Fosse Commune
Journaliste, spécimen et anthropologue autoproclamée de fosse.
Cryptide post-punk provincial aperçu entre deux parkings Indigo, une crash bar et un bar à huîtres avec un tutu noir et une théorie sur les merguez de festival.
03/09/2026
DESCENTE EN FOSSE / PUTAN CLUB & LIBATION : LE 12 SEPTEMBRE, LE QG OBERKAMPF VA DEVENIR UN ENDROIT ASSEZ DIFFICILE À EXPLIQUER
(ou comment réunir du punk-électro-indus-tribal féministe, du no-jazz goth franco-japonais et Vincent K au platine dans une même soirée et considérer que tout va parfaitement bien)
Bon.
Le 12 septembre, au QG Oberkampf, à Paris, il va se passer un truc.
Je ne sais pas exactement quoi.
Mais je sais que j’y vais.
Parce qu’en tête d’affiche, il y a Putan Club.
Et Putan Club, ça fait quelque temps que je vous bassine avec. Duo franco-italien composé de Gianna Greco et François R. Cambuzat, ils mettent dans leur musique de l’électronique, du punk, de l’indus, du metal, de la techno, de l’avant-rock, des trucs tribaux et probablement deux ou trois substances musicales que personne n’a encore officiellement répertoriées.
Eux se définissent moins comme un groupe que comme une cellule de résistance.
Moi, je retiens surtout une basse susceptible de décoller le papier peint et des concerts joués au milieu du public.
Nous avons chacun nos critères.
Et puis il y aura Libation.
Alors là. Quand une programmation me présente un groupe comme un « combo dadaïste Paris-Tokyo / no-jazz goth », évidemment, je vais regarder.
Libation est signé chez Disk Union au Japon et navigue dans un territoire où manifestement personne n’a jugé utile d’installer des panneaux indicateurs.
Donc ça aussi, j’ai envie de voir.
Et pour ouvrir la soirée : Vincent K. Au platine.
Vincent, je le connais depuis longtemps à travers No Tears, Babel 17, The Disease et quelques autres recoins de l’underground parisien.
C’est surtout le type qui m’a fait découvrir Putan Club.
Il y a donc une certaine logique à le retrouver là, chargé d’ouvrir la soirée avec une sélection annoncée comme glaciale et fractale.
Bref.
Sur le papier, cette soirée mélange des gens qui ont manifestement passé une bonne partie de leur vie musicale à éviter soigneusement les cases qu’on essayait de leur attribuer.
Et vous commencez à me connaître : c’est généralement à cet endroit précis que je commence à m’intéresser sérieusement au dossier.
Alors rendez-vous le 12 septembre au QG Oberkampf.
Je ne sais toujours pas exactement ce que je vais voir. Mais je remercie TSC Records, Obsküre Digital Media et Indézine/Radio Libertaire pour ça.
Mais concernant Putan Club, j’ai déjà une certitude : je vais me mettre près de la basse.
Évidemment.
02/09/2026
DESCENTE EN FOSSE : À CORE ET À CRIS LANCE SA PREMIÈRE EDITION AVEC SUN ET LOCOMUERTE EN NORMANDIE… ET ÇA MÉRITE D’ÊTRE SOULIGNÉ
(ou comment des gens trop motivés se sont dit que c’était précisément le moment idéal pour créer un festival sous le haut patronage de LocoMuerte)
Il existe des gens raisonnables.
Et puis il y a les autres.
À Bolbec, en Seine-Maritime, une bande de passionnés réunis au sein d’Enoly Productions a décidé de créer un festival.
Ça s’appelle À Core et à Cris et la toute première édition aura lieu le samedi 12 septembre 2026 au Val-aux-Grès.
Et quand je dis toute première, c’est toute première.
Il n’existe pas d’édition 2025.
Pas de « l’an dernier on avait eu un problème avec les toilettes ».
Pas de « cette fois on déplacera la scène de trois mètres parce que Gérard avait garé son camion devant ».
Pas de fréquentation N-1.
Pas de vieux festivalier capable d’expliquer sur Facebook que « franchement, c’était mieux avant ».
Il n’y a pas d’avant. Ils vont fabriquer l’avant.
Et l’affiche, qui est déjà graphiquement très belle, annonce déjà la couleur.
✅ Commençons par SUN
SUN appelle sa musique de la Brutal Pop. J’étais évidemment obligée d’aller vérifier ce que pouvait bien être ce machin. Je l’ai vue cet été. C’est vachement bien. Je vous renvoie à mon papier sur le Kave Fest. Derrière SUN, il y a Karoline Rose Sun, chanteuse et guitariste née en Allemagne, passée du growl dans un groupe de brutal death metal à The Voice en 2013, puis aux présélections allemandes de l’Eurovision, avant de créer son propre mélange de pop et de metal.
