Institut Georges Pompidou
Fondé en 1989 par Édouard Balladur et Pierre Messmer, reconnu d'utilité publique en 1993. Mémoire et histoire de l'action de Georges Pompidou
L'Institut Georges Pompidou, association reconnue d'utilité publique, consacre ses efforts à la recherche sur l'activité de Georges Pompidou comme Premier ministre et comme Président de la République, par le biais de colloques, publications et de documentation en ligne, dans le cadre d'un partenariat étroit avec les Archives nationales.
04/03/2026
☢️ La dissuasion nucléaire, une vision européenne dès 1964
Alors que le débat sur l’extension de la « garantie nucléaire » française à nos partenaires de l’Union européenne revient au cœur de l’agenda stratégique, il convient de revenir aux sources de la doctrine gaullo-pompidolienne.
Une solidarité de fait, théorisée dès l'origine
Lors de son discours à l’Assemblée Nationale le 2 décembre 1964, Pompidou, en sa qualité de premier ministre, soulignait une réalité géographique et stratégique immuable : la protection du sanctuaire national demeure indissociable de la sécurité de son voisinage immédiat. Loin d'être un repli isolationniste, la force de frappe française a été pensée dès ses prémices comme une contribution à la stabilité du continent.
La divergence stratégique du Traité de l'Élysée
L'histoire de la défense européenne est marquée par des tentatives de coopération profonde, souvent entravées par les alignements extérieurs. Dès janvier 1963, le Traité de l'Élysée visait à ancrer la coopération stratégique franco-allemande. Pourtant, l'influence des « gaullistes allemands », partisans d'une Europe de la défense souveraine analysée par Raymond Aron, s'est heurtée au choix de W***y Brandt de privilégier le bouclier américain.
Il semble que ce refus historique de se passer du parapluie américain explique en grande partie l'apparente stagnation des concepts de défense commune depuis le milieu des années 1960.
L'axe franco-britannique : l'héritage d'une alliance séculaire
L'actualité nous rappelle que la souveraineté européenne repose sur des fondations solides, au premier rang desquelles la coopération stratégique avec le Royaume-Uni. Si cette alliance s'enracine dans l'entente cordiale et le compagnonnage historique entre Churchill et de Gaulle, Georges Pompidou et Edward Heath en furent les continuateurs décisifs. En ouvrant la porte de la CEE au Royaume-Uni, ils transposèrent cette alliance historique dans le cadre de la construction européenne, posant les jalons d'un pilier de défense aujourd'hui indispensable.
02/03/2026
Georges Pompidou en Iran, 1973 🇮🇷🇫🇷
Le 17 septembre 1973, le président Georges Pompidou effectuait une visite d’État en Iran à l’invitation du Shah Mohammad Reza Pahlavi.
Ce déplacement, organisé au retour d’un voyage officiel en Chine, intervenait dans un moment charnière des équilibres internationaux. En pleine Guerre froide, l’Iran occupait une position stratégique de premier plan : puissance régionale, allié majeur du bloc occidental, acteur énergétique central à la veille du premier choc pétrolier.
Pour la France, qui affirmait alors une diplomatie d’indépendance et de diversification de ses partenariats, il s’agissait de consolider une relation structurante au Moyen-Orient, fondée sur des intérêts convergents et une vision de long terme.
1) Coopération économique et énergétique
La modernisation accélérée de l’Iran ouvrait des perspectives importantes aux entreprises françaises dans les domaines industriels, technologiques et infrastructurels.
Si les accords nucléaires civils franco-iraniens seront formalisés après 1974 (notamment avec la participation iranienne au consortium Eurodif sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing), la visite de 1973 s’inscrivait déjà dans une dynamique de coopération énergétique, à un moment où la question de la sécurité d’approvisionnement devenait centrale.
2) Dialogue stratégique
Les entretiens portèrent sur la stabilité régionale et l’équilibre des puissances au Moyen-Orient : la France reconnaissait à Téhéran un rôle déterminant dans l’architecture stratégique régionale, dans un contexte marqué par les rivalités Est-Ouest.
