Xella Writer

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Bientôt un livre…

07/10/2024

Vous là y’a promo chez Les récits de Nella oh ❤️❤️❤️❤️❤️❤️

Hello !!! INFO IMPORTANTE

Vous allez bien ? Moi ça va super bien.

J'ai le plaisir de vous annoncer une agréable surprise. Après de nombreuses sollicitations de la part de mes abonnés pour une réduction des prix, mon cœur s'est finalement laissé attendrir. Étant de très bonne humeur aujourd'hui, j'ai décidé de lancer une belle promotion sur le livre "À nous deux ! ". C'est un roman de 72 chapitres (en comptant le prologue et l'épilogue) initialement vendu au prix de 5000 FCFA mais cette semaine je le vends à 3500 FCFA. Prix CADEAU !

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29/08/2024

PAPA L’AMOUR EST DE SORTIE 🥹❤️❤️❤️

Mdr moi j’ai lu ça depuis et je peux vous dire que c’est un BANGER !

Ah ne ratez pas oh ! Ça se passe chez la mère Les adaptations de cricri 😏😏😏😏

Prologue

Thyam Olawale

— Thyam, je n’ai pas envie que tu partes.
Niah enroule ses bras autour de mon cou et s'agrippe à moi un peu plus. Sa voix est tremblante, ce qui me brise le cœur. Je n'aime pas la savoir dans cet état. À chaque fois qu'il est l'heure de la quitter, elle me supplie de rester encore un peu. Et, je dois avouer que j'aimerais prolonger nos moments à deux, mais je n'en ai pas le pouvoir.

Je referme mes bras autour d’elle afin de la maintenir un peu plus contre moi. Puis, en me redressant, je décolle ses pieds du sol et la porte sur moi. Instinctivement, elle croise ses jambes autour de ma taille et enfoui sa tête dans le creux de mon cou. J’inhale l’odeur de sa chair imprégnée de son eau de Cologne au parfum doux et sucré. Ma main passe délicatement sur son dos, la caressant avec tendresse.

— Je pars seulement pour trois jours. À mon retour, je viendrai directement te voir. Ce ne sera pas long, je te promets.

— Trois jours c’est la fin du monde Thyam, murmure-t-elle au creux de mon oreille.

J’adore sa petite voix restée fluette bien qu’elle soit désormais âgée de 14 bonnes années. Elle est restée toujours aussi câline avec moi. Je ne pense pas que cela changera au fil des années. Pour être honnête, je n’ai pas envie que cela change. Ce que je voudrai... Je n’en ai pas le droit... Et je me déteste d’avoir des pensées aussi impures lorsque je la tiens comme ça, collée à moi. J’aimerais que le temps s’arrête, pour que ce moment se prolonge.

Niah s’accroche un peu plus à mon cou lorsqu’elle se sent glisser un tout petit peu. Je descends alors mes bras en dessous de son postérieur afin de la réajuster sur moi et la soutenir. Seulement, ce mouvement me vrille les neurones lorsque le bas de mon corps se retrouve dans l’axe de l’intérieur de ses cuisses, où loge son intimité. La partie de mon anatomie indocile qui ne résiste plus à la chaleur de Niah, tente de se manifester sous elle. Je la serre encore plus fort contre moi, les yeux fermés, luttant pour refouler ce désir incontrôlé qui monte et s’apprête à me consumer. Mon cœur bat à mille à l’heure. Ce dernier refoule mon sang dans mes veines à une vitesse vertigineuse. Cette étreinte est en train de réveiller des choses que je ne cesse d’expérimenter dernièrement lorsque Niah se perd dans mes bras.

Je ne peux pas. Je n’en ai pas le droit. Il faut que je me contrôle, me répété-je en boucle dans ma tête tentant en vain de contraindre mon corps et mon cœur de rester dignes.

— Donc vous avez décidé de mourir dans les bras de l’un et l’autre aujourd’hui ? tonne la voix de la mère de Niah, brisant ainsi la petite bulle dans laquelle sa fille et moi, nous sommes emprisonnés.

Nous nous détachons aussitôt. Je dépose Niah au sol, alors que j’éloigne mon corps rapidement d’elle. Pu**in, je suis en train de ba**er en ce moment même.

— Olori Ife (reine Ife), j’étais sur le point de partir. Niah et moi nous disions tout simplement aurevoir, me justifié-je miné par la culpabilité d’un voleur que l’on vient de prendre la main dans un sac.

— Maman, je profitais juste un peu de Thyam, il s’en va pour trois jours tu te rends compte, dit Niah la mine triste.

— C’est à cause de trois jours seulement que vous avez décidé de vous faire un câlin qui dure aussi longtemps que l’éternité ? Dans la vie là vous êtes les seuls à ne pas vous voir pendant quelques jours, Niah ? La longue bouche comme je profitais juste un peu de Thyam. Quitte vite devant moi avant que ma spatule ne tombe sur ton corps. Tchip, les conneries comme ça.

