Musée des Tissus
Fermé pour travaux, le musée continue de vous faire découvrir les trésors de ses collections.
12/06/2026
🔎 L'envers du décor au Centre de conservation et de recherche
Le musée ne conserve pas uniquement l'une des plus importantes collections textiles au monde. Il préserve également un riche patrimoine documentaire, ressource essentielle pour enrichir la connaissance des fonds textiles, préparer les expositions et répondre aux demandes des usagers.
Revues, publicités, extraits de bibliographies, correspondances, dessins ou encore estampes : ces milliers de documents issus de fonds d’archives privées ou de la veille informationnelle des équipes sont précieusement conservés, classés et documentés par l'équipe du centre de documentation.
Elle continue de répondre aux sollicitations du public et d'accueillir les chercheurs sur rendez-vous, durant le fermeture temporaire du musée et dans l'attente de l'ouverture du futur Centre de conservation et de recherche.
👏 Merci aux équipes du centre de documentation pour leur engagement quotidien au service des collections, de la recherche et des publics.
11/06/2026
✈️ Les œuvres voyagent
À partir du 11 juin 2026, cette spectaculaire tenture réalisée pour le cabinet de toilette de la reine d'Espagne sera présentée à Madrid dans l'exposition "Tisser la vie de cour", organisée par le Patrimoine national à la Galerie des Collections Royales.
Consacrée aux textiles historiques et à leur rôle dans la représentation du pouvoir, cette exposition met en lumière la richesse exceptionnelle des collections textiles royales espagnoles. Notre musée est heureux d'y contribuer grâce au prêt de cette œuvre remarquable.
Réalisée vers 1797 d'après un dessin de Jean-Démosthène Dugourc et tissée par le fabricant lyonnais Camille Pernon, cette tenture témoigne de la virtuosité des soyeux lyonnais à la fin du XVIIIe siècle.
Son décor raffiné témoigne de la capacité des fabricants lyonnais à renouveler leurs créativités après la période de la Révolution française.
Avant de rejoindre Madrid, l'œuvre a fait l'objet de toutes les attentions des équipes de conservation, de restauration et de régie afin de garantir son transport et sa présentation dans les meilleures conditions.
📍 Tenture pour le cabinet de toilette de la reine d'Espagne Marie-Louise de Parme, palais de Madrid
Jean-Démosthène Dugourc (1749-1825), dessinateur ; Camille Pernon (1753-1808), fabricant
Lampas, satin de soie
Vers 1797
MT 24800. Achat auprès de la maison Tassinari et Chatel, 1889
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs - Sylvain Pretto
10/06/2026
🔵 Quand le bleu devient couleur royale...
C’est au XIIe siècle que le bleu conquiert une place inédite dans l’imaginaire occidental. Associée à la Vierge Marie, cette couleur acquiert un prestige nouveau, bientôt repris par la monarchie française. Sous le règne de Louis VII, les fleurs de lys d’or sur fond bleu deviennent les armes du royaume de France : le bleu est désormais une couleur royale.
Cette ascension est-elle liée au développement de la culture du pastel (Isatis tinctoria), qui permet d’obtenir des bleus plus lumineux et plus résistants ? Ou bien la demande croissante pour cette couleur prestigieuse a-t-elle stimulé son essor économique ? Les deux phénomènes semblent s’être nourris mutuellement.
Du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle, les étoffes bleues fleurdelisées accompagnent ainsi l’affirmation du pouvoir monarchique. Les somptueux velours de soie ornés de fleurs de lys d’or habillent les palais et les cérémonies, tandis que des tissus plus accessibles décorent les intérieurs.
À découvrir ici : un remarquable « lampas d’Abbeville » du début du XVIIIe siècle, tissu mêlant coton et lin à décor fleurdelisé, ainsi qu’un précieux échantillon de damas de soie bleu produit sous le règne de Louis XVI.
Façonné à décor fleurdelisé
France, Normandie
Début XVIIIe siècle
Coton lin, double étoffe, tissu façonné dit lampas d'Abbeville
MT 24560.9. Achat auprès de la maison d’antiquités Fulgence, 1887
Décor de fleurs de lys disposées en quinconce
France
1750-1790
Damas satin, soie.
MT.42455. Don de Juliette Niclausse, 1986
09/06/2026
💙 Le bleu d’Iznik, une couleur raffinée
Au XVIe siècle, les ateliers d’Iznik développent l’une des productions céramiques les plus raffinées de l’Empire ottoman. Sur ce plat décoré d’un bouquet d’églantines, le bleu cobalt déploie toute sa profondeur aux côtés de nuances de turquoise et de vert.
