Les matérialistes
Nous nous appuyons sur le marxisme pour donner notre conception matérialiste du monde
10/05/2023
Trois mille travailleurs des magasins Safeway du Lower Mainland ont voté à 98 % en faveur d’un mandat de grève pour leur section locale, actuellement en négociation avec la société mère de Safeway, Sobeys. « Nos membres envoient à Sobeys un message fort et clair », a déclaré Kim Novak, présidente de la section locale 1518 des TUAC, « ils sont unis et prêts à passer à l’action si l’employeur refuse de donner suite à l’offre salariale insultante qui nous a incités à voter pour la grève en premier lieu ».
Safeway possède 40 magasins dans le Lower Mainland, dont beaucoup sont des magasins de longue date situés dans des endroits privilégiés de la région.
Auparavant filiale à part entière d’une société mère américaine, Safeway Canada a été achetée par Sobeys en 2013 et absorbée par le conglomérat Empire Company, qui possède également Farm Boy, IGA, Thriftys et de nombreuses autres chaînes d’épiceries.
Empire est l’un des cinq grands monopoles alimentaires canadiens (avec Loblaws, Metro, Wallmart et Costco) qui contrôlent 80 % des ventes au Canada. Elle a été l’une des entreprises impliquées dans le scandale de la fixation du prix du pain en 2018, dans lequel les monopoles alimentaires ont conspiré pour gonfler le prix du pain dans leurs magasins afin de gonfler leurs profits. L’année dernière, ils ont enregistré un bénéfice net de 750 millions de dollars sur un chiffre d’affaires de 30 milliards de dollars, tandis que les membres de la classe ouvrière luttaient pour s’adapter à des prix d’épicerie hors de contrôle.
Le mois dernier, les travailleurs des magasins d’alimentation Metro de la région du Grand Toronto ont fait grève pendant plus d’un mois, obtenant une augmentation de salaire nettement supérieure au 1 % actuellement offert par Sobeys/Empire aux travailleurs de Safeway de la vallée du Bas-Fraser.
Le syndicat négocie avec Sobeys du 20 au 29 septembre.
Source: https://tr.ee/gHu4XAspif
09/05/2023
« Le capitalisme écrase les pauvres, déclare le président du Nicaragua »
Le capitalisme n'est pas là pour coopérer avec les pauvres, mais pour les écraser et voler la richesse du peuple, a déclaré le président Daniel Ortega lors d'un discours prononcé à l'occasion du 44e anniversaire de la constitution de l'armée nicaraguayenne.
Lors de la célébration de la veille, le président a déclaré que les nations impériales ne veulent pas que les pays dotés de ressources naturelles en Afrique et en Amérique latine soient indépendants.
Il a ajouté que cette lutte est menée dans le monde, dont les transitions historiques sont complexes et se déroulent au milieu d'énormes contradictions, dans lequel les empires investissent des milliards de dollars pour tenter d'enlever à la Russie son droit sur ce qui lui appartient historiquement.
"L'Organisation de l'Atlantique Nord (OTAN) est unie là-bas, alors que le monde crie qu'il a besoin de nourriture (...) ils investissent des milliards et des milliards de dollars ou d'euros dans une guerre qui ne mènera qu'à la défaite des impérialistes de la terre", a-t-il déclaré.
Selon M. Ortega, le conflit entre l'Ukraine et la Russie affecte également la communauté mondiale car il modifie les prix des carburants et des denrées alimentaires, ce qui nuit aux populations d'Europe, des États-Unis et du reste des nations du monde.
D'autre part, le dirigeant sandiniste a évoqué l'émergence d'un monde multipolaire, dont l'objectif principal est de lutter contre la pauvreté et de promouvoir la paix.
En ce sens, il a mentionné le développement du groupe Brics, composé du Brésil, de la Chine, de la Russie, de l'Inde et de l'Afrique du Sud, qui a élargi sa composition lors du récent sommet de ce bloc, qui s'est engagé en faveur du bien-être des peuples, de la paix et non de la promotion de la guerre.
"Les impérialistes du monde tentent toujours d'éviter cette intégration entre des nations qui veulent coopérer et s'unir non pas pour bombarder d'autres pays, mais pour renforcer les relations dans les domaines économique, commercial, social, politique et productif dans une lutte pour la paix", a-t-il déclaré.
Le président a déclaré que dans cette multipolarité mondiale, les peuples, des pays les plus puissants aux pays les plus pauvres, se réunissent pour unir leurs forces dans la lutte contre la faim, pour la survie de l'humanité et pour la défense de l'environnement.