✅ Juste dessous, LocoMuerte, parrains de cette première édition
Eux appellent leur truc du thrash crossover chicano : thrash, punk, crossover, chant en espagnol et influences velues : Suicidal Tendencies, Anthrax, Agnostic Front ou Motörhead. Plus de 200 concerts au compteur et des scènes partagées avec Suicidal Tendencies, justement, mais aussi Biohazard, et l’une de mes grandes passions, Infectious Groove… Bref, quatre types qui savent à quoi ressemble une fosse quand elle commence à bouger.
✅ DoorShan, ensuite : rock, pop, hip hop, électro et un gros fond de fusion années 90. Ils ont notamment ouvert pour Shaka Ponk et arrivent avec un nouvel album.
✅ JIRO : metalcore / metal moderne, du riff, du groove, de la mélodie et un nouvel EP sorti cette année.
✅ MÜ, venu de Nantes, mélange rock français, death metal et post-progressif.
✅ Stronghold, groupe de trash/ death metal du Havre.
Dans cette affiche s’ajoute également deux groupes qui ont gagné leur place lors du tremplin organisé à Bolbec le 27 mars : Karma Until Tomorrow, choisi par le public, et Carbonic Fields, choisi par le jury.
✅Karma Until Tomorrow possède un détail qui nécessite qu’on s’arrête deux secondes : le guitariste a 13 ans. Treize. Metal Décadence l’avait déjà repéré comme l’un des éléments marquants du set. À 13 ans, personnellement, j’étais surtout capable de perdre mes affaires de sport. Lui gagne des tremplins metal. Très bien. On suivra ce dossier.
✅Carbonic Fields, du Havre, mélange thrash, death et éléments symphoniques. À la batterie : Franky Costanza, passé notamment par Dagoba.
✅ Et pendant les changements de plateau ?
Ce moment merveilleux où 800 personnes regardent quatre techniciens déplacer une batterie en se demandant s’il est raisonnable d’aller pi**er. À Core et à Cris a prévu Burnt Offerings, tribute metal 90s, sur une deuxième scène pour assurer les interludes. Donc même les techniciens auront une bande-son.
Et, enfin, je vais vous dire pourquoi je vous parle de ce festival.
Parce qu’en 2026, il faut quand même avoir du cran pour décider d’en créer un.
Les coûts explosent. Les cachets augmentent. La technique coûte un rein. Il faut trouver un lieu, des groupes, des techniciens, des bénévoles, de la sécurité, des partenaires, vendre suffisamment de billets pour ne pas finir financièrement à poil et, accessoirement, espérer qu’il ne tombe pas l’équivalent de la mousson le jour J.
Et malgré tout ça, il y a encore des gens qui regardent la situation et disent : Allez. On en monte un ! Et ça c’est fort. C’est un pari.
Un festival ne devient pas une institution à sa première édition.
Il commence avec une bande de gens suffisamment inconscients pour le créer et une autre bande suffisamment curieuse pour venir voir ce qu’ils ont foutu.
Alors si vous êtes dans le coin : bougez.
Allez voir SUN. Allez voir LocoMuerte. Allez découvrir les deux groupes qui ont gagné leur place au tremplin. Allez boire une bière. Allez acheter un truc à un artisan. Allez gueuler devant une scène. Allez soutenir les gens qui prennent encore le risque d’en construire.
Parce que sinon, à force de laisser crever les endroits où la musique se joue vraiment, on finira tous dans vingt ans à écouter dans notre salon un groupe qui n’existe pas, dans une salle virtuelle qui n’existe pas davantage.
Et on aura vraiment l’air cons.
31/08/2026
THE CURE À ROCK EN SEINE - VU PAR LES FOSSEUX, LE GRAND FINAL COLLABORATIF
Ce matin, j’ai demandé UNE photo de The Cure prise depuis la fosse pour illustrer ma chronique.
Je suis partie me faire une omelette.
Quand je suis revenue, j’en avais trente.
Depuis, ça continue.
Alors plutôt que d’en choisir une et de laisser toutes les autres dormir dans mes messages, voilà The Cure à Rock en Seine vu par les fosseux.
Du premier rang au panneau BIÈRE.
Même concert. Pas du tout la même vue. Ça témoigne de la pluralité des regards. Il y’a a même quelques photos prises directement sur la retransmission en direct sur YouTube. Parfois faut ruser pour avoir le visu. Même si c’est en léger différé.