3) Coopération culturelle et scientifique
Pompidou accordait une importance particulière aux échanges intellectuels et universitaires. Il évoqua notamment le développement des relations éducatives et la création d’une université scientifique et technique francophone à Hamadan, placée sous le patronage d’Avicenne :
« Je n’aurais garde, Sire, de passer sous silence un domaine qui m’est cher et dans lequel notre coopération connaît un développement très important : les affaires culturelles. »
28/02/2026
📚 Paru cette semaine chez Peter Lang :
"Franco-British relations and Europe, from EEC membership to Brexit. Georges Pompidou and Edward Heath" (Olivier Sibre ed.).
Un très grand merci aux collègues et auteurs :
Prof. Anne Deighton (Oxford University), Marie-Claude Esposito (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle), Beatrice Heuser (ULB/Führungsakademie der Bundeswehr), N. Piers Ludlow (LSE),
MCF/Lecturer Daniel Furby (ELGS, Athènes), Stéphane Porion (Université de Tours), Agnès Tachin (CY Cergy Paris Université).
Postdoc. Boris Hamzeian (Centre Pompidou), Cesare Vagge (Oxford University),
Et Bénédicte Fichet (conservatrice du patrimoine, Archives nationales).
Un remerciement particulier à Dominic Grieve, Guillaume Lacroix (Directeur adjoint au cabinet de Mme Éléonore Caroit, ministre déléguée MEAE), à Madame Minh-Hà Pham (CNRS), et à Juliet Jeanne d'Auvergne Campbell CMG pour son précieux témoignage.
Un très bon souvenir et un excellent accueil des Bodleian Libraries, et de la Maison Française d'Oxford, le 17 mai 2024, qui célébrait également les 120 ans de l'Entente cordiale.
➡️ https://www.peterlang.com/document/1608450
➡️ https://www.georges-pompidou.org/franco-british-relations-and-europe-eec-membership-brexit-georges-pompidou-and-edward-heath
27/02/2026
🚜 Agriculture française : de l'héritage pompidolien aux défis contemporains du Mercosur
Le 14 octobre 1967, Georges Pompidou prononçait un discours à Aurillac dans lequel il affirmait le rôle central de l'agriculture dans la transformation économique de la France :
« Nous nous trouvons donc devant deux données de base : une agriculture essentielle à la prospérité nationale et une agriculture dont l'orientation est dictée dans bien des régions par la nature, par le sol et par le climat. Mais à côté de ces données, il y a les nécessités de l'économie moderne qui doivent nous inciter à tirer de ces productions le meilleur rendement possible. Or, sur ce point, nous avions énormément de progrès à faire et il nous en reste encore, ne nous le dissimulons pas »
Pompidou soulignait l'impératif d'adapter le secteur agricole à un environnement économique en profonde évolution, dans lequel la production devait se structurer et gagner en efficacité à l'heure où le pays s'inscrivait pleinement dans le cadre de la Communauté économique européenne, et était le premier bénéficiaire de la PAC.
🌾 Un héritage de transformation
Dans les années 1960, l'agriculture française a connu une mutation structurelle majeure : mécanisation des exploitations, spécialisation des productions et amélioration significative des rendements. Cette transformation, accompagnée par les politiques publiques et l'intégration européenne, a permis à la France de s'imposer comme l'une des principales puissances agricoles du XXᵉ siècle.
🌾 Des fragilités nouvelles dans un contexte concurrentiel exacerbé
Après plusieurs décennies d'excédents, la balance commerciale agricole française a enregistré en 2025 un déficit inédit, sous l'effet d'importations dynamiques et d'exportations en retrait. Cette évolution souligne les tensions qui pèsent sur la position des filières nationales dans un cadre international plus exigeant.
L'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur (regroupant notamment l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay) cristallise ces préoccupations. L'ouverture de contingents tarifaires sur certains produits sensibles, alimente les craintes d'une pression accrue, dans un contexte de divergences normatives perçues comme sources de distorsion.