Niah me couvre d’un regard triste avant de déguerpir. Mon tendre regard ne se détache pas d’elle une seule seconde jusqu’à ce qu’elle quitte la pièce, oubliant que sa mère m’observe depuis tout ce temps. Lorsque je le réalise, je tente de me dérober assez vite à sa présence.

— Je vais y aller, Olori Ife, dis-je en allant en direction de la porte de sortie.

— Pas si vite, m’interpelle-t-elle lorsque je passe à quelques mètres d’elle.

Je m’arrête et me mets face à elle, le cœur animé par un soupçon d’inquiétude. Sans que je ne m’y attende, la reine Ife attrape le col de ma chemise entre ses mains et l’empoigne férocement. Elle rapproche ensuite son visage fermé et menaçant du mien en m’obligeant à me courber avant de me parler très durement.

— Descends ici avec ta longue taille, je vais te parler. Fais très attention à toi Thyam. Tu m’entends ? Ce n’est pas parce que je t’accueille dans mon palais comme un fils que tu vas te fo**re de moi. Niah n’a que 14 ans. Elle est encore mineure. Si tu oses dépasser les bornes avec elle, si tu oses la toucher, ou même l’effleurer un tout petit peu, du haut de tes 20 ans, je m’assurerai à te fo**re en taule pour le restant de ta vie, après t’avoir personnellement castré. Tiens ta queue en laisse quand tu es avec ma fille. Me suis-je bien faite comprendre, Aremọ (prince héritier) Thyam Olawale ?

— Oui, Olori Ife, réponds-je la peur dans le ventre.

Je me sens honteux de savoir que la mère de Niah a tout compris de ce qui se passe dans mon corps. Je comprends son mécontentement, alors, je m’empresse de la rassurer sur mes intentions.

— Croyez-moi, Olori Ife, jamais je ne me laisserai aller à mes pulsions au point de vous manquer de respect en dépassant les bornes avec Niah. Elle est mineure... et... cela ne fait pas partie des valeurs que je prône. Je vous promets de me contrôler à chaque fois que je suis avec elle, dis-je en m’inclinant devant elle.

— Tchip. Je ne sais même pas si je dois encore te laisser la voir, quand tu n’as même pas honte de ba**er comme ça, alors que tu tiens ma fille dans tes bras.
Mon cœur rate un battement lorsqu’elle évoque l’éventualité de ne plus me laisser voir Niah. Je panique intérieurement. Aussi, je me lance aussitôt dans une nouvelle promesse, espérant qu’elle ne me prive pas de sa fille.

— Cela n’arrivera plus, Olori Ife. Je vous le promets. S’il vous plait, laissez-moi continuer à voir Niah. Je vous en supplie.

Elle m’observe silencieusement de son regard de tueuse. Mon cœur entame une course f***e en ce moment, tant je crains que sa décision ne soit trop radicale. Ne plus voir Niah, être privé de ses étreintes, de la vue de son sourire, de son doux visage, ne pas écouter le son de sa voix, ce serait de la pure torture pour moi. Autant me fo**re en prison tout de suite si c’est cela l’issue.

— Rentre chez toi Thyam. Tu ne pars plus pour trois jours ? Tchip. Je t’ai déjà averti. Bande encore devant Niah et tu te retrouveras castré et au gnouf.

— Je m’en souviendrai, Olori Ife. Et merci du fond du cœur de ne pas m’interdire de voir votre fille.

— Pardon il faut partir au lieu de me fatiguer. Tchip les conneries comme ça.
Je quitte la pièce en respirant un bon coup d’air lorsque le vent à l’extérieur du palais des Kodjo m’accueille.

— Fèmi ? ramène-moi à Shaki.

— Oui, Aremọ, Thyam
*
*
*
— Thyam tu es là, dit Niah d’une voix qui ne cache pas sa joie.

Elle fonce vers moi comme elle en a l’habitude. Seulement, ses pas ralentissent à mesure qu’elle arrive à ma hauteur et découvre la jeune femme qui m’accompagne aujourd’hui. La mine joviale sur son magnifique visage disparaît laissant place à un visage renfrogné et suspicieux.

— Qui est-ce, m’interroge-t-elle d’une petite voix.

— Je te présente la princesse Ade, c’est ma petite amie. Ade, voici la princesse Niah Kodjo, c’est la meilleure amie d’Ayoka, ma sœur.

— Enchantée Niah. Je suis ravie de rencontrer quelqu’un qui est comme une sœur pour Thyam.

Lorsqu’elle prononce les mots « comme une sœur », je me sens mal à l’aise. Niah est loin d’être comme une sœur à mes yeux. En tout cas, elle me fait ressentir des choses que je refuse d’accepter et d’assumer. Mais j’ai promis à sa mère de me contrôler, alors, je mets tout en œuvre pour tenir cette promesse. J’espère qu’avec Ade, je réussirai.

Pourtant, lorsque mon regard tombe sur celui de Niah et que j’y lis de la douleur, mon cœur se brise. J’ai l’impression d’avoir fait une connerie en lui présentant Ade. Sa mine se décompose aussitôt, peignant désormais une peine profonde.