Merci donc pour leur contribution, photos et vidéos, même si je peux pas passer les vidéos, à :
Pat Patatruc
Elisabeth Chevallier
Vincent Arquillière
Bruno Percept
Charles Ravet
Pierre Ellel
Eric Trousset
Vi’ Theo
Tape On Me
Gina Bortolazzo
Elo Raucher Kolota
Marie Dutter
Carole de LaValley
Chroniques_soniques
Veronica Tatsuko
Stéphane Houset
Laurent Uster
Olivier Potier
Chris Cham
Guillaume Dupont
Vincent Durieux
Bat Kat
Gilles Gauthier
Si j’ai oublié quelqu’un, dites le moi en mp sans râler. J’ai 3h de sommeil. Cette séquence ferme merveilleusement bien ce que j’ai voulu construire avec vous. Une fosse participative.
Je vous kiffe.
31/08/2026
RETOUR DE FOSSE - THE CURE À ROCK EN SEINE : SANS PO*******HY, MÊME AUX FRAISES, J’AI QUAND MÊME PLEURÉ DANS MA CAPUCHE
On pourra discuter longtemps de Rock en Seine. Mais il faut quand même leur reconnaître un truc : leur programmation pendant toute la durée du festival était juste incroyable… et surtout ils ont ramené The Cure à Paris.
Et moi j’ai possiblement vu Robert Smith. Rock en Seine est tellement grand, tellement plein, tellement compliqué à traverser et à habiter par moments que j’ai fini par adopter une stratégie de repli.
Un talus.
Mon sac sous la tête.
La capuche rabattue.
Et Robert Smith quelque part au loin.
Je savais qu’il était là.
Je savais même qu’il arpentait la scène avant de commencer à chanter, comme il le fait souvent, avec cet air perdu, un peu timide.
Mais concrètement, de là où j’étais, Robert Smith était surtout une information. Une vibration.
Et c’est là que le truc a dérapé.
Parce que quand vous n’avez plus grand-chose à regarder, plus besoin d’essayer d’apercevoir un musicien entre deux têtes, plus besoin de chercher un meilleur angle, plus besoin de négocier trois mètres de terrain avec 40 000 personnes… vous vous retrouvez tout seul avec la musique.
Et dans mon cas, ça revenait essentiellement à me retrouver allongée dans l’herbe avec un monsieur anglais, très talentueux, coiffé n’importe comment, qui me parlait directement dans l’oreille.
Très mauvaise idée. Les vannes ont sauté.
Pourquoi j’ai pleuré, me direz-vous ?
J’en sais rien. Enfin si. Un peu.
The Cure a cette capacité, depuis les décennies que je les écoute, à ouvrir chez moi un endroit dont je ne connais toujours pas très bien l’emplacement.
Ce n’est même pas exactement de la tristesse.
Ce n’est pas de la nostalgie non plus. Je n’étais pas en train de pleurer sur mes 16 ans, sur ma jeunesse perdue ou sur le temps qui passe. J’ai 54 ans, ça va, merci, j’ai fait la paix avec le calendrier.
C’est autre chose.
Leur musique trouve une espèce de trappe quelque part, elle l’ouvre et tout ce qui était correctement rangé jusque-là décide de sortir en même temps.
Les souvenirs, les gens, les absents, les moments heureux, les trucs douloureux, celle que j’étais, celle que je suis devenue, tout ce bo**el passe la porte sans respecter la file d’attente.
Et le pire, c’est que je connais le groupe. Je sais parfaitement ce qu’il est capable de me faire.
Ça fait des décennies que ça dure.
Mais manifestement, je continue à venir sans équipement adapté. Et seule sur ma butte j’étais particulièrement vulnérable.
Par ailleurs, The Cure a livré un set qui a réveillé pas mal de souvenir. Ils ont tous ratissé (ou presque).
Je ne vais pas vous faire le détail de la setlist.
D’abord parce que des fous furieux l’avaient déjà mise en ligne approximativement douze secondes après que Bob avait lâché le micro.
Ensuite parce qu’ils ont joué deux heures et demie et qu’on va y passer la nuit.
Je tiens néanmoins à déposer une réclamation officielle concernant l’absence totale de morceau de Po*******hy, ce qui constitue à mon sens un scandale et sera probablement porté devant les juridictions compétentes.
Pour le reste : deux heures et demie. Deux heures et demie de The Cure.
Et ce qui m’a peut-être le plus étonnée, les rares fois où j’ai sorti la tête de ma capuche et regardé autour de moi, c’est qui était là.