🌾 Entre continuité et adaptation
L'héritage pompidolien rappelle que l'évolution structurelle constitue une condition de la prospérité agricole. Toutefois, la mondialisation des échanges, l'urgence climatique et les attentes sociales redéfinissent aujourd'hui les équilibres. L'enjeu pour l'agriculture française est désormais de préserver ses standards économiques et environnementaux tout en demeurant performante au sein d'un marché mondial en recomposition.
Pour approfondir :
Notice « Agriculture » par Fabien Conord (p. 31) dans le "Dictionnaire Pompidou".
Discours d'Aurillac sur l'agriculture – Institut Georges Pompidou (14 octobre 1967) : https://www.georges-pompidou.org/portail-archives/discours-daurillac-lagriculture-14-octobre-1967
18/02/2026
🗓Il y a 55 ans, les 5 et 6 Février 1971, Dakar accueillait le président Georges Pompidou
En février 1971, le président de la République française Georges Pompidou entreprend un voyage d’État majeur en Afrique subsaharienne, dans un contexte international marqué par les questions de développement post-colonial et de coopération entre l’Europe et les nouveaux États indépendants d’Afrique : après la Mauritanie, il arrive à Dakar, deuxième étape officielle de sa tournée africaine.
📍 Contexte historique
À cette époque, les relations entre la France et l’Afrique francophone sont encore fortement imprégnées de l’histoire coloniale, mais cherchent à se renouveler dans un cadre de partenariat. Le Sénégal, indépendant depuis 1960, incarne une réelle stabilité politique sur le continent. Son président, Léopold Sédar Senghor, intellectuel, poète et fondateur de la francophonie, entretient avec Pompidou une amitié personnelle profonde, née durant leurs années d'études à Paris.
🤝 Rencontre entre deux chefs d’État
À Dakar, l’accueil réservé à Pompidou est particulièrement chaleureux et symbolique : foule enthousiaste, drapeaux et cérémonies protocolaires rappellent l’attachement de nombreux Sénégalais à leurs liens historiques avec la France. Pompidou salue alors dans ses discours « près de trois siècles d’amitié franco-sénégalaise » et souligne le caractère personnel de cette visite, rendant hommage à l’amitié qui le lie à Senghor.
📢 Les enjeux diplomatiques de cette visite
🎙 Aide et développement
Dans son allocution à l’Assemblée nationale sénégalaise, Pompidou met l’accent sur l’importance de l’aide française aux États africains en développement : il réaffirme la volonté de la France d’accroître son soutien, tout en soulignant que ces nations doivent aussi assurer leur propre progrès économique. Il aborde également des thèmes structurels, comme la nécessité de réduire l’écart entre pays riches et pays pauvres.
"Il serait vain, de plus, de croire que la paix mondiale peut s'accommoder de l'injustice du sous-développement ; c'est pourquoi l'intérêt strict des États les plus favorisés est d'éviter cet affrontement dramatique entre la richesse et la pauvreté. Aussi ai-je décidé d'accentuer l'effort important que nous faisons déjà pour lutter contre le sous-développement..."
Allocution du président Pompidou prononcée à l'Assemblée nationale du Sénégal (5 février 1971)
🌍 Coopération bilatérale
La visite s’inscrit pleinement dans la stratégie de coopération de Paris avec l’Afrique francophone, qui cherche à conjuguer relations d’amitié, d’intérêts économiques et de soutien politique. Cette démarche reflète à la fois l’attachement à la francophonie et la compréhension croissante des défis spécifiques rencontrés par les États africains après les indépendances.
🔗 Sources et références
• Archives Georges Pompidou – Voyage en Afrique, Sénégal (5-6 février 1971)
https://www.georges-pompidou.org/portail-archives/voyage-en-afriquesenegal-5-6-fevrier-1971
• Le Monde, 8 février 1971 – « M. Pompidou évoque à Dakar l’importance de l’aide française aux États africains »
https://www.lemonde.fr/archives/article/1971/02/08/m-pompidou-evoque-a-dakar-l-importance-de-l-aide-francaise-aux-etats-africains-un-accueil-particulierement-chaleureux_3061460_1819218.html
• INA – Pompidou au Sénégal (archives vidéo)
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf97047054/pompidou-au-senegal
Pour approfondir : lire les notices "Afrique" par Frédéric Turpin (p. 25), "Francophonie" par François David (p. 314), "Léopold Sédar Senghor" par Hamidou Sall (p. 635) et "Voyages présidentiels" par Agnès Tachin (p. 674) dans le "Dictionnaire Pompidou".