"L'agenda n'est pas là pour planifier des guerres comme celles que l'OTAN, dirigée par les États-Unis, a planifiées et continue de planifier", a-t-il souligné.
De même, il a dénoncé les campagnes médiatiques mondiales qui diffament les pays indépendants qui ne veulent pas être des esclaves (Source:PL).
source : https://tr.ee/D0MUabYHki
09/05/2023
« Les Premières nations font savoir qu’elles ne se voient pas comme des évacués des incendies de forêt, mais comme des réfugiés climatiques »
Les membres des communautés autochtones, premiers lanceurs d’alerte concernant la consommation de combustibles fossiles, deviennent aujourd’hui, sous l’effet du dérèglement climatique, des déplacés sans espoir de retour.
Jeudi 24 août 2023 / PAR : EMMA PALING�Source : The Breach�Traduction : Johan Wallengren
Patrick Michell a préparé et rempli sa caravane pour pouvoir prendre la fuite à n’importe quel moment de la semaine.
Si lui et sa famille doivent évacuer les lieux parce que leur propriété se retrouve à la portée des feux de forêt qui ravagent la Colombie-Britannique, ce sera la deuxième fois que cela arrive en trois ans.
« Voici où j’en suis aujourd’hui », a écrit Patrick à The Breach lundi, joignant une photo de sa caravane et de son véhicule utilitaire sous un ciel chargé de fumée.�
C’est depuis qu’un incendie de forêt aux proportions jamais vues a engouffré leur maison dans les flammes (en s’abattant sur toute la localité de Lytton, en Colombie-Britannique) que sa famille est devenue propriétaire de cette caravane, en 2021.�
C’est le jour où il a été victime de cet incendie que Patrick a réalisé qu’il n’était pas un simple évacué.
« J’étais un réfugié parce que je n’avais plus de logis que vers lequel retourner, déclare l’ancien chef de la bande Kanaka Bar de la nation Nlaka’pamux lors d’une entr***e. Je veux que les gens comprennent que ce sont deux concepts bien différents. »�
Rien n’a encore été reconstruit à Lytton. La maison dans laquelle vivaient Patrick et sa femme Tina, qui était munie d’un panneau solaire sur le toit et dont la cour était jonchée de jouets pour leurs petits-enfants, n’est plus qu’un souvenir.
Le jour où il s’est entretenu avec The Breach, Patrick a pu pointer des colonnes de fumée en provenance de feux de forêt s’élevant dans trois directions différentes.�
Des chercheurs ont établi que l’incendie et le dôme de chaleur de Lytton auraient été pratiquement inconcevables sans le changement climatique alimenté par les combustibles fossiles, qui a perturbé un courant-jet d’est en ouest et asséché les sols.
Aujourd’hui, dans l’ouest du Canada, les communautés autochtones – qui, avant tout le monde, ont signalé le danger de brûler des combustibles fossiles – comptent parmi les premières populations à être déplacées de façon permanente par le changement climatique ou pour lesquelles cela représente un risque certain. Les dirigeants comme Patrick sont également en première ligne sur le front de la recherche de solutions, telles que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’évolution des communautés vers un modèle plus résilient et la transition des Premières nations vers des sources d’énergie propres.�
« Nous n’en sommes plus à planifier pour nous prémunir contre d’éventuels événements météorologiques extrêmes, déplore-t-il. Nous sommes en train de vivre de tels événements. »
Pour accéder à l’article intégral de Presse-toi à gauche: https://tr.ee/ItL-Yuwke5
08/25/2023
L’éditorial intégral de Presse-toi à gauche!
On les nomme capitalistes de surveillance. Ils ont créé des empires en offrant gratuitement des plate-formes pour mieux nous voler des infos sur nos vies personnelles sans nous le demander, sans nous expliquer, pour ensuite les revendre aux compagnies publicitaires. Des milliers de nos données sont devenues des milliards de dollars en profit. Facebook et Twitter symbolisent le summum de l’arrogance capitaliste.
S’ajoute maintenant à cet arrogance le chantage éhonté.
En effet, la décision de Meta de bloquer tout contenu journalistique canadien sur Facebook et Instagram en réponse à l’adoption à la Chambre des communes de la Loi sur les nouvelles en ligne (loi 18), qui oblige les géants du web à conclure des ententes de rétribution avec les médias dont ils publient le contenu a fini par toucher Presse-toi à gauche. Les lecteurs et les lectrices de Presse-toi à gauche ne pourront plus consulter les articles de PTAG sur Facebook. Nous sommes nous aussi victimes de ce chantage capitaliste pour protéger leurs profits.
