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Un quotidien électronique d'investigation et d'information sur la Guinée et sur l'Afrique.

17/10/2025

Droit à l’information et liberté de la presse : un combat jamais terminé !

Les combats menés ensemble, à travers les épreuves et le temps, ne s’oublient pas. Ils constituent une réserve d’énergie et d’engagement pour de nouvelles batailles. Obtenir la liberté d’expression en son temps, notamment le droit à une information dans un paysage médiatique pluriel, avec des médias indépendants, n’était pas chose aisée. Nous avons eu l’honneur et la chance de faire partie de cette aventure, conduite par des pionniers tels que Souleymane Diallo avec son groupe de presse Le Lynx-Lance, Aboubacar Sylla avec L’Indépendant-Le Démocrate, ainsi que d’autres titres de référence. Ensemble, ils ont écrit les plus belles et glorieuses pages de la presse libre guinéenne.

Cet héritage, pourtant, n’a été ni sauvegardé ni bien défendu. L’âme de la lutte et l’esprit de sacrifice, portés par un idéal partagé et généreux, n’ont pas survécu à l’instinct de conservation de certains, ni à la résignation d’autres face aux difficultés de l’inconnu. Il ne faut cependant pas désespérer de voir la presse, confrontée à la plus grave crise de son existence, retrouver son lustre d’antan, et ses acteurs d’aujourd’hui, le courage et l’abnégation de leurs devanciers. Malgré les emprisonnements, les harcèlements judiciaires et les descentes musclées dans les rédactions, la première génération de journalistes et de patrons de presse est restée droite dans ses bottes. Peut-être la nouvelle génération aura-t-elle le sursaut nécessaire, et à temps, pour ne pas sombrer. Il lui appartiendra de lutter et de se reprendre, en respectant une éthique et une déontologie strictes du métier.

En attendant, il faut déplorer les lauriers perdus et s’inquiéter du désert médiatique qui s’étend dans le pays, pendant que les autorités qui avaient pourtant annoncé un grand printemps des libertés, restent indifférentes, et que des acteurs et partenaires jadis vigilants sur les exigences de l’État de droit, en tant que gardiens des acquis démocratiques, observent un silence coupable. Autres temps, autres mœurs…
Si les critiques d’hier sont devenus les acteurs d’aujourd’hui, les pionniers ne doivent pas renier leur passé exigeant,
ni se détourner de l’avenir, alors que chacun se demande quelle en sera la couleur, s’il sera conforme aux attentes ou trahira une fois de plus les espoirs.

D’ici là, la fidélité à l’engagement et l’obstination dans les convictions sont des remparts sûrs contre les faiblesses et les compromissions. La peur ne mène à rien, tandis que la détermination et le courage permettent de repousser toutes les limites et toutes les frontières. Le flambeau a été passé sans avoir préparé la relève des valeurs et de la conscience citoyenne. Il convient donc de redescendre dans l’arène pour poursuivre l’effort interrompu et recommencer un combat que l’on croyait gagné. En réalité, il existe des conquêtes de tous les temps qui concernent toutes les générations. On a le choix de fuir sa responsabilité ou d’assumer ses devoirs.
Nous sommes de ceux qui croient davantage en une destinée commune heureuse qu’au bonheur solitaire dans le désarroi collectif.

Tibou Kamara
Abdoulaye Condé
Abdoulaye Sankara
Membres du Collectif des pionniers de la Presse Indépendante Guinéenne

29/09/2025

Appel à la mobilisation pour la libération de mon père

29/09/2025

À l’attention du Peuple de Guinée
Des organisations de défense des droits humains
Des représentations diplomatiques accréditées en Guinée
Du Système des Nations unies
De l’ensemble de la communauté nationale et internationale

Je suis Mamoudou Babila KEÏTA, journaliste d’investigation contraint à l’exil depuis le 23 juillet 2024, après avoir échappé à une tentative d’enlèvement à Kankan.