— Je... je suis malade Thyam. J’ai la migraine. Je vais aller me reposer, dit-elle avant de tourner les talons.

Elle s’enfui aussitôt sans me laisser le temps de placer un seul mot. Mon cœur accélère ses battements. Ma gorge se serre, bloquée par une boule d’angoisse.

— Qu’est-ce qu’elle a ? demande Ade.

— Rentre chez toi s’il te plait. Je dois aller à la pharmacie.

— Pardon ? Mais tu as dit qu’on allait passer du temps ensemble. Je pensais qu’après avoir vu ta sœur, on serait allé se poser chez toi à Shaki. Tu sais bien que j’ai espéré ce moment depuis des lustres. Je pensais que... que...

Elle se mord la lèvre en me regardant. Je sais qu’elle espère que l’on couche ensemble aujourd’hui. Ça fait des mois qu’elle me fait du rentre dedans. Elle a donc jubilé lorsqu’à l’improviste, je lui ai demandé de m’accompagner à Oyo pour voir Niah. Loin d’être fier de m’être servi d’elle, j’avais vraiment besoin de m’assurer de ne pas déraper en présence de Niah. Trois jours à penser à elle matin et soir. J’avais tellement hâte de la voir que j’ai craint de perdre tout contrôle en la prenant dans mes bras.

— Rentre chez toi. Je te recontacterai.
Sur cette promesse, Fèmi et moi raccompagnons Ade avant de rejoindre Shaki. Le lendemain, je me présente de nouveau au palais du roi Kodjo, avec un sac de comprimés contre les maux de tête.

— Niah refuse de sortir de ses appartements depuis hier, Thyam, m’annonce sa mère.

— Elle est toujours aussi malade ? J’ai apporté des cachets pour son mal de tête.
Sa mère me dévisage de la tête au pied avant d’éclater de rire.

— Je ne sais pas à quel film vous jouez tous les deux. Entre l’autre malade qui souffre du chagrin fraternel selon ses mots et toi qui ramène des médicaments pour la soigner, je suis en plein télénovelas. Il faut souvent prévenir quand vous décidez de jouer ce genre de film pour que je prépare mes popcorns. Malika, accompagne Aremọ Thyam dans les appartements de la princesse Niah. Dis-lui que son grand frère, son médecin personnel est venu le soigner de sa maladie imaginaire. J’espère pour toi que tu n’as pas oublié notre conversation, finit-elle en me regardant dans les yeux.

— Je n’ai pas oublié, Olori Ife.

— Bien, tu peux aller la voir si tu le souhaites.

— Je vous remercie infiniment, dis-je en m’inclinant avant de suivre Malika jusqu’à la chambre de Niah.

Je suis tellement heureux d’avoir cette opportunité, que mon cœur bat à une vitesse vertigineuse. Lorsque je pénètre dans sa chambre, Niah est allongée sur son lit, la tête enfuie dans son coussin. Une musique d’enterrement enveloppe la pièce. La voir comme ça m’arrache un sourire. Je me cale dans un coin de la chambre et l’observe en silence chanter dans son coussin.

— Tu me sembles en pleine forme, finis-je par dire au bout de quelques minutes.

— Thyam, que fais-tu là, sursaute-t-elle en levant son regard sur moi.

— Je suis venue voir comment tu allais.
Je me rapproche puis m’installe au bord de son lit. Niah se redresse à son tour avant de planter son regard dans le mien.

— Tu n’es pas avec ta petite amie ? questionne-t-elle amèrement.

Je l’observe attentivement. Sa mine boudeuse est tellement mignonne que je sens mon cœur flancher.

— Tu ne l’aimes pas, n’est-ce pas ?

— Comme si mon avis pouvait changer quoi que ce soit...

— Ton avis peut tout changer, Niah, dis-je animé par une profonde sincérité.

— Maintenant que tu as une petite amie, tu auras de moins en moins de temps pour moi. Je ne te verrais plus que très rarement. Et cela me chiffonne. Donc oui je ne l’aime pas Thyam, avoue-t-elle finalement en fuyant mon regard.

— Très bien. Considère que je ne la fréquente plus.

Elle lève son regard, surprise de m’entendre déclarer une telle chose.

— Tu vas rompre avec elle ?

Pour seule réponse, je prends mon téléphone et pianote un texto que j’envoie ensuite à Ade. Je tourne mon écran vers Niah, pour qu’elle le lise.

— Je suis désolé Ade mais je ne souhaite pas poursuivre notre relation. Je te souhaite bien des choses, Thyam.

Elle lit le texto tout en agrandissant ses yeux de surprise. Puis, un sourire se niche sur ses lèvres avant qu’elle ne se jette dans mes bras. Une chance que je sois rapide, prompt et assez agile. J’ai juste le temps d’attraper un coussin pour le placer au-dessus de ma braguette, lorsque Niah monte et s’installe sur moi à califourchon. Avec cette étreinte chaleureuse qui survient après quatre longs jours depuis notre dernier câlin, son corps collé contre le mien, mon nez inhalant sa délicieuse odeur dans son cou, je risque, non je suis certain que d’avoir une tr**ue d’enfer en la gardant comme ça dans mes bras.