Non seulement nous ne pouvons pas faire de nouvelles publications sur Facebook, mais l’ensemble de ce que nous avions publié depuis des années déjà n’est plus disponible. C’est un vol organisé à la hauteur de toutes les données déjà colligées.
La politique de Meta motivée essentiellement pas la protection de ses profits, constitue une attaque contre la démocratie dans la diffusion de l’information. La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a reproché à Meta de refuser « de se plier à une loi canadienne légitime » et d’exercer un véritable chantage économique.
En entendant, nous invitons le lectorat de Presse-toi à gauche de nous lire directement sur le site, à s’abonner à notre infolettre dans laquelle nous rendons disponibles l’ensemble des liens des articles que nous publions chaque semaine sur notre site.
La durée de ce chantage de Meta est difficile à évaluer. De plus, rien dans la loi 18 n’est prévu pour protéger les petits médias et ces derniers sont laissés seuls face aux géants du web. Une collaboration entre ces médias pour assurer le maintien de la diffusion est une voie à explorer.
Nous envisageons aussi d’examiner des solutions alternatives à Facebook et nous vous ferons connaître rapidement la nature de nos démarches dès que nous aurons pris des décisions à cet égard.
Nous invitons tout notre lectorat à suivre attentivement ce dossier et à participer à toutes actions de protestations. Nous tenterons de faire un suivi de toute cette situation.
Merci de votre compréhension et surtout abonnez-vous à l’infolettre de Presse-toi à gauche pour soutenir toute notre démarche journalistique de gauche.
Solidarité
Rédaction Presse toi à gauche
Source: https://tr.ee/e-LisgQm7A
08/15/2023
Mobilisation : Quel effet immédiat eut le coup militaire du 11 septembre sur votre travail ?
CQC : Quand est arrivé le coup, il ne s’agissait pas d’un événement surprenant. Nous autres, on l’attendait quotidiennement, si on peut dire, mais on n’avait pas considéré comment on répondrait à l’événement. Ce qui fait qu’il a fallu réagir très vite. Il était très important à très court terme d’effectuer une mobilisation de masse la plus large possible. Ce n’était certainement pas le temps de s’asseoir pour pousser une analyse. Dans l’espace de quelques jours, après le coup, il y a eu des assemblées, des manifestations, des démarches auprès des gouvernements, etc.
Il est sûr que la mobilisation s’est limitée d’abord aux militants organisés, aux intellectuels progressistes et à la fraction progressiste de l’appareil syndical. Si on regarde ailleurs, on s’aperçoit que la solidarité avec le Chili, immédiatement après le coup, a été ici proportionnellement massive. Mais, fait important qu’il faut souligner, c’est que dès le départ, nous avons été conscients qu’il fallait mettre nos priorités sur les travailleurs de la base ce qui, structurellement parlant, signifiait pour nous les syndicats locaux, qu’on pouvait dans certains cas atteindre en passant par les appareils syndicaux (les instances régionales par exemple) et aussi les travailleurs et ménagères regroupés dans les organisations de quartier. Nous voulions accorder la priorité à la formation politique anti-impérialiste des couches combatives du peuple. Ainsi, avec les travailleurs de la base dans des assemblées syndicales locales (surtout des travailleurs des services, des enseignants et de quelques industries et dans les groupes de quartier), on a pu aborder des questions comme par exemple la démocratie, les limites de la démocratie bourgeoise que le peuple chilien avait affrontées pour arriver au résultat que l’on sait, l’armée et les multinationales, etc.
(…)
ENTREVUE AVEC LE COMITÉ QUÉBEC-CHILI – avril 1975 Dans cette entr***e réalisée le 21 février 1975, des membres de la r***e Mobilisation s’entretiennent avec les militant·e·s du Comité de solidarité Québec-Chili (CSQC), aussi connu sous le nom de C…
08/13/2023
Presse-toi à gauche (PTAG) republie des articles qui nous permettent de jeter un regard sur les politiques gouvernementales au Québec et au Canada des derniers mois (janvier-juin 2023) et sur les luttes de résistance menées par différents mouvements sociaux.
Cliquer sur ce lien web externe ci-après pour accéder à l’intégral de l’article de PTAG:
https://tr.ee/qajQp3fwLt
08/12/2023
Vous voulez comprendre notre engagement à soutenir les médias alternatifs e progressistes, cliquez sur ce lien : https://tr.ee/34m9odVt9-
Il vous mènera à un Vox-Pop média de masse produit sur le site du journal numérique L’Étoile du Nord.