C’est avec une profonde consternation que je vous informe de l’enlèvement de mon père, Elhadj Adama KEÏTA, âgé de 75 ans, survenu ce lundi 29 septembre 2025 à son domicile à N’Zérékoré, en région forestière, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la mosquée pour la prière de l’aube.

Cet enlèvement, manifestement lié à mes enquêtes, à mes dénonciations et à mes prises de position sur la gouvernance de la transition militaire en Guinée, constitue une grave atteinte aux droits fondamentaux et aux libertés individuelles. Mon père n’a aucune responsabilité dans mon travail journalistique et ne devrait en aucun cas en subir les conséquences.

Je lance un appel pressant à toutes les institutions nationales et internationales, aux organisations de défense des droits humains et aux représentations diplomatiques, afin qu’elles se mobilisent pour obtenir sa libération immédiate et sans condition.

Par ailleurs, je signale que depuis trois jours, mon oncle, frère aîné de ma mère et simple cultivateur résidant à Babila Centre, est lui aussi sous menace d’enlèvement, ce qui l’a contraint à fuir son village.

J’interpelle solennellement la conscience nationale et internationale afin que cessent ces pratiques d’intimidation et de représailles visant ma famille.

Lundi, 29 septembre 2025.

Mamoudou Babila KEÏTA

28/09/2025

🛑 CNT, DGE et ONASUR : la foire aux coquins (Édito)

En Guinée, la transition a pris des allures de mauvais spectacle. La nouvelle Constitution, rejetée dans la rue, a été imposée à coups de propagande et de répression. À peine promulguée, le CNT, ce Parlement de carton-pâte, a pondu une loi électorale sans demander l’avis de personne, sinon des parrains tapis dans l’ombre. Et pour parachever la farce, le président de la Transition fixe au 28 décembre la présidentielle, comme un cadeau de Noël piégé.

Le décor est verrouillé. Pas d’opposition, pas de débat, mais une répression sans concession. Le RPG-arc-en-ciel et l’UFDG sont suspendus, leurs leaders relégués à l’exil. Le champ politique a été ratissé, et dans ce vide, la guerre des ambitions fait rage.

Premier acteur sur scène : Dansa Kourouma. Le président du CNT s’agite pour garder son fauteuil, se recycler dans les futures institutions ou, pourquoi pas, viser la magistrature suprême. La DGE, au lieu d’être un arbitre, se comporte en agence de placement, enrôlant ses fidèles pour verrouiller les scrutins. Quant à l’ONASUR, morte dans la loi mais ressuscitée en coulisse, elle erre comme un zombie dans les couloirs du pouvoir, négociant son institutionnalisation.

Le projet de mise en place des institutions de la nouvelle Constitution n’a rien d’une refondation. C’est un partage de butin. Les conseillers du CNT seront recyclés, la DGE verrouillera les urnes, et l’ONASUR tentera de s’accrocher au système comme un chewing-gum sous la table.

La transition, promise comme une rupture, se résume en réalité à un carnaval de combines. Derrière les discours pompeux, ce n’est pas la République qui se construit, mais la foire des coquins. Et une fois de plus, le peuple, réduit au rôle de figurant, paie le prix d’un scénario déjà vu.

Mamoudou Babila KEÏTA
Journaliste d'investigation
Éditorialiste - Voix libre en exil.