Obtenue à partir de pigments minéraux soigneusement préparés puis appliqués sur un fond blanc avant la cuisson, cette couleur éclatante témoigne d’un savoir-faire exceptionnel transmis depuis l’Asie centrale et perfectionné dans les ateliers ottomans.
Inspirés par les porcelaines chinoises autant que par les traditions décoratives islamiques, les artisans d’Iznik créent des décors végétaux d’une grande élégance qui séduisent rapidement les cours et les collectionneurs du monde méditerranéen.
🔹 Plat au bouquet d’églantines
Iznik (lieu d'exécution)
Entre 1540 et 1545
Pâte siliceuse, décor peint en polychromie (bleu cobalt, turquoise et vert) sur engobe blanc et sous glaçure incolore transparente
MT 35635. Legs Jean Pozzi, 1971
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs - Sylvain Pretto
08/06/2026
🌊 Journée mondiale de l’Océan – 8 juin
Des pirogues d’Afrique aux jonques d’Asie, des voiliers méditerranéens aux embarcations des mers australes, les océans relient les cultures depuis des siècles.
Avec le carré "Tous les bateaux du monde", créé en 2013 par Aline Honoré pour la maison Hermès, la soie devient une véritable cartographie poétique des savoir-faire maritimes. Chaque embarcation raconte une adaptation à un territoire, à un climat, à des courants, mais aussi à une histoire humaine façonnée par la navigation.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’Océan, cette création nous rappelle combien les mers ont constitué des espaces de circulation des hommes, des techniques, des matières et des imaginaires. Elles furent aussi des voies essentielles pour le commerce textile, reliant ateliers, ports et marchés à travers le monde.
Entre patrimoine maritime et patrimoine textile, un même horizon : celui des échanges et des rencontres.
📷 Maison Hermès, Aline Honoré (dessinatrice), Tous les bâteaux du monde – Collection printemps-été, 2013, Paris
MT 2014.2.20. Don de la Maison Hermès, 2014
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs - Pierre Verrier
05/06/2026
💙✨ Le bleu, couleur du luxe à la Renaissance
À la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, les velours italiens comptent parmi les étoffes les plus précieuses d’Europe. Tissés à Lucques, Venise ou Florence, ils associent soie, reliefs de velours et fils d’or dans des compositions d’une incroyable richesse.
Ici, le bleu profond de l’étoffe de soie est obtenu grâce au pastel des teinturiers, aussi appelé guède, longtemps cultivé en Europe avant l’arrivée massive de l’indigo. Associé aux fils d’or, il confère à cette étoffe un éclat exceptionnel.
🌿 Les motifs de grenades et les ornements inspirés des ferronneries témoignent du goût de la Renaissance pour les décors raffinés et foisonnants.
⛪ Cette étoffe provient probablement d’une chasuble : les trésors d’église ont souvent préservé ces textiles de luxe pendant plusieurs siècles.
Velours broché or et fond satin à décor de grenades et accolades
Italie, seconde moitié du XVe siècle
Velours façonné en soie, broché d’or
MT 22859.1 Achat auprès de Franz Bock, 1875
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs – Sylvain Pretto
04/06/2026
Hors les murs 🏛️ Nos chefs-d’œuvre textiles ont fait le voyage jusqu’à Madrid ! ✨
Le musée a notamment prêté ce précieux fragment de lampas italiens du XVe siècles pour l’exposition " À la manière de l’Italie. L’Espagne et le gothique méditerranéen (1320-1420) » présentée au Museo Nacional del Prado.
Chiens, sangliers et tiges fleuries composent les décors raffinés de cette soierie exceptionnelle, témoins du rayonnement artistique et technique des grands ateliers italiens à la fin du Moyen Âge. Par la richesse de leurs motifs et la sophistication de leur tissage, ce lampas de soie à fond double-étoffe et filés d’or révèlent l’importance des échanges artistiques en Méditerranée au XIVe et XVe siècle.
À travers plus d’une centaine d’œuvres venues de toute l’Europe, l’exposition explore l’influence du Trecento italien dans les royaumes hispaniques, bien avant la Renaissance.