Olori Ife, pardonnez-moi, j’ai mis un coussin entre nous, pensé-je alors que Niah me serre très fort contre elle.

— Je pense que je me sens mieux maintenant, avoue-t-elle au creux de mon oreille. Et si on faisait une partie de Game ? Depuis que tu m’y as initié, je suis devenue accro Thyam.

Je soupire, le corps en détresse tant je lutte contre mon désir lorsqu’elle se frotte à moi comme ça. 14 ans, elle n’a que 14 ans, Thyam. Pense à ça et rien qu’à ça. Elle est mineure Thyam. NE BANDE PAS DEVANT UNE ENFANT DE 14 ANS, THYAM OLAWALE !!

Pu**in, elle me rend fou, pensé-je en sentant mon sexe se dresser sous mon pantalon.

Je suis dans la m***e...

*
*
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Fin de la promotrice Vendredi 30 Août 2024

26/08/2024

VOUS LAAAAAAAAAA ! AFFAIRE OH !

GAGNEZ UN ROMAN GRATUIT!!!

1000likes sur le chapitre 1 de Carmen Nalela Auteure.

On va pimenter le game !!!

Tu commentes en taguant du monde. Invite les à liker le chapitre pour atteindre les 1000likes et aussi liker ton commentaire.

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L'obtention du roman est conditionné évidemment par l'atteinte des 1000likes minimum sur le chapitre si dessous. En gros si tu as 30 likes sur ton commentaire mais le chapitre n'a que 900like, pas de roman gratuit.

C'est parti!!!

E game s'arrête à 00h00 heure de France.

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CHAPITRE 1

Quartier Deido, rue de la joie Douala

Malaika « Kiki »