Tout le monde.
Des vieux post punks parfaitement réglementaires. Des gens tellement lookés qu’ils semblaient avoir attendu cette journée depuis 1987. Des gens absolument lambda qui auraient pu être venus acheter une perceuse chez Leroy Merlin. Des quinquas. Des trentenaires. Des gamins. Des ados qui n’étaient même pas à l’état de projet quand Disintegration est sorti.
Et tout ce monde était là pour The Cure.
C’est quand même assez extraordinaire quand on y pense.
Parce qu’avant d’être ce monument musical capable de remplir un immense festival avec plusieurs générations devant lui, The Cure, c’était quand même un type bizarre de Crawley, qui faisait des chansons pas franchement conçues pour égayer les mariages.
Et le type bizarre est toujours là.
Sauf qu’entre-temps, ses chansons sont entrées dans la vie de millions de gens.
C’est peut-être ça qui m’a foutu le plus grand vertige.
The Cure n’est pas devenu respectable.
Le monde a fini par admettre que The Cure était important.
Certains diront qu’ils sont devenus mainstream.
Peut-être.
Mais si le mainstream, en 2026, c’est 40 000 personnes réunies devant un type de 67 ans coiffé comme s’il venait de perdre un combat contre une prise électrique, avec du rouge à lèvres posé à la truelle, pour chanter des morceaux sur la solitude, la mort, l’amour et des forêts qui tournent mal…franchement, le mainstream a fait de sacrés progrès.
🚨 Pour illustrer ce texte, j’ai choisi une photo de Chris Cham parce qu’elle correspond assez précisément, je crois, à ce qu’une grande partie d’entre nous a réellement vu hier soir : beaucoup de monde, une scène très loin et Robert Smith essentiellement disponible sur écran.
Mais merci énormément à tous ceux qui m’ont envoyé leurs images et m’ont autorisée à les utiliser. Je poste un album juste après.
*******hyJePortePlainte
APPEL AUX FOSSEUX
Hey les gens. Pour clore la saison, j’aurais aimé vous raconter comment j’ai pleuré deux heures dans ma capuche en écoutant The Cure à Rock en Seine mais j’ai zéro image. Et sans image personne verra mon texte. Donc je demande : est ce que l’un d’entre vous a une belle photo prise de la fosse à me donner (je crédite bien sûr). Voilà. On sait jamais.
PS. J’ai pas de photographe et pas d’accès privilégié, vous l’avez noté 😂 donc je bricole
31/08/2026
BILAN DE FOSSE - ÉTÉ 2026 : MiSE AU POINT DE FIN DE SAISON
Voilà. C’est fini.
Après deux mois à traîner mes Docs, mes bouchons d’oreilles et mon organisme vieillissant sur à peu près tous les terrains disponibles, la saison des festivals d’été est terminée.
Petit bilan vite fait.
Cet été, je suis passée par 7 festivals avec mes pieds et zéro accréditations. Ceux qui m’ont vue sur le terrain peuvent témoigner.
RETRO C TROP
Festival de la Mer
Lokerse Feesten
ALCATRAZ
Cabaret Vert
Rock en Seine
Kave Fest
Je passe mon temps à dire que je suis dans la fosse.
Je précise donc que ce n’est pas une métaphore.
Je suis dans la fosse.
Parfois même assise par terre au milieu ou dans l’herbe, avec mon téléphone, mon bo**el et manifestement quelque chose d’urgent à raconter.
J’ai parcouru un nombre de kilomètres que mes orteils refusent désormais de communiquer.
J’ai parfois mangé des trucs trop chers.
J’ai respiré suffisamment de poussière pour acquérir une petite parcelle de la Belgique.
J’ai fini en chaussettes ou en poncho.
J’ai pris quelques énormes claques musicales.
J’ai fait de très belles découvertes.
J’ai ri comme une débile.
Et là, très franchement, j’ai mal partout.
Je passe beaucoup de temps ici à ronchonner sur les festivalsm et toutes les petites conneries qui peuvent transformer une journée en parcours du combattant.
Ça pourrait laisser croire que j’aime pas ça.
Évidemment que c’est pas vrai.
Alors avant de partir me mettre quelques jours au repos, je voudrais quand même rappeler un truc :
J’aime les festivals.
J’aime la musique live.
J’aime ces endroits complètement absurdes où pendant quelques jours des milliers de gens se retrouvent juste parce qu’ils ont envie d’entendre des groupes jouer très fort.
Et surtout, j’ai énormément de respect pour tous ceux qui se bougent le cul pour que ça existe :
✅orgas,
✅bénévoles,
✅techniciens,
✅équipes de sécurité,
✅secouristes et tous les autres qu’on ne voit pas forcément.