16/02/2026
🎨 Exposition "La Bataille des couleurs" à la Maison Pompidou (ancien atelier Brâncuși)
📍50 rue Rambuteau, 75003, Paris
📅 13 février – 17 août 2026
🎟️ Entrée libre
Avant de devenir l’icône multicolore que l’on connaît, le Centre Georges Pompidou a fait l’objet d’intenses débats. Dans les années 1970, le choix des couleurs ne relève pas seulement de l’esthétique : il incarne une vision du projet architectural.
L’exposition raconte cette “bataille” chromatique à travers témoignages, dessins, photographies, documents inédits et une matériauthèque :
🟡 Comment chaque réseau de flux — circulation, air, eau, électricité — s’est vu attribuer une couleur explicite ;
🟡 Comment cette palette a été déclinée jusque dans les objets du quotidien et le design intérieur du bâtiment.
Elle nous montre comment la couleur est devenue un véritable langage architectural, façonnant durablement l’identité du Centre.
🔗 Retrouvez le communiqué de l'exposition sur le site internet du Centre Georges Pompidou :
https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/evqZFlN
12/02/2026
EXPOSITION À L’ACADÉMIE D’ARCHITECTURE • PARIS
Concours Beaubourg 1971 — Une mutation de l’architecture
📍 Hôtel de Chaulnes, 9 place des Vosges, 75004 Paris
📅 Du 30 janvier au 22 février 2026
En 1971, le concours international pour imaginer le futur Centre Beaubourg (aujourd’hui le Centre Pompidou) a marqué l’histoire de l’architecture : il a rassemblé plus de 680 projets venus de 46 pays et cristallisé les principaux courants architecturaux de l’époque — des Beaux-Arts à l’avant-garde moderniste.
🎨 Cette exposition revient sur cet épisode fondateur en présentant :
✔︎ une centaine de documents d’archives inédits – dessins, photographies, maquettes, plans restaurés…
✔︎ une quarantaine de projets sélectionnés parmi les propositions originales du concours
✔︎ le projet lauréat signé Renzo Piano, Richard Rogers, Gianfranco Franchini et l’équipe d’Ove Arup & Partners — dont l’audace a bouleversé les codes traditionnels de l’architecture.
🏛️ L’exposition explore non seulement la naissance d’un monument emblématique de Paris, mais aussi l’impact durable de ce concours sur la discipline architecturale et le métier d’architecte à l’heure de l’innovation.
Retrouvez le communiqué de presse de l'exposition : https://www.academie-architecture.fr/sites/default/files/2026-01/cp-concours-beaubourg-1971-09.01.pdf
06/02/2026
La conférence « Georges Pompidou, de professeur à Président. Éducation et modernité », organisée par l'IGP ce mardi 5 février 2026 au lycée Henri IV, faisait suite à la publication de l’ouvrage "Georges Pompidou et l’éducation" (Philippe Nivet, Bruno Poucet [dir.], Peter Lang, 2025), présenté dans l'établissement où il fut plusieurs années professeur de lettres.
Après une introduction de Christine Manigand, présidente du conseil scientifique de l’Institut Georges Pompidou, rappelant les missions et les activités de l'IGP, Philippe Nivet, professeur à l’université de Picardie Jules Verne, a évoqué la formation et la carrière d'enseignant de Georges Pompidou, puis Bruno Poucet, professeur émérite à la même université, est revenu sur les politiques éducatives de l'ancien Président. Enfin Mathieu Flonneau, maître de conférences à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, a traité des "modernités" pompidoliennes qui sont encore d'actualité à travers un héritage diversifié, et qui constituent toujours les fondements du rayonnement de la France en Europe et dans le monde : technologie, industrie, création contemporaine, urbanisme, institutions, ou encore environnement.
