Bla bla bla
Histoire conte قصص قصة أدب littérature حكاية nouvelle كتابة animaux chat oiseau coq ferme herbe arbre
AYAM SIBA
De bouche à oreille
LE VIEUX BERGER
Il est dix heures, « Khadir », verse du thé à la menthe sans lever ses yeux du plateau, en continuant à raconter l’une des histoires qui lui a été rapportée par ses ailleuls. A soixante quinze ans, il a du entendre de bien belles commes de funestes. Celle qu’il raconte aujourd’hui, qui lui a été ressassée à maintes reprises par son père « Hadj Tayeb » qui lui-même la tient de son grand-père « Si L’Mehdi ». L’événement est arrivé alors que ce dernier est venu des montagnes du Rif, à la pleine du Gharb, en quête d’une opportunité et dans l’espoir de revenir à son hameau natal avec un pactole lui permettant d’améliorer sa situation et celle des siens. Mais le destin en a voulu autrement, et il n’est jamais revenu en arrière. De Douar en Douar il a galéré avant de s’installer dans la « k’bila » des « Oulad Rhim », où il s’est fixé après avoir épousé l’une de leurs filles.
« Khadir », après avoir siroté quelques gorgés de thé, reprend sa narration avec une pointe de tristesse. Il faut dire que c’est un homme érudit, c’est l’un des « Hamalat d’ Al Koraan » (il a apprit le Saint Coran par cœur). Il remercie son père pour cette bénédiction qui la tire, certainement de ces ancêtres. Les « Jbalas » sont connu par leur savoir théologique et sont des Imams dans la plupart des mosquées de Douars. Bien, dit « Si Khadir », quoiqu’il en soit, à l’époque quand mon arrière arrière grand-père est venu s’installer ici, les temps étaient difficiles, il travaillait dur à longueur de journée, rien que pour une piètre pitance. Chez certains il n’avait droit qu’aux restes. Il faut dire aussi que d’autres n’étaient pas bien lotis que lui. Avec sa bienveillance et son charisme, il a pu s’attirer la sympathie et le respect de la famille des « Ben ZERHOUN » dont il finit par épouser mon arrière arrière grand-mère.
Ce que rapporte les manuels de l’histoire sur cette période, n’est pas glorieux, certaines péripéties ont même étaient à l’origine d’une phrase sombre, voir ténébreuse de notre Histoire. L’anarchie, la loi du plus fort et la lutte pour la survie dominaient partout. Le passage de la stabilité relative qu’a connu la population, à l’insécurité grandissante, les gens ne pouvaient plus s’aventurer au-delà de certains territoires, ni pour voyager ni pour commercer. Les Douars vivent en autarcie, avec le manque qui se fait sentir localement, l’instinct grégaire des hommes prend le dessus. Ce que l’on a pas et que les autres l’on, on le leur prend, avec ruses, subterfuges souvent avec force. Pour empêcher les convoitises, il faut rester sur ses gardes et assurer la sécurité de la fraterie et de la K’bila.
« Oulad Rhim », à l’instar des Kabilats de la région, ne sont pas épargnés par la disette et les pénuries. Les terrains aux alentours sont marécageux et le travail de la terre ne satisfait pas les besoins necessaires. Estimé riche celui qui possède une vache ou quelques brebis. Les pâturages ne manquent pas mais assurer la sécurité de son petit cheptel contre des loups humains est bien plus perilleux que l’on puisse imaginer. Un code d’honneur, si l’on puisse dire, est instauré, on ne touche pas aux biens de la fraterie. Les hommes qui rapportent du butin d’ailleurs sont tenus en estime et salués comme des héros. Les raids effectués sont généralement faits sur des Tribus voisines. Les butins ciblés se limitent, la plupart du temps, à ce qui est comestible. Les hommes, tous forts et vigoureux s’ingénient pour accomplir leurs forfaits sans se faire connaître ni appréhender. Des années plutard ils racontent leurs exploits à leur descendants, certains avec fierté, d’autre avec amertume et regret se lamentant sur la précarité qu’ils vivaient et le besoin d’agir pour survivre.
À suivre
AYAM SIBA
De bouche à oreille
LA BERGERE (FIN)
La barbarie de tels actes, trouve son origine dans la crainte, d’être montré du doigt comme un vaut rien, la crainte d’entendre dans son dos des murmures moqueurs à chaque passage, la crainte qu’on devient un paria dans sa communauté et le pire dans sa propre famille. Il faut dire aussi que l’absence de l’autorité centrale livre la population à elle-même sans loi ni foi. L’autorité des sages pallie ce manque, mais elle repose principalement sur le témoignage, quand cet argument fait défaut les choses sont généralement laissées à la bonté divine.
Des années durant, la razzia, le crime étaient le lot quotidien des populations. On se protège comme on peut, les plus indulgents se contentent de petit larcins pour survivre, ce qui leur à valut des surnoms correspondant à leurs forfaits peu « glorieux ». Beaucoup de famille garde encore ces étiquettes et en tirent un orgueil parfois compréhensible, clamant haut et fort que leur ascendant n’ont pas de sang sur les mains, sachant qu’avec le temps les langues se délient, et bien des crimes ont été élucidés. On général ces révélations ne sont faites qu’après que ceux qui en sont l’objet sont en attente du jugement dernier.