27/09/2025

#𝗢𝘂𝘃𝗿𝗮𝗴𝗲 : 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲, 𝗯𝗹𝗲𝘀𝘀𝘂𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗲𝘀𝗽𝗲́𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲𝘀
𝗖𝗵𝗿𝗼𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗱'𝘂𝗻 𝗷𝗼𝘂𝗿𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗲𝗻 𝗲𝘅𝗶𝗹
#𝗔𝘂𝘁𝗲𝘂𝗿 : 𝗠𝗮𝗺𝗼𝘂𝗱𝗼𝘂 𝗕𝗮𝗯𝗶𝗹𝗮 𝗞𝗘𝗜̈𝗧𝗔

𝗖𝗵𝗮𝗽𝗶𝘁𝗿𝗲 𝟮𝟬 : 𝗟𝗲𝘀 𝗹𝗲𝗰̧𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗹'𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲

Extrait👇
..Si cette histoire a un sens, c’est qu’elle contient des leçons que nous refusons trop souvent d’apprendre. Chaque dictature est née d’un espoir trahi. Chaque régime de peur s’est installé en se présentant d’abord comme une alternative salvatrice. Chaque fois, le peuple a cru que le calvaire allait s’arrêter. Et chaque fois, il a vu renaître les mêmes travers : culte de la personnalité, confiscation des libertés, répression des voix critiques et l’instauration d’un regime de terreur comme nous le vivons actuellement avec la junte militaire du CNRD.

« Celui qui oublie hier est condamné à revivre demain. »

Les erreurs de notre passé ne doivent pas être ensevelies sous le silence. La mémoire n’est pas un poids qui empêche d’avancer, mais un guide qui éclaire le chemin. Elle nous enseigne ce qu’il ne faut pas refaire : ériger un homme au-dessus des institutions, sacrifier la justice au profit de la peur, confondre unité nationale et uniformité imposée. Elle nous montre aussi les pièges récurrents : le recours à la violence comme solution politique, l’usage de l’ethnie comme instrument de pouvoir, la tentation de l’amnésie pour « tourner la page » trop vite.

#𝗡𝗕 : 𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗶𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲 𝘂𝗻 𝗱𝗲𝘀𝗶𝗴𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗷𝗲 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗺𝗼𝗻 𝗹𝗶𝘃𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝘃𝗮 𝗽𝗮𝗿𝗮𝗶̂𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗮𝗶𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, 𝗶𝗻𝗰𝗵𝗮 𝗔𝗹𝗹𝗮𝗵.☝️

27/09/2025

🛑 Du serment à la trahison : l’histoire qui se répète !

En Guinée, la démocratie ne s’effondre pas d’un seul coup, mais sous le poids des promesses trahies et du pouvoir qui s’accroche. Ce qui hier paraissait impensable devient aujourd’hui une réalité imposée. Jusqu’où ira la résignation, et quand le peuple fera-t-il entendre la voix de sa souveraineté ?

Aussitôt confirmé, aussitôt promulgué. Preuve que tout avait été organisé et planifié d'avance dans l’unique objectif de confisquer la souveraineté du peuple.

Avant lui, d’autres ont tenté, certains ont même réussi. Mais l’histoire nous a montré que ce chemin était à éviter, car les conséquences ont toujours été désastreuses pour le pays et pour le peuple. Lui-même s’en était indigné. Il avait promis, juré même, de nous épargner ces erreurs du passé. Il disait vouloir nettoyer, refonder et redonner la souveraineté et la dignité au peuple.

Mais hélas, après avoir goûté au pouvoir, il a renié toutes ses paroles, celles-là mêmes qu’il avait utilisées pour rassurer le peuple et légitimer son putsch. À son tour, il a choisi d’emprunter ce même chemin dangereux, au risque de replonger la nation dans les tragédies du passé.

De toute évidence, les leçons de l’histoire n’ont servi à rien. Au lieu de redresser le pays vers la démocratie, telle qu’il l’avait promis et telle que le peuple l’espérait, il a trahi son engagement. Ironie du sort, à la tribune des Nations Unies, il avait déclaré que la confiscation du pouvoir, le non-respect des promesses et le mépris de la volonté populaire sont les causes premières des épidémies de coups d’État en Afrique.

Aujourd’hui, il semble avoir oublié cette vérité élémentaire : les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. On ne peut s’entêter à suivre la voie de la déviation, de la trahison et de la confiscation, et espérer un résultat différent.