Avant l’aube, je suis déjà au travail dans la gargote de ma mère, astiquant les carreaux crasseux à la serpillière. L’odeur du savon macabo me brûle les narines alors que mes bras endoloris poursuivent inlassablement leurs mouvements répétitifs.
Ce lieu sordide où les maris gaspillent leurs maigres revenus pour leurs maîtresses pendant que leurs familles meurent de faim… Je le hais autant que les mauvais souvenirs qui s’y rattachent. Petite, j’observais avidement les clients pour tenter de deviner lequel pouvait être mon géniteur ou celui de mon frère. Puis vinrent les attouchements à l’adolescence, dont le simple souvenir me donne la nausée.
Heureusement, tout ceci prendra bientôt fin si mon plan se déroule comme prévu. Perdue dans ces pensées moroses, je n’entends pas les coups frappés à la porte. Quand la massive silhouette de Massa Jean se découpe à travers la vitre de l’entrée, un frisson d’effroi me paralyse.
— Kiki, ouvre-moi ! Sa voix rocailleuse, déformée par l’alcool, me fait sursauter. Je sais que tu es là-dedans !
Il ne me laisse pas le temps de réagir et se met à tambouriner contre le battant d’une force à le défoncer. Je bondis en direction de la porte, mais il est déjà trop t**d. Massa Jean a fait jouer la poignée et se tient à présent nonchalamment appuyé contre le chambranle, un sourire édenté étirant ses lèvres épaisses et gercées.
— Ah ma troisième femme, roucoule-t-il d’un air narquois en me détaillant des pieds à la tête.
Son regard lubrique s’att**de sur ma poitrine avec une insistance qui me met profondément mal à l’aise. Je croise les bras dans un geste instinctif de protection.
— Massa Jean, le restaurant n’est pas encore ouvert, je balbutie, d’une voix mal assurée. Revenez dans une heure, s’il vous plaît…
— Ah bon ? Il hausse un sourcil condescendant. Ta mère m’a pourtant dit que je pouvais passer boire une bière à n’importe quelle heure.
Je dois rester prudente avec cet homme. Depuis qu’il a commencé à me toucher les fesses quand j’avais 12 ans, je fais souvent des cauchemars à cause de lui.
Je ne veux absolument pas me retrouver enfermée seule avec lui.
— Écoutez, je… je suis navrée, mais c’est impossible, je bredouille, tâchant de garder mon calme malgré les battements affolés de mon cœur. Revenez tout à l’heure, s’il vous plaît…
Massa Jean éclate d’un rire gras qui résonne avec une obscénité glaçante dans le silence de la salle vide.
— Tu me parles ton gros français là pour rien. Si tu ne veux pas me donner la bière, tu peux me donner autre chose. Il avance d’un pas lourd dans ma direction et je recule instinctivement, me retrouvant devant la porte de la cuisine.
— Tu fuis quoi ? me demande-t-il d’un air moqueur.
— Je… je ne peux pas vous servir, c’est tout ! Je recule encore la peur tordant mes entrailles. Partez, Massa Jean !
— Ta mère ne t’a pas dit qu’on ne chasse pas les clients ? Je suis prêt à dépenser beaucoup d’argent pour toi. Attend j’appelle ta mère pour savoir ce qu’elle pense de ton attitude.
Sortant son téléphone d’une poche de son pantalon crasseux, il appuie sur quelques touches avant de le porter à son oreille et raconte à ma mère notre conversation. Son sourire suffisant ne me dit rien qui vaille tandis que j’entends déjà la voix furieuse de maman bourdonner dans le combiné. Il me tend l’appareil que je prends en évitant de le toucher.
— Kiki ! C’est quoi ces manières de traiter les clients ? Elle crie si fort que je dois éloigner le téléphone de mon oreille.
— Sers-le tout de suite ou tu vas me sentir ! Tu crois que je ne peux plus te taper parce que tu as vingt-deux ans ?
La gorge serrée par l’humiliation, je ne trouve rien à répondre. Il est inutile d’espérer le moindre soutien de ma mère. Mais je veux quand même essayer de lui rappeler ce que ce porc a déjà tenté de faire.
— Mais m’man, tu sais comment il est ! Je tente de m’expliquer d’une voix suppliante tandis que Massa Jean parade en se frottant les mains avec un air réjoui. Plusieurs fois, il a essayé de me…
— Mouf ! Tu crois qu’il y a quoi dans tes fesses là qu’on ne peut pas toucher ? S’il veut te toucher, laisse-le ! Mais il faut qu’il paye d’abord. Débrouille-toi comme tu veux, mais je veux mon argent, tu as compris ?!!
Je me remets à trembler de tout mon corps, envahie par une vague de découragement. Bien sûr, elle n’y voit rien de mal.
Massa Jean m’arrache le téléphone des mains avec un ricanement moqueur.
— Tu as entendu non ?
Puis, il dit au revoir à ma mère et raccroche.
Sur ce, il se dirige d’un pas conquérant vers le comptoir tandis que je me tasse dans un coin, envahie par un sentiment d’impuissance et de dégoût.
Massa Jean se sert lui-même une bière puis vient s’installer à ma hauteur, ses petits yeux de porc brillants d’une lueur avide. Je tressaille lorsqu’il se penche pour me murmurer d’une voix râpeuse :
— Tu vois, tu n’as pas de raison de crâner.
Sans prévenir, sa large main calleuse vient se plaquer sur mon sein qu’il malaxe avec brutalité. Un hoquet de terreur m’échappe tandis que je me raidis, tétanisée par l’effroi.
— Ne me touchez pas !
J’essaie de passer sous son bras pour me diriger vers la sortie, mais il me bloque et me plaque contre mur.
— Laissez-moi tranquille sinon je crie et tout le quartier va sortir, dis-je en me débattant avec toute l’énergie du désespoir.