03/02/2026
🎓 Remise du prix de thèse 2025 de l’Institut Georges Pompidou
🗓 Lundi 9 mars
🕔 17h00 – 18h30
📍 Sorbonne – Salle des Actes
54 rue Saint-Jacques, 75005 Paris
Retrouvez le communiqué sur notre site internet : https://www.georges-pompidou.org/prix-these-linstitut-georges-pompidou
Inscription obligatoire : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfhhiD7e0R-b1ne-sFLlglz6u4i8btstA-xmmtPXg7Ojm8V8w/viewform
02/02/2026
L'Institut Georges Pompidou a appris avec tristesse le décès de René Galy-Dejean, ancien chef de cabinet de Georges Pompidou, demeuré fidèle à la mémoire de l’ancien Président.
René Galy-Dejean est issu d’une famille d’agriculteurs ariégeois, ayant suivi des études de droit à Toulouse, puis à Paris, alors qu’il se destinait à une carrière d’ingénieur. Il est reçu au concours d’inspecteur des Postes et Télécommunications, puis entre au ministère des PTT en 1953, et continue ses études à l’IEP de Paris, avant d’être incorporé d’office en mars 1958 et affecté 23 mois en Algérie.
À son retour à Paris, chargé des relations avec la presse au service des relations extérieures du ministère des PTT (1960-1962), il entre dans l’entourage de Jacques Marette, ministre des PTT et député du XVe arrondissement, à l’occasion du référendum et des élections législatives de novembre 1962. Il devient son chef de cabinet, chef adjoint puis chef de cabinet, de 1962 à 1967. Il s’occupe de la circonscription du ministre et de ses relations avec les parlementaires, ce qui le fait entrer d’emblée dans les grands enjeux de la transformation de Paris, urbanisme et gouvernance, devenant successivement conseiller municipal de Paris (1965-1971), conseiller général de la Seine (1965-1971), conseiller de Paris (1971-1977). Battu aux élections de 1977, il retrouve son siège de conseiller municipal aux élections de 1983 (RPR), devient maire du 15e arrondissement de 1983 à 2008, puis député de Paris de 1991 à 2007.
Il fait la connaissance de Georges Pompidou au cours de la préparation des élections législatives de 1967, lorsqu’il est investi candidat de la majorité dans la deuxième circonscription de l’Ariège. C’est après ces élections qu’il entre au cabinet de Georges Pompidou, chargé des relations avec les parlementaires. René Galy-Dejean assure le suivi des affaires du Cantal et du Lot après le départ du préfet Jacques Corbon du cabinet. Il suit également les voyages et déplacements de Georges Pompidou en province. Il fait partie des quelques collaborateurs qui accompagnent Georges Pompidou boulevard Latour-Maubourg après son départ de Matignon. Au lendemain de l’élection présidentielle de Georges Pompidou, il est nommé chargé de mission (20 juin 1969-9 mai 1973) puis conseiller technique (10 mai 1973-9 janvier 1974) au Secrétariat général de la présidence de la République. Responsable de l’organisation des voyages et des déplacements du Président en province, il s’occupe également des dossiers parisiens, de l’aménagement de Paris et de la région parisienne, ainsi que des relations avec les élus parisiens. Après le départ d’Anne-Marie Dupuy de l’Élysée, début 1974, René Galy-Dejean devient chef de cabinet du chef de l’État, jusqu’en avril 1974. De 1965 à 1995, il préside la Société d’économie mixte d’équipement et d’aménagement du 15e arrondissement de Paris (SEMEA XV).
René Galy-Dejean est demeuré fidèle à la mémoire de Georges Pompidou. Il suivait régulièrement l’activité de l’Institut Georges Pompidou depuis sa création en 1989, contribuant comme témoin au colloque Georges Pompidou, vingt ans après (1994), participant à la conférence de presse du centenaire de la naissance de Georges Pompidou le 8 février 2011, ou encore réalisant deux entretiens d’une part dans le cadre du programme d’Archives orales de l’IGP au printemps 1999, d’autre part en 2023, dans le cadre des émissions de l’IGP. Il assistait chaque année à la messe à la mémoire de Georges Pompidou et livra encore un dernier témoignage lors du colloque consacré à Michel Jobert au Sénat, le 18 septembre dernier.