Je vous kiffe en vrai.
Et je reviendrai.
Là, par contre, je vais me reposer quelques jours.
Merci de m’avoir suivie dans tout ce bo**el.
À très vite.
Enfin pas trop vite.
J’ai des courbatures.
30/08/2026
REAKING FOSSE #6 - ROCK EN SEINE - PLACEMENT ET RÈGLEMENT INTÉRIEUR
À Rock en Seine, il est interdit de fumer, ok je comprends, mais aussi de vapoter.
En revanche, je viens de croiser plusieurs mecs qui p*ssent tranquillement en plein air le long du Domaine national de Saint-Cloud.
Ça n’a l’air de déranger absolument personne.
Donc si j’ai bien compris :
✅un nuage de vapeur : NON. 135 euros d’amende.
✅pi**er contre le patrimoine national : BON FESTIVAL MONSIEUR.
En réfléchissant à cette histoire, je viens de trouver une place sur un talus plus ou moins en face de la scène.
Je vais entendre. Mais je vais voir rien du tout. Mes copines devant me feront des photos. Tant p*s.
Moi je resterai là. Assise sur mon talus, je fixerai les étoiles en entendant Plainsong et je verrai le replay sur YouTube à la maison.
Sinon, rapport aux mecs qui p*ssent en plein air je préfère pas réfléchir dans quoi je suis assise. En tout cas y’a pas de mégot.
30/08/2026
BREAKING FOSSE #5 - ROCK EN SEINE - LA MINUTE KAMOULOX
✅Je vois un mec en peignoir vache et en tongs.
✅Paul Banks chante Rest My Chemistry.
KAMOULOX !
Voilà. Je n’ai rien d’autre à signaler pour le moment.
30/08/2026
BREAKING FOSSE #4 - ROCK EN SEINE - ANNA VON HAUSSWOLFF … TOUJOURS ALLER VOIR AU FOND
Règle de festival : allez voir ce qui se passe au fond des scènes secondaires.
Parfois, y a des trucs.
Anna von Hausswolff, Suédoise, compositrice, chanteuse et organiste : drone, expérimental, gothique, orgue, sax sous effets, basse jouée à l’archet et une voix absolument démente.
C’est le genre de groupe où tu ne sais pas exactement ce que tu regardes pendant les cinq premières minutes.
Puis tu te retrouves à fixer le plafond avec un filet de bave.
Voilà. Belle découverte.
30/08/2026
BREAKING FOSSE #3 - ROCK EN SEINE - SLOWDIVE : C’EST INDÉNIABLEMENT MAGNIFIQUE. MAIS QU’EST-CE QUE C’EST LOIN… JE CHANGE DE STRATÉGIE
Bon.
J’ai trouvé Slowdive.
Pour arriver à la Grande Scène, j’ai demandé mon chemin pour tenter de m’approcher. On m’a dit : Tu vas à droite. Tu longes les talus. J’ai vu les talus. À Rock en Seine, BoursoBank est visible à 800 mètres mais pour trouver Slowdive, on te donne des indications comme pour rejoindre une ferme dans le Larzac.
Très bien. J’ai grimpé.
Et je me suis installée tout en haut.
Cul par terre. Vue parcellaire. Mais son nickel.
Et Slowdive. Alors.
Le son est magnifique.
Les nappes sont magnifiques.
Les guitares sont magnifiques.
Les voix sont magnifiques.
L’ensemble t’enveloppe dans un immense truc cotonneux, délicat, parfaitement maîtrisé.
C’est beau.
Mais alors… j’ai trouvé ça long.
Il faut dire que j’ai vu de loin. Et pour moi ça aide pas.
J’ai donc pris une décision.
Je sais désormais que je vais possiblement entendre Robert Smith du fond du festival. Si j’ai de la chance. Le flux de Curistes ne cesse de remonter le festival comme des saumons. M’éloignant chacun un peu plus de ce pour quoi je suis la. C’est moche hein ?
Soit tu restes. Et tu vois un groupe au prix d’atroces souffrances. Soit tu choisis la mobilité. J’ai choisi la mobilité.
Je repars dans le fond du festival voir un peu ce qui se passe sur les deux autres scènes. Je ne sais plus comment elles s’appellent officiellement.
On va dire « cochonou » et « arpic ». À ce stade, ça pourrait être vrai.
Je vais arbitrer le duel Wolf Alice contre Anna von Hausswolff. Et je reviens.
FIN DE TRANSMISSION DU TALUS.
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