Désormais, il revient à la majorité du peuple, qui a massivement boycotté le référendum, de se dresser légalement contre le non-respect de sa volonté ou de se résigner à subir la nouvelle dictature qui en train de s’enraciner.

Les lois sont claires, il appartient au peuple, et à lui seul, de décider légitimement et légalement de qui doit conduire sa destinée.

Et pour la patrie, nous devons continuer à lutter, sans violence mais avec justesse et fermeté pour notre liberté, notre dignité et notre souveraineté.

Mamoudou Babila KEÏTA
Journaliste d'investigation
Éditorialiste - Voix libre en exil.

23/09/2025

🛑 Slam : CNRD, Transition ou Usurpation ?

Guinée.
La modification constitutionnelle,
A brisé la démocratisation,
Sous prétexte de refondation,
De rectification, de correction, de transformation.

Mais la vérité ?
C’est une opération de légitimation,
Une négation, une falsification,
Un effacement de toutes réalisations,
Même celles marquées par l’amélioration
Des conditions de vie, des aspirations,
Sous Alpha Condé et son administration.

Avant cette imposture de refondation,
Notre pays avait une représentation,
Une place digne dans le concert des nations.
L’électricité n’était plus une obsession,
Mais une action, une exécution, une réalisation.

Depuis quatre ans, c’est la désillusion.
Une parodie de gestion,
Une inflation de corruption,
Une dilapidation des fonds publics,
Une instrumentalisation de la juridiction,
Pour une seule obsession :
La confiscation du pouvoir par une Constitution de confusion,
Malgré la contestation, malgré la répression,
Malgré la voix du peuple en opposition.

Ils ont promis rectification,
Ils ont offert inaction.
Ils ont promis transformation,
Ils ont livré manipulation.
La gouvernance ? Une seule définition :
Répression.
Oppression.
Provocation.
Propagande et glorification.

Chaque jour est une régression.
Arrestations,
Violations,
Exactions,
Disparitions.
Et la délation érigée en intimidation.

Ils préfèrent la séduction par la corruption,
Ils misent tout sur la communication,
Au lieu d’action,
Au lieu de solution.
Ils diabolisent les anciens,
Marginalisent les partisans de l’excellence,
Et bannissent la méritocratie comme une malédiction.

Ces seigneurs de la transition,
Par arrogance et prétention,
Sèment frustration, division, désolation.
Et face à la contestation ?
Négation.
Négation.
Négation.

Ils foulent aux pieds leur charte, bafouent les lois,
Musellent les voix,
Imposent leur Constitution sans justification.
Une domination, une confiscation,
Qui transforme la nation en champ d’oppression.

Mais le peuple n’acceptera pas cette soumission.
Il reprendra ses droits par contestation,
Dans la rue, par manifestation,
Avec courage, avec détermination.

Car nul n’est tenu d’obéir à une interdiction
Sans légitimation ni légalisation.

Leur Constitution ?
Une décomposition.
Une proclamation sans fondation.
Elle n’apporte aucune solution
À la question de la transition,
Encore moins une alternance par élection.

Le peuple, longtemps en observation,
Refuse la procrastination.
Au moment de l’action,
Il imposera des élections,
Dans l’inclusion et l'acceptation,
Pour mettre fin à l’usurpation.

Sinon, la Guinée sombrera dans l’indignation,
La désorientation, la désintégration.
Un pays sans direction,
Sans orientation,
Livré à l’incertitude, à la malédiction.
C'est tout simplement une déception.

Mamoudou Babila KEÏTA
Journaliste d'investigation
Éditorialiste - Voix libre en exil.

23/09/2025

🛑 Référendum du 21 septembre : frustration et désillusion au sommet du CNRD

Le boycott massif du référendum constitutionnel a plongé le sommet de la transition dans une atmosphère de tension et de désillusion. Entre colères, règlements de comptes et désaveu populaire, le CNRD mesure pour la première fois l’ampleur de son isolement.