Le président, le conseil d’administration et tous les membres de l’IGP, présentent à sa famille et à ses proches leurs plus sincères condoléances.
29/01/2026
[Rappel]
Conférence : "Georges Pompidou, de professeur à Président. Éducation et modernité"
Mardi 3 février 2026 à 18H,
Lycée Henri IV.
Lien d'inscription obligatoire : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfU1mJSIPUb3hTG9QNMM0n-iPLb-797U9BQwVf64fUANnwpsQ/viewform
Téléchargez le livret du programme :https://www.georges-pompidou.org/sites/default/files/2026-01/Livret%20programme%20Henri%20IV%20%28IGP%29.pdf
27/01/2026
📌 De Georges Pompidou à aujourd’hui : les voies sur berges, un exemple des transformations politiques de l’espace urbain parisien
L’inauguration de ce qui allait devenir la voie "Georges-Pompidou" le 22 décembre 1967 par le Premier ministre Georges Pompidou demeure un moment structurant de l’histoire urbaine parisienne. Conçue dans le cadre du plan autoroutier pour Paris, cette voie rapide avait pour objectif explicite d’adapter la capitale à la circulation automobile, un marqueur clair de la politique modernisatrice portée par le général de Gaulle, Georges Pompidou et les élites de l’après-guerre.
Cette infrastructure – pensée comme une traversée automobile continue de l’ouest à l’est de Paris – s’inscrivait dans une vision politique où mobilité et modernité urbaine se confondaient. Elle représentait également une conception dominante de l’aménagement selon laquelle la ville devait se plier à l’essor du trafic motorisé, au risque de marginaliser d’autres usages du tissu urbain.
A quelques semaines des élections municipales parisiennes, les projets proposés par les candidats autour des voies sur berges renvoient à l’héritage même de Pompidou : faut-il poursuivre la logique d’adaptation de la ville à la voiture, ou repenser ces espaces en fonction des enjeux de qualité de vie, de transition écologique et de réappropriation des berges par les piétons, cyclistes et riverains ? Ces visions ne se contentent pas de remodeler le tracé des quais ; elles réinterrogent la philosophie politique sous-jacente à l’aménagement urbain hérité du XXᵉ siècle.
La figure de Georges Pompidou, loin d’être un simple jalon historique, agit ainsi comme un référent conceptuel dans le débat contemporain : de la doctrine modernisatrice des Trente Glorieuses à une ville post-carbone en débat, les voies sur berges incarnent une continuité du débat politique sur la forme même de Paris.
👉 Voir l’article historique : Le Figaro — “Voies sur berges: le 22 décembre 1967, Pompidou traverse Paris en 13 minutes”
🔗 https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2016/09/23/26010-20160923ARTFIG00337-voies-sur-berges-le-22-decembre-1967-pompidou-traverse-paris-en-13-minutes.php
👉 Voir l’archive visuelle de l’inauguration : Le Parisien — “Georges Pompidou inaugurait la voie express rive droite”
🔗 https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-il-y-a-50-ans-georges-pompidou-inaugurait-la-voie-express-rive-droite-21-12-2017-7466304.php
Pour approfondir : lire les notices "Automobile" par Eric Kocher-Marboeuf (p.92) et "Paris" par Philippe Nivet (p. 511) dans le "Dictionnaire Pompidou".
Lire également : "Le grand dessein parisien de Georges Pompidou", Mathieu Flonneau, Pascal Geneste (dir.), Paris, Somogy éditions d'art, 2010 -, "Au bonheur d'un Paris en grand et en mouvement", Mathieu Flonneau, France Mémoire : https://www.france-memoire.fr/au-bonheur-dun-paris-en-grand-et-en-mouvement/
Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.
Téléphone
Site Web
Adresse
6 Rue Beaubourg
Paris
75004