📍Madrid, Museo Nacional del Prado
📅 26 mai – 20 septembre 2026
Fragment à décor de chiens passant
Italie, fin du 14e siècle – début du 15e siècle
Lampas à fond double étoffe, soie et filé d’or
MT 25439. Achat auprès de Friedrich Spiter, 1893
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs - Pierre Verrier
03/06/2026
💙 Quand le bleu devient sacré ou bleu marial
Dans cette plaque en émail de Limoges du XVIᵉ siècle, le regard est immédiatement attiré par le manteau bleu de la Vierge. À la Renaissance, cette couleur précieuse est réservée aux figures les plus importantes : obtenue à partir du coûteux lapis-lazuli, elle symbolise le sacré, le ciel et la spiritualité.
✨ Inspirée d’une gravure d’Albrecht Dürer, cette scène de Déploration du Christ témoigne aussi du raffinement des ateliers d’émailleurs de Limoges, célèbres dans toute l’Europe pour leurs couleurs éclatantes et leurs effets proches de la peinture.
🔵 Du bleu des étoffes au bleu des émaux, cette couleur fascine les artistes depuis le Moyen Âge et devient peu à peu l’une des teintes les plus prestigieuses dans les arts.
Maître de L'Atelier de La Passion Du Christ
Déploration sur le Christ mort (plaque de retable)
Entre 1560 et 1570, Limoges
Émaux polychromes, or ; contre-émail en fondant
MAD 1790. Don de Paul Gillet, 1957
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs – Sylvain Pretto
01/06/2026
💙 Le musée voit bleu… De la guède à l’indigo ! 💙
Couleur du ciel et de l’eau, le bleu évoque depuis des siècles le pouvoir et le rêve. Pourtant, dans l’Antiquité européenne, il était peu apprécié. Il faut attendre le Moyen Âge pour qu’il devienne une couleur prestigieuse, associée au sacré, aux souverains et aux étoffes de luxe.
À travers textiles, soieries, objets d’art et céramiques, le musée vous invite à découvrir l’extraordinaire histoire du bleu dans les arts.
🎨 Une histoire en nuances
- À partir du XIIᵉ siècle, le bleu devient la couleur du manteau de la Vierge et acquiert une forte dimension spirituelle.
- Aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, les cours européennes se passionnent pour les velours et soieries aux bleus profonds.
- Au XVIIIᵉ siècle, il devient la couleur la plus répandue dans les étoffes et le vêtement.
🧵 Les secrets de la teinture
Avant les colorants chimiques, obtenir un beau bleu relevait d’un véritable savoir-faire. Les teinturiers utilisent d’abord la guède, aussi appelée « pastel des teinturiers», cultivée notamment dans la région toulousaine. Puis l’indigo, venu d’Inde et d’Asie, révolutionne l’art de la teinture grâce à son incroyable puissance colorante.
🌍 Cette histoire du bleu raconte aussi celle des échanges entre l’Europe, l’Orient, l’Afrique et l’Asie, des routes commerciales et des savoir-faire transmis à travers les siècles.
Prêts à explorer les mille nuances de bleu dans les collections du musée ?
Andrée Brossin de Méré (1903-1987), dessinateur
Mare bleu
Italie, années 1950-1970
Impression sur laine
MT.2024.0.5.400. Don de Marguerite Binz
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs. D.R.
31/05/2026
🥀Le rose de mai se fane sous la chaleur de juin
🌸 le rose a décliné ses nuances à travers les siècles.
Après ce voyage au cœur des collections, quelle teinte ou quelle œuvre vous a le plus captivé ? 🩷
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📷
1. Edme-Jean-Baptiste Douet(1745-1777), Études de roses, entre 1750 et 1775
2. Morceaux d’habit d’homme, France, 1740-1760
3. DESRAIS Claude-Louis (D’après), Jeune Dame en robe de taffetas de couleur à volonté garnie de gaze mouchetée, planche 94
4. Robe à la française, France, années 1750-1760
5. Gilet d'homme brodée à disposition, non découpée France, vers 1790
6. Assiette creuse de la « Famille rose », porcelaine, Chine, XVIIIe siècle
7. Ruban façonné, années 1860-1870, fabrique Chavent, Saint-Etienne
8. Toile de coton imprimée glacée, manufacture Schwartz & Huguenin (?), Alsace, années 1850-1860
9. Tissu pour habillement, Maison Schulz et Béraud, Lyon, 1851-1853
10. Veste de femme mandchoue, Chine, début XXe siècle
© Lyon, musée des Tissus et des Arts décoratifs - Sylvain Pretto - Pierre Verrier
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