Selon des indiscrétions au palais Mohamed V, le Général Mamadi Doumbouya traverse une phase de grande irritation à la suite du boycott massif du référendum. Dans la nuit du scrutin, il aurait élevé la voix contre ceux qui l’avaient encouragé à s’engager dans ce projet, lui faisant croire qu’il maîtrisait totalement la situation.

Selon nos informateurs, le lendemain matin, il a refusé de les recevoir pour un compte rendu, laissant le Premier ministre et certains membres du CNRD s’entretenir à sa place avec les membres du Conseil supérieur de la défense et la commission chargée de la sécurisation des élections.

La Directrice générale des élections, de son côté, a été la cible des foudres du clan présidentiel, suite au boycott massif des populations, comme si elle était responsable des illusions entretenues au sommet de l’État par la complicité des ministres et directeurs-businessmen de la transition.

Les tensions sont particulièrement vives entre Doumbouya, le général Balla, le général Amara et certains civils du CNRD. Après avoir été sermonnés par le chef de la transition, ils ont déversé leur colère sur la DGE. Pourtant, l’échec du référendum aurait pu servir de signal d’alerte à Mamadi Doumbouya sur la réalité du terrain, bien éloignée des parades et des cortèges propagandistes organisés de ville en ville à coups de milliards.

Selon les informations, le président de la transition et ses proches suivent d’ailleurs de près les réactions populaires à travers leurs propres comptes fictifs sur Facebook, preuve qu’ils ne peuvent ignorer la profondeur du désaveu exprimé par les populations.

Ce référendum, qui ne comportait pas d’enjeu de candidature, a mis en lumière les limites du régime du CNRD, désormais désavoué par le silence du peuple, loin des propagandes d’illusions. Que se passera-t-il s’il s’entête, le jour d’une véritable élection présidentielle, sous tension et avec de fortes pressions ? Certains craignent que le général-président, acculé par l’échec, ne cède à sa propension à avoir la gâchette facile.

Les principaux responsables de cette impasse dans le mensonge et la manipulation, selon nos sources, sont des ministres hauts perchés de la transition dont je tais les noms, qui l’ont conforté dans l’illusion d’un contrôle total et du soutien du peuple. À cela s’ajoute l’influence du général Amara et de certains contingents opportunistes du RPG, venus lui faire croire qu’ils détenaient la formule politique magique pour la victoire. Plus grave encore, ces ministres vendeurs d’illusions, dans la fourberie, ont embarqué la famille de Mamadi Doumbouya, notamment sa mère et sa sœur Aïcha, dans ce projet, devenant les marraines d’une forfaiture politique dont l’histoire retiendra la marque.

En réalité, loin des chiffres officiels et des propagandes mises en scène, le message envoyé par le peuple est clair : le CNRD ne bénéficie plus de la confiance populaire. Le référendum a été moins un plébiscite qu’un révélateur d’isolement, un avertissement dont le chef de la transition et son clan ne pourront longtemps faire semblant d’ignorer la portée.

Affaire à suivre…

Mamoudou Babila KEÏTA
Journaliste d’investigation
Éditorialiste – Voix libre en exil.

23/09/2025

🛑 Vérité d’un référendum : c’est le terrain qui commande !

Certains sont arrivés trop t**d dans un monde politique trop vieux, avec la prétention illusoire de bouleverser des règles du jeu éprouvées et un ordre solidement établi. Ces mêmes avaient rêvé de devenir khalife à la place du khalife, dont ils refusent de reconnaître la préséance chèrement acquise, ainsi que la légitimité historique qui résiste au temps et survit aux épreuves.
Pourtant, comme les doigts d’une main, les hommes ne sont ni égaux ni interchangeables. Certains seront toujours au-dessus d’autres, mèneront la course en tête et garderont, quoi qu’il arrive, leur place dans la société ainsi que l’estime de leurs concitoyens. Une évidence que l’on n’a jamais niée ni contestée naguère, comme c’est le cas maintenant.