Mais Massa Jean est un colosse qui doit bien peser le double de mon poids. Il me plaque sans effort contre le mur, ses énormes mains emprisonnant mes poignets au-dessus de ma tête. Son haleine de putois me soulève le cœur tandis qu’il se colle contre moi, une expression de fureur bestiale sur son visage boursouflé. Malgré mes efforts, il réussit à glisser sa jambe entre mes cuisses. Ma mini-jupe lui facilite la tâche.
J’ouvre la bouche pour hurler et il en profite pour m’embrasser.
J’essaie de me soustraire à son étreinte d’ours, mais tous mes efforts sont vains. Mes dents se referment brusquement sur sa langue, et il pousse un grognement de douleur. En un éclair, sa main s’abat sur mon visage, envoyant une onde de choc dans mon crâne. Le monde autour de moi se brouille, les couleurs se mélangent, et je sens mes jambes se dérober sous moi comme si le sol avait disparu. Étourdie par la douleur, je sens vaguement qu’il m’allonge sur le sol de la cuisine et m’écarte les jambes et s’installe sur moi.
— Mon Dieu, aide-moi, je prie silencieusement.
Je recommence à me débattre, mais il est trop fort. J’ai l’impression d’être prise dans l’étreinte d’un gorille.
Cette fois, il prend soin de me bâillonner d’une main. Ses doigts dodus remontent le long de mes cuisses en une caresse immonde. Des larmes de panique brûlent mes yeux lorsque je sens son haleine fétide contre ma joue. Il atteint mon slip sans que j’aie réussi à me dégager.
Massa Jean arrache mon sous-vêtement et la seconde d’après, je sens ses doigts se frayer un chemin dans mon vagin.
Je veux mourir.
Au-delà de la douleur physique, c’est le sentiment d’impuissance qui fait monter des larmes à mes yeux. Ses doigts me fouillent impitoyablement. Mes efforts pour me dégager semblent l’exciter encore plus l’animal.
Il se fige brusquement, et me regarde avec un air extatique.
— Eh, tu es encore vierge ? Je croyais que tu donnais les fesses aux petits gars du quartier et que c’est à moi seulement que tu refusais ça.
Le monstre a le culot de rire.
La découverte de mon h***n l’a distrait, il a relâché la pression sur ma bouche. J’en profite pour mordre dans sa paume de toutes mes forces. Surpris, il retire sa main en criant et s’éloigne de moi, me donnant quelques précieux centimètres. Sans hésiter, je lui donne un coup de genou dans l’entrejambe. Fou de douleur, il roule sur le côté en pleurant comme un bébé. J’en profite pour me relever et attraper le couteau que j’ai utilisé plus tôt pour couper les oignons.
— Je vais te saigner comme le sale porc que tu es ! Je crie en m’approchant de lui.
— Qu’est-ce qui se passe ?!! S’écrit la voix de ma mère dans mon dos, nous faisant sursauter tous les deux.
Ma mère a l’air furieuse et elle regarde tour à tour mon agresseur toujours au sol, et moi avec mon couteau.
Avant que je n’aie pu ouvrir la bouche, Massa Jean prend les devants en pleurnichant :
— Ta fille est devenue complètement f***e, Delphine ! J’étais venu boire un petit coup bien tranquille, et elle m’a sauté dessus comme une f***e avec un couteau !
— Quoi ?! Les yeux de ma mère s’écarquillent d’incrédulité alors qu’elle me dévisage. Mais qu’est-ce qui t’a pris, petite idiote, qu’est-ce que je t’ai dit au téléphone ?!!
— Maman, c’est lui qui a essayé de… Je balbutie d’une voix tremblante. Je fais une pause, et prends une profonde inspiration pour me calmer. Finalement, je déclare d’une voix presque normale :
— Il voulait me violer ! Je me suis juste défendue !
— Elle ment ! proteste Massa Jean en essayant de se redresser péniblement.
Entendre ce monstre mentir aussi effrontément provoque en moi une rage froide. Instinctivement, ma main se resserre sur le manche du couteau que je n’ai toujours pas lâché. J’amorce un pas vers lui.
— Malaika Ndomè pose le couteau là immédiatement ! Tu es vraiment f***e, tu veux poignarder un de nos meilleurs clients ?!!
Le ton cinglant et les paroles de ma mère achèvent de me briser le cœur. Lentement, je pose le couteau sur l’évier.
— Maintenant demande pardon à Massa Jean, ajoute ma mère.
C’est à ce moment que j’ai compris que je l’aimais encore malgré tout. C’était la seule explication. Car si elle n’avait pas compté pour moi, elle n’aurait pas eu le pouvoir de me faire autant souffrir. Cette révélation m’amène à une triste réalité : ma mère se moque complètement de moi ou de ce qui peut m’arriver et rien ne changera jamais ça, quoi que je fasse. Je dois l’accepter. D’une certaine façon, elle me rend service en étant aussi transparente sur sa loyauté. Du coup, je n’ai aucun scrupule à avoir pour mettre mes plans à exécution.
Malgré la douleur cuisante entre mes jambes et celle encore plus cruelle qui me déchire le cœur, je me redresse de toute ma taille. Alors que je n’ai qu’une envie, me rouler en boule et hurler, je rassemble mes forces et affronte mon agresseur du regard. Je fixe Massa Jean droit dans les yeux, refusant de lui montrer ma faiblesse.
— Je vous demande pardon, Massa Jean, dis-je d’une voix froide.
Ma mère semble satisfaite et se tourne vers le colosse avec un sourire mielleux.
— Excusez-la, Massa Jean, vous savez comment sont les jeunes de nos jours. Mais je vais lui apprendre les bonnes manières, vous pouvez compter sur moi !
Il grogne d’un air bourru et nous toise. Sans un mot de plus, il tourne les talons et se dirige vers la sortie en boitant.