« Rendez à la fille ses brebis !! Rendez à la fille ses brebis !! Excuse-moi ma petite… » et l’âme quitta le corps flétrie, au visage noirci et à la barbe grise, de « Lakbir », c’était son dernier aveux au lieu de la « Chahada ».
Fin
AYAM SIBA
De bouche à oreille
LA BERGERE (4 ème épisode )
Le soleil va bientôt se coucher, « M’barka » scrute l’horizon et se demande pourquoi sa fille n’est pas encore rentrée. Son inquiétude grandit quand elle entend l’appel à la prière du Maghrib. C’est à ce moment qu’elle sent d’une façon certaine, que seules les mamans ont le don, que quelque chose est arrivé à sa fille. Elle ne tient pas sur place elle ne sait quoi faire, son mari et son fils étaient au champ toute la journée. Son fils se rend au café rejoindre les jeunes du Douar et son mari ne rentre à la maison qu’après avoir fait son rituel religieux du soir avec la Jmaâ, la prière du Maghrib, la récitation du Coran et la prière de l’Ichaà. A la campagne la circulation n’est pas facile à la tombée de la nuit, sans torche ni éclairage, mais sachant se diriger entre des repères familiers, « M’barka » se rend au Masjid en courant et demanda à un jeune de lui appeler son mari. Étonné « Driss » sort ses bottes dans ses mains en criant « qu’est ce qui est arrivé !! qu’est ce qui est arrivé !! » la femme répond en pleurant « ma fille, ma fille « Daouia », elle n’est pas encore revenue du pâturage ».
La nouvelle se répond vite, tout le monde sait que « Daouia » et niaise, mais pas au point de se perdre. Une battue est organisée par les quelques personnes disponibles pour la retrouver. Ils savent qu’elle ne s’aventure jamais au-delà des limites de la Kbila ni à l’intérieur de la forêt. Les recherches durant la nuit n’ont rien donné, faute de visibilité et d’hommes. La nouvelle de la disparition se répond vite et à l’aube la reprise de la battue est plus importante tous le Douar y participe. C’est un jeune qui découvre le corps de la jeune fille, exactement comme l’a laissé son meurtrier. Les brebis se sont dispersées dans la forêt à l’abri du froid de la nuit. Vite rassemblées, on constate qu’il en manque quelques unes.
C’est inimaginable qu’on puisse s’en prendre à une jeune fille, lui ôter la vie pour deux brebis. Tout le monde est estomaqué, si elle avait été l’objet d’une perversion, le crime aurait été « justifié », mais … ! Toutes les investigations n’ont mené à rien. Un crime qui ne correspond à aucun modus operandi des brigands des douars voisins et qui transgresse avec les variantes délictueuses de la région et de l’époque. A Suivre
AYAM SIBA
De bouche à oreille
LA BERGERE (3 ème épisode )
« Lakbir », tout en avançant, se demande où se trouve le berger, son premier obstacle, parce qu’il est décidé à se servir et saisir une ou deux brebis, ses trophées qui feront de lui le héros et la fierté de sa femme. Il a beau scruter les environs sans succès, « Daouia » qui est toujours assise adossée au dernier arbre, voit arriver sur elle un homme d’âge mûr sur un âne, avec une grosse souche devant lui, ce qui lui conférait un air pacifique, arrivé presque à sa hauteur elle se leva et le salua respectueusement.
« Lakbir » qui regarde au loin est surpris quand la fille saute devant lui en le saluant, il marmonne une réponse inaudible à son salut, et d’un air vicieux il la toise du regard et lui demande « tu es toute seule ici !! ». Oui répondît-elle, en le fixant du regard. « Lakbir » sait qu’il n’a plus l’avantage de la surprise, ni le moyen d’éviter la confrontation directe, il continue à discuter avec la fille tout en échafaudant un plan qui lui permettra d’arriver à ses fins.
Un dilemme se pose à lui, s’il lui prend de force une ou deux brebis elle le dénoncera et il sera la honte de la Jmaâ, la laisser tranquille et rentrer les bras vides, il sera lunché par les siens comme bon à rien. Son esprit maléfique prend le dessus, doucement, il fait tomber sa babouche de son pied, prétextant qu’il ne peut descendre pour la récupérer étant gêné par la souche qu’il a devant lui, il demande à la fille de la lui remettre au pied. « Daouia » s’approcha, pris la babouche la lui remet à son pied, au moment ou elle se releva un sourire au lèvres d’avoir fait une bonne action, « Lakbir » lui assena un coup, avec sa Gadouma, sur le devant de sa tête. Le coup était si fort qu’il lui arracha le front et la tua sur le coup.
Il jette la souche par terre, descend de sa monture, prend la fille par derrière sous ses aisselles, la traîne jusqu’à l’arbre où elle était assise, l’adosse contre le tronc et couvre son visage par son foulard. Sans un mot, il choisit du regard deux belles et jeunes brebis, leurs laça les pattes et les chargea sur l’âne, après avoir fixé au bas la souche. Il nettoya sa Gadouma et pris son chemin comme si de rien n’était.
À Suivre
السلام عليكم
منقلب على فلاح يقابل فيرمة صغيرة
السكن متوفر
Click here to claim your Sponsored Listing.
Category
Contact the public figure
Telephone
Website
Address
Kenitra