Le temps et les événements révèlent au grand jour, pour le malheur de ceux, nombreux et naïfs, qui croyaient avoir renversé la table, réussi le tour de force d’effacer d’un trait l’histoire et les mémoires, de dompter l’avenir, de contrôler les destins, que l’on n’inverse pas les rapports de force comme par enchantement. La popularité se cultive, et n’est pas grand homme politique qui le veut. Tout dans la vie est une œuvre de longue haleine. Comme l’affirme le philosophe Alain, c’est un piège de se considérer « surhomme avant d’avoir été homme ».
Le syndrome d'hybris est un air du temps et l’un des travers des réseaux sociaux, qui grisent de nouveaux « prophètes » en leur offrant une notoriété fulgurante mais sans consistance. On finit par se croire ce que l'on n'est pas : un leader capable de mobiliser les foules, de changer le cours de l'histoire, bref, de posséder une influence réelle que l'on confond avec une simple présence médiatique.
Une influence symbolique qu’on voudrait assimiler à une toute-puissance indéniable. Un amalgame fatal et une confusion des genres toujours nuisible.

Au demeurant, communiquer n’est pas s’exhiber comme un paon ni étaler des penchants narcissiques, encore moins s’inventer une vie et une histoire, mais briller par la générosité de ses idées, l’éclat de ses résultats et se distinguer par la force de ses arguments dans le débat et auprès des populations. Ce ne sont pas les invectives publiques ni les articles dithyrambiques, destinés à tromper la vigilance populaire sur son influence ou ses performances, qui forcent l’admiration. Chacun a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et est aussi témoin de l’actualité et des chroniques politiques et électorales. On sait qui vaut quoi, qui parvient à quoi, et malheureusement aussi qui se contente de crier sa “tigritude” faute de pouvoir « bondir sur sa proie ».

LE PEUPLE, ULTIME ARBITRE

Un acteur avait été conseillé par un proche de dévoiler son identité pour obtenir une place dans un restaurant qui refusait du monde. Il a rétorqué : « Si j’ai encore besoin de me présenter, c’est que je ne suis pas encore devenu quelqu’un ». Ceux qui parlent d’eux-mêmes ou font parler d’eux à longueur de journée, avec bruit et fracas, parfois contre espèces sonnantes et trébuchantes, ne sont encore personne, sinon d’autres s’en seraient chargés à leur place. En tout cas, ils n’auraient pas eu besoin d’une grande dépense d’énergie ni d’une surexposition médiatique pour se faire remarquer et tenter d’imposer leur présence. La réalité ramène toujours toutes les fabrications médiatiques et les tonneaux vides politiques à leur véritable dimension de prestidigitateurs et de brasseurs d’air.

La propagande est un couteau à double tranchant. Elle flatte l’ego et entretient l'illusion de compter et d’exister, ne serait-ce que virtuellement. Mais elle n’a pas la force de mobiliser, de rallier ni de drainer des électeurs dans les urnes. On ne s’improvise pas leader ni ne devient acteur automatiquement après un décret de nomination ou en se précipitant à occuper le devant de la scène dans un vide volontairement créé. Le statut ne confère pas la stature, pas plus que la fonction n’impose le mérite, la notoriété ou la légitimité.
On se rappelle les propos désabusés de Louis XVI, sur son balcon, au début des émeutes populaires qui allaient scellé son sort : « Mais pourquoi se révoltent-ils alors qu’il me semblait qu’ils étaient heureux ? ».
« Pourquoi ne sont-ils pas allés en grand nombre aux urnes, alors qu’on m’a fait croire que j’étais adulé et soutenu par tous mes concitoyens ? », pourrait aussi se demander, sous les lambris de son palais, un homme fort du moment dans son pays.