Une fois la porte refermée sur lui, ma mère pivote dans ma direction, les poings sur les hanches. Son regard noir ne présage rien de bon.
— Il fallait ne pas t’excuser, tu allais voir ce que j’allais te faire. Tu as fini tout ce que je t’ai demandé de faire ?
Elle s’avance dans la cuisine en inspecte la vaisselle, les ingrédients apprêter pour la préparation des plats du jour.
— Pas encore, je passais la serpillère quand Massa Jean est arrivé.
— Une paresseuse, comme ça, si c’est pour montrer tes cuisses aux clients tu es forte, mais faire ce qu’on te demande tu ne fais pas.
Je ne peux pas m’empêcher de protester, comme si la petite fille blessée qui vit encore en moi refuse de cesser d’espérer un peu de compassion.
— Mais maman… dis-je d’une voix implorante. Tu as bien vu ce qu’il a essayé de me faire ! Il voulait…
— Tais-toi ! Elle me coupe brutalement. Les hommes sont comme ça, tu le sais très bien ! Tu n’avais qu’à ne pas le provoquer !
Je vacille sous le poids de sa réprobation, en proie à un profond sentiment d’injustice.
— Écoute-moi bien, elle poursuit d’un ton menaçant. La prochaine fois qu’un client te fait des avances, tu la fermes et tu le laisses faire ! C’est le prix à payer pour qu’on s’en sorte, tu as compris ?
J’encaisse le coup, le cœur lourd. Une fois de plus, elle me sacrifie sur l’autel du profit et des bonnes relations avec les habitués de son restaurant. À ses yeux, je ne suis qu’un vulgaire appât pour satisfaire les pulsions des masses.
— Réponds quand je te parle ! Elle m’agrippe par les cheveux pour me forcer à la regarder. Tu as compris oui ou non ?!
Les larmes aux yeux, je hoche la tête sans oser émettre le moindre sa supplémentaire. Que pourrais-je dire de toute façon ? Elle ne m’écoutera jamais…
— Bien.
Ma mère me lâche en me toisant avec un dégoût non dissimulé. Maintenant, remets-toi au travail. Les clients du matin viendront bientôt pour le bouillon de pattes de bœuf.
Sur ces mots, elle me tourne le dos et retourne dans l’arrière-salle sans un regard en arrière. Me laissant seule avec ma détresse, mes plaies béantes et ma rage qui gronde sourdement.
— Sois forte Kiki, me dis-je en reprenant la serpillère pour terminer de nettoyage.
Mes corvées terminées, je prends un seau d’eau et me dirige vers les quatre tôles plantées autour d’un trou qui nous sert de à la fois de toilettes et de do**he. Là, je peux enfin laver le sang séché entre mes cuisses. Je me frotte tellement fort que ma peau picote. Malheureusement, le savon n’efface pas les blessures intérieures.
— Surtout ne pas pleurer, surtout ne pas pleurer, surtout ne pas pleurer.
Je me répète encore et encore.
Les larmes sont inutiles. J’ai mieux à faire de mon énergie.
Je rentre à la maison et je fais la cuisine. Il est presque seize heures, Éric va rentrer d’un moment à l’autre. Quelques minutes plus t**d, l’adolescent franchit la porte.
— Kiki ! J’ai trop faim, il y a quoi à manger ?
— C’est qui ça ?! Tu rentres, tu ne me salues pas, tu demandes seulement la nourriture ? Je le sermonne.
— Bonjour big, c’est comment ? me répond-il avec un sourire charmeur.
— Tschuiiip, va chercher ton plat dans la cuisine. J’ai fait le haricot et le riz.
— Wooh, la big, merci, me dit il en détalant dans sa chambre pour enlever sa tenue de classe avant de foncer à la cuisine.
Je le regarde s’éloigner avec un sourire attendri.
Quand j’avais huit ans, ma mère a eu un beau bébé, Éric. Elle s’en est désintéressée, mais pour moi tout a changé. J’avais quelqu’un à aimer et qui m’aimait en retour. C’est moi qui m’occupais de lui : biberons, vaccins, premiers pas, anniversaires.
Quand ma mère a dit ne pas avoir assez d’argent pour nos études, j’ai arrêté l’école et suivi des cours du soir à la mission catholique du quartier. Avec l’argent des tresses que je faisais, je payais les études de mon frère.
Éric est comme mon enfant. Le seul que j’aurai, car je ne me soumettrai jamais à un homme pour qu’il utilise mon corps. C’est aussi pour lui que je m’apprête à partir, à quitter cette vie de misère.
Après le repas, Éric va jouer au foot avec ses amis, moi je vais au rendez-vous fixé par sœur Maria.
La religieuse italienne enseigne les mathématiques et nous sommes devenues amies. Elle m’a récemment fait part d’une opportunité que j’ai saisie sans hésiter. J’arrive dans son bureau le cœur battant.
— Bonsoir ma sœur, dis-je avec déférence.
— Ma fille, ça va ? me demande la cinquantenaire. J’ai une bonne nouvelle pour toi, excellentes même. Ton visa pour l’Italie est approuvé.
Le choc, la joie, le soulagement me font vaciller sur mes jambes, je m’affale sur la chaise la plus proche. Mes prières ont été exaucées.
— Merci ma sœur, merci beaucoup, je dis d’une voix tremblante.
— C’est la volonté du Seigneur, dit-elle en souriant. Tu suivras d’abord un an de cours d’italien avant d’entamer ton cursus principal. Ça commence dans deux mois.
— Deux mois ? Mais je suis prête à partir dès maintenant ! Aidez-moi à avoir un billet d’avion et je m’envole immédiatement !
Sœur Maria me fixe longuement en silence. Son regard perçant semble sonder mon âme. Mal à l’aise, je me tortille sur mon siège.
