui vivent en majorité en région parisienne, et notamment à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) où leur communauté compte une dizaine de milliers de ressortissants.
« On se sent un peu perdu »
Parmi les Maliens que nous avons rencontrés, une partie s’inquiète d’une éventuelle « riposte » voire « d’une vengeance de la France contre le Mali » après l’expulsion de son ambassadeur. Ils craignent un renforcement des contrôles dans les foyers de travailleurs migrants, une hausse des expulsions de sans-papiers, mais aussi plus de sévérité dans le traitement des dossiers au sein des préfectures.
« J’avais rendez-vous mardi pour mon dossier de regroupement familial, déplore un ressortissant malien, en France depuis 2015. Mon dossier était complet mais on a refusé de le prendre pour une histoire d’adresse incompréhensible. Je n’ai même pas pu obtenir un autre rendez-vous. » « Depuis le début de la semaine, trois autres cas allant dans le même sens [davantage de sévérité] m’ont été rapportés », indique Sira Traoré.
La situation des Maliens restés au pays inquiète également la diaspora. « Nous sommes dans la période où les jeunes Maliens font leur demande pour venir étudier en France, fait remarquer Bréhima Sidibé. Y aura-t-il des consignes de restrictions au niveau des demandes de visa ? Maintenant qu’il n’y a plus d’ambassadeur, c’est à craindre. » Sur le plan économique, l’embargo décrété par la Cédéao fait redouter une hausse des prix, une pénurie d’argent liquide et le non-paiement des salaires des fonctionnaires.
« En ce moment, la communauté malienne se pose beaucoup de questions. On se sent un peu perdu, reconnaît Mamadou Diakite, fondateur de l’association Bamako-sous-Bois, qui intervient à Montreuil (aide sociale, soutien aux migrants) et au Mali (accès à l’eau). On ne sait pas comment cette crise va finir. La diaspora doit s’unir pour appeler les dirigeants des deux pays à la raison. »
Pierre Lepidi
07/02/2022
COMMUNIQUÉ DE LA FAMILLE
SUR L’ÉVACUATION DE SOUMEYLOU BOUBÈYE MAÏGA
Le jeudi 03 février 2022, la famille de Soumeylou Boubèye Maiga a été stupéfaite d’apprendre que l’ancien Premier ministre qui séjourne dans une clinique est interdit de toute visite. Personne n’a accès à lui. Ni son épouse, ni ses enfants, ni ses parents, ni son attaché, etc. n’ont plus le droit de lui rendre visite. Sans aucune explication. Nous estimons que c’est une séquestration qui ne dit pas son nom dès lors que la Justice n’a semble-t-il plus son mot à dire. En effet, dans la clinique, Soumeylou Boubèye Maiga est sous la garde des agents de la sécurité d’Etat qui n’acceptent pas les permis de communiquer délivrés par la Cour suprême.
Nous rappelons que le jeudi 13 janvier 2022, le conseil de santé, commis par l’Etat pour une contre expertise médicale, s’est réuni sur la nécessité de l’évacuation de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. Les conclusions rendues sont identiques à celles de l’équipe pluridisciplinaire qui a pris en charge l’ancien qui avait conclu à l’impérieuse nécessité de son évacuation il y a de cela un mois.
De son côté, la famille de Soumeylou Boubèye Maiga avait multiplié les contacts et entrepris des démarches auprès de certaines entités administratives et socio-religieuses.
La famille de Soumeylou Boubèye Maïga rappelle au président de la Transition sa responsabilité, en tant que garant de toutes les institutions et des droits fondamentaux de tous les citoyens et des droits de l’homme.
La famille de Soumeylou Boubèye Maiga saisit cette occasion pour exprimer sa profonde gratitude à tous ceux qui lui manifestent leur solidarité et assure les uns et les autres qu’elle fait face à la situation avec beaucoup de courage.
Bamako, le 7 Février 2022
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