On peut s’auto-satisfaire, s’enorgueillir d’exploits, continuer à faire la politique de l’autruche, mais pas à une époque où l’on ne peut plus tricher avec l’intransigeance des faits ni se dérober aux rigueurs de la réalité. Si la campagne électorale est un temps favorable à la vanité, à l’imposture, à la spéculation, aux mensonges aussi, comme l’a relevé Clemenceau, l’élection reste un moment de vérité où les masques tombent et les mythes s’effondrent : on voit que tout ce qui brille n’est pas or, combien de fois certains se sont surestimés, tandis que d’autres ne pèsent rien aux yeux des citoyens-électeurs.

Il y aura un avant et un après 21 septembre 2025, pour le bonheur de certains et le malheur d’autres. La roue de l’histoire tourne, celle de la fortune aussi.

Tibou Kamara
Ancien Ministre.

22/09/2025

🛑 Référendum du CNRD : le constat sur le déroulement du scrutin (FFSG)👇

Photos from Inquisiteur.net's post 21/09/2025

Décision de la dernière minute !

21/09/2025

🛑 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲 : 𝗖𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗦𝘁𝗮𝗻𝗱𝗮𝗿𝗱 & 𝗣𝗼𝗼𝗿’𝘀 𝘃𝗲𝘂𝘁 𝗱𝗶𝗿𝗲 𝗿𝗲́𝗲𝗹𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁

Après la publication de la note B+ attribuée à la Guinée par l’agence américaine Standard & Poor’s (S&P), les autorités de la transition multiplient les communications pour présenter ce classement comme une victoire historique, synonyme de bonne santé économique. Pour aller au-delà des discours officiels, nous avons mené des recherches et consulté des rapports d’institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI, BAD) ainsi que l’avis de spécialistes en macroéconomie et en politique monétaire. Objectif, expliquer, de façon simple, ce que signifie réellement cette notation, ses critères, ses conséquences concrètes, et ce qu’elle révèle ou cache sur la situation économique de notre pays.

𝗦&𝗣 : 𝘂𝗻𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗲 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲́𝗲, 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗮𝗱𝗲𝗮𝘂

Contrairement à ce que laissent entendre les autorités, Standard & Poor’s ne note pas automatiquement tous les pays. Dans la plupart des cas, c’est l’État lui-même qui sollicite une notation lorsqu’il veut accéder aux marchés financiers internationaux.

Le pays paie l’agence pour réaliser l’évaluation, puis lui fournit des données officielles (budget, dette, réformes, réserves de change, etc.). Cette procédure est courante pour les États africains qui cherchent à emprunter à l’étranger.

Dans le cas de la Guinée, la notation B+ en 2025 est une notation sollicitée par les autorités de la transition. C’est la première demande officielle du pays, et elle intervient à un moment où le gouvernement cherche à se positionner sur les marchés internationaux.

𝗤𝘂’𝗲𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗦𝘁𝗮𝗻𝗱𝗮𝗿𝗱 & 𝗣𝗼𝗼𝗿’𝘀 ?

S&P est une agence américaine créée en 1941. Son rôle est d’évaluer la capacité des États et des entreprises à rembourser leurs dettes. Les notes vont de AAA (très solide) à D (en faillite).

𝗤𝘂𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 ?

Selon un spécialiste que nous avons consulté, une note est « comme une appréciation de la confiance que les investisseurs peuvent avoir dans un pays ».

AAA, AA, A : pays solides, risque très faible.

BBB : encore sûr, mais fragile (c’est le seuil dit investment grade).

BB, B, CCC : zones risquées, dites spéculatives.

D : défaut, le pays n’a pas pu payer.

𝗟𝗮 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲 𝗮 𝗲𝘂 𝗕+ : 𝗾𝘂’𝗲𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗰𝗲𝗹𝗮 𝘃𝗲𝘂𝘁 𝗱𝗶𝗿𝗲 ?