— Attends une minute, dit la religieuse, levant une main. Son sourire s’efface, remplacé par une expression sérieuse. Rome est loin, ma fille. Es-tu sûre d’être prête à quitter ta famille, tes amis, tout ce que tu connais ?
Un nœud se forme dans ma gorge. L’excitation fait place à une vague d’incertitude. Je pense à Éric, son visage souriant, ses yeux pleins de confiance. Puis je revois ma mère me forçant à m’excuser auprès de mon agresseur, et ma détermination se renforce.
— Oui, ma sœur. Je suis plus que prête, dis-je d’une voix ferme. Il n’y a rien pour moi ici.
Sœur Maria se lève et s’approche de moi, posant une main réconfortante sur mon épaule.
— Je comprends, ma fille. La vie ici est dure.
Très bien, finit-elle par dire. Je vais te réserver une place sur le prochain vol pour Rome. Va préparer tes bagages et dis au revoir à tes proches.
— Merci du fond du cœur ma sœur ! Je ne vous décevrai pas !
Je rentre en réfléchissant aux préparatifs. D’abord, parler à Éric. Ma mère ne l’apprendra que lorsque je serai en route pour l’aéroport. Il y a aussi quelque chose que je dois faire.
Je dois d’abord régler un vieux compte. Arrivée à la maison, je vais dans la cachette où je mets mes économies, je prends une somme conséquente, puis je me rends au beignetariat du quartier. Comme je l’espérais, je trouve Ateba et ses acolytes. C’est le frère d’une dame à qui je fais régulièrement des tresses. Malgré sa mauvaise réputation dans le quartier, il a un cœur d’or et m’a pris sous son aile. Cela ne l’empêche pas d’essayer de me mettre dans son lit.
— Grand, je peux te voir, dis-je en m’approchant de lui.
— Hey, ma chérie ! Tu veux manger ? me demande-t-il en se levant.
— Non, j’ai une faveur à te demander pardon, je réponds en l’attirant loin des oreilles indiscrètes.
Je lui explique ce que j’attends de lui et lui remets l’argent que j’ai prévu pour lui.
— Non non, tu n’as pas besoin de me payer, me dit-il les yeux flamboyants de rage. Je vais faire ça gratuit.
Satisfaite, je consens à lui donner une bise et je m’éloigne rapidement.
Deux jours plus t**d, date de mon départ, le soleil n’est pas encore levé lorsque je me glisse hors de mon lit. Mon vol est prévu pour onze heures du matin, mais je ne veux prendre aucun risque.
Mes mains tremblent légèrement en rassemblant mes maigres possessions dans un sac à dos élimé. Mon regard s’att**de sur une vieille photo de famille, prise à une époque où les sourires semblaient encore possibles. Je la range précieusement, consciente que je laisse derrière moi une partie de moi-même.
La porte de la chambre d’Éric grince lorsque je l’entrouvre. Il dort paisiblement, ses traits encore enfantins sont détendus. Mon cœur se serre à l’idée de le quitter, lui qui a été mon seul rayon de soleil ces dernières années. Je m’assieds au bord du lit et passe doucement ma main dans ses cheveux.
— Éric, réveille-toi mon bébé.
Il ouvre des yeux ensommeillés, mettant quelques secondes à émerger.
— Kiki ? Il est tôt… Qu’est-ce qui se passe ?
— J’ai quelque chose d’important à te dire petit frère, je lui réponds avec douceur.
Je prends une profonde inspiration avant de me lancer.
— Je m’en vais loin d’ici. J’ai obtenu une bourse pour aller étudier en Italie.
Éric se redresse d’un bond, soudain parfaitement réveillé.
— Quoi ? Mais… tu vas me laisser ici tout seul avec maman ?
Des larmes perlent au coin de ses yeux. Je le serre fort contre moi.
— Jamais je ne t’abandonnerai Éric, tu m’entends ? C’est juste pour un temps, le temps que je m’installe là-bas. Et dès que possible, je reviendrai te chercher pour qu’on vive tous les deux.
Il renifle, à moitié convaincu. Je m’apprête à le rassurer davantage quand la porte s’ouvre à la volée.
— Qu’est-ce que vous faites ? Kiki, il y a du travail au restaurant, tu devais déjà y être !
Elle s’immobilise en me voyant, mon sac à la main. Ses yeux s’étrécissent.
— C’est quoi ça ? demande-t-elle avec agressivité. Tu vas où avec ce sac ?
Je me lève, la dominant de toute ma hauteur, même si je ne la dépasse que de cinq centimètres.
— Je pars d’ici. Je ne peux plus continuer à vivre comme ça, à subir tes clients et tes humiliations quotidiennes.
Elle explose d’un rire grinçant.
— Misérable petite égoïste ! Après tout ce que j’ai fait pour toi !
— Je ne te dois rien maman. Tu m’as sacrifiée pour ton profit pendant des années. Tu n’as rien fait pour me protéger quand tes clients saouls me harcelaient. Il est temps que je reprenne ma vie en main.
Elle blêmit, choquée que j’évoque cela devant Éric.
Je me penche pour embrasser mon petit frère avec tout l’amour que j’ai pour lui.
— Je t’appelle dès que j’arrive. Sois sage mon ange.
Puis sans un regard en arrière, je quitte cette maison maudite sous les cris rageurs de ma mère. Les larmes coulent librement sur mes joues, mélange d’amertume et d’espoir.
Quelques heures plus t**d, assise dans l’avion, je regarde le sol s’éloigner par le hublot. Malgré la tristesse d’avoir laissé Éric, une sensation enivrante de liberté m’envahit. Enfin, je vais pouvoir devenir celle que j’ai toujours rêvé d’être, loin des chaines du passé. Vers un avenir meilleur.
Je sais que ma nouvelle vie à Rome ne sera pas facile. Mais je suis déterminée à réussir pour offrir un bel avenir à mon frère et à moi. Surtout, je ne laisserai plus personne me faire du mal ni me manipuler. Plus jamais.

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