D’après un économiste interrogé : « C’est une note spéculative, pas une note de confiance élevée. Positif : la Guinée est encore capable, à court terme, de payer ses dettes. Négatif : elle reste fragile, très exposée aux crises économiques, politiques ou sociales. »

Un autre expert précise : « La note B+ veut dire que la Guinée peut encore payer ses dettes, mais avec beaucoup de risques. Ce n’est pas un certificat de bonne santé économique. »

𝗤𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗲́𝗾𝘂𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗿𝗲̀𝘁𝗲𝘀 𝗱’𝘂𝗻 𝗕+ ?

Un cadre supérieur de la Banque africaine de développement (BAD) résume :

1. Un coût de financement élevé : la Guinée devra offrir des taux d’intérêt importants pour attirer les investisseurs.

2. Moins d’investisseurs : beaucoup de fonds internationaux ne prêtent pas aux pays notés en dessous de BBB.

3. Une forte vulnérabilité : un choc politique, la chute du prix de la bauxite ou une corruption massive peuvent rapidement faire baisser la note.

𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗦&𝗣 𝗮𝘁𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗲 ?

Selon une source proche du FMI, l’évaluation repose sur plusieurs critères :

1. Économie : croissance et richesse réelle de la population.

2. Budget : dette publique, déficit, gestion des finances.

3. Réserves de change : capacité à payer en devises.

4. Stabilité politique et monétaire.

5. Institutions : transparence, lutte contre la corruption, respect des lois.

Toutes ces données sont fournies par l’État lui-même, puis analysées par l’agence. Il faut donc rappeler qu’une note n’est pas une récompense politique, mais une photo des risques économiques et financiers d’un pays.

𝗘𝘁 𝗹𝗮 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗰̧𝗮 ?

Les autorités présentent le B+ comme une victoire. Mais la réalité est tout autre : La pauvreté augmente, le chômage des jeunes explose, le pays traverse une crise de liquidité (manque d’argent en circulation), la corruption et l’opacité budgétaire persistent, les réserves de devises restent faibles.

Autrement dit, le B+ montre que la Guinée n’est pas encore en faillite, mais que sa situation demeure précaire et risquée.

𝗖𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 : 𝗱𝗼𝗶𝘁-𝗼𝗻 𝘀’𝗶𝗻𝗾𝘂𝗶𝗲́𝘁𝗲𝗿 𝗼𝘂 𝗳𝗲̂𝘁𝗲𝗿 ?

Un expert financier basé aux États-Unis tranche : « La note B+ n’est pas un trophée, mais un avertissement. Oui, la Guinée peut encore payer ses dettes, mais le risque est très élevé et la population continue de souffrir. Plutôt que de fêter ce B+, il faut que les autorités travaillent sur ce qui compte vraiment : créer des emplois pour les jeunes, lutter contre la corruption, gérer les finances publiques avec transparence, diversifier l’économie au-delà de la bauxite. »

En résumé, la note B+ attribuée par S&P est en réalité un signal que la Guinée est “notable” aux yeux des marchés internationaux. Mais elle n’est pas une garantie que la pauvreté reculera ni que le chômage des jeunes diminuera sans réformes structurelles profondes.

Une note internationale n’a jamais nourri une famille. Les Guinéens aspirent au bien-être, pas à des bonnes notes internationales sans aucun effet sur leur niveau de vie.

𝗠𝗮𝗺𝗼𝘂𝗱𝗼𝘂 𝗕𝗮𝗯𝗶𝗹𝗮 𝗞𝗘𝗜̈𝗧𝗔
𝗝𝗼𝘂𝗿𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗱’𝗶𝗻𝘃𝗲𝘀𝘁𝗶𝗴𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻
𝗘́𝗱𝗶𝘁𝗼𝗿𝗶𝗮𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲 - 𝗩𝗼𝗶𝘅 𝗹𝗶𝗯𝗿𝗲 𝗲𝗻 𝗲𝘅𝗶𝗹.

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