VOX POP : MÉDIAS DE MASSE
«C’EST CELUI QUI A LE PLUS D’ARGENT QUI DIRIGE»
L’année 2023 a été marquée par des changements importants dans le paysage médiatique canadien : licenciements massifs de journalistes, fusions de médias menaçant d’accroître les monopoles d’entreprise dans les médias canadiens. C’est dans ce contexte que les journalistes de L’Étoile du Nord ont parcouru le pays pour interroger le public sur sa perception des médias dans la société canadienne.
Lorsqu’on leur a demandé d’où ils tiraient leurs informations, la majorité des gens ont répondu qu’ils obtenaient leurs informations en ligne – bien qu’un récent projet de loi pourrait changer la donne. En juin, le projet de loi C-18, ou loi sur l’information en ligne, a été adopté par la Chambre des communes. Les partisans du projet de loi affirment qu’il s’agit d’une tentative de réorienter les recettes publicitaires vers les médias canadiens et les journalistes. Meta (le conglomérat technologique à l’origine de Facebook et Instagram) et Google ont tous deux réagi en déclarant qu’ils bloqueraient tous les liens vers des articles de presse canadiens sur leurs plateformes respectives, remettant ainsi en question l’accès du public aux nouvelles canadiennes en ligne.
«Je me contente de suivre l'algorithme» - Voxpop du Media : https://www.youtube.com/watch?v=AlmqmYE00H0&feature=youtu.be
Interrogé sur le rôle que les médias devraient jouer, Simon, un pyschométricien de Montréal, a déclaré : « Ils [les médias] doivent cesser de traiter les choses au jour le jour et commencer à les examiner plus en profondeur ». Ce sentiment reflète la crise générale que traversent les salles de presse canadiennes, qui manquent de plus en plus de fonds et de personnel. En juin, Bell Media a licencié plus de 1 300 personnes et est en train de fermer ou de vendre neuf de ses stations de radio à travers le pays. Ces dernières réductions s’inscrivent dans une tendance générale de suppression des journaux locaux et des salles de rédaction, ce qui a entraîné une diminution de la couverture et des enquêtes sur les questions locales qui touchent les Canadiens au quotidien.
«Les gens meurent de façon alarmante et ils s'en fichent» - Voxpop du Media: https://www.youtube.com/watch?v=7zZxf_EmeWc&feature=youtu.be
Un travailleur communautaire anonyme a déclaré à L’Étoile du Nord : « Lorsqu’il s’agit de journaux, c’est celui qui a le plus d’argent qui dirige ». Cela a été confirmé lorsque, à la fin du mois de juin, le public a appris que Post Media, un conglomérat médiatique canadien détenu par un fonds spéculatif américain, et Torstar, la société à l’origine du Toronto Star, discutaient d’une éventuelle fusion entre les deux entreprises.
Cette fusion aurait représenté l’une des plus grandes fusions de médias de l’histoire du Canada et aurait concentré encore davantage le contrôle que deux sociétés exercent sur le paysage médiatique canadien. Ce n’était pas la première fois que Postmedia et Torstar se livraient à des pratiques monopolistiques. En 2017, les deux sociétés ont échangé 41 publications avec l’intention d’en éliminer immédiatement 35. Cela a mis fin à la concurrence dans de nombreuses régions et a entraîné le licenciement d’environ 300 personnes.
«Celui qui a le plus d'argent est celui qui dirige» - Voxpop du Media: https://www.youtube.com/watch?v=0ffkQ65lKls&feature=youtu.be
Soutenez le journalisme à contre-courant ← Pour aider l'Étoile du Nord à continuer à produire des articles du point de vue de la majorité et dans l'intérêt de la majorité, faites un don! Chaque contribution est précieuse: DONNER
08/12/2023
Afin de soutenir les médias alternatifs et progressistes qui sont une victime collatérale du « bras de fer » qui se déroule en ce moment entre les géants du web, Meta et Google, d’une part, et le gouvernement fédéral canadien, d’autre part, sur la question des enjeux de la Loi C-18, nous publierons dans cette Page Facebook tous les articles des médias alternatifs et progressistes que nous estimerons important de diffuser dans les intérêts de la lutte de classes à mener par le prolétariat contre la bourgeoisie canadienne.
- Les matérialistes
********************************************
Cliquez sur ce lien externe qui suit pour accéder à l’article du Journal de L’Étoile du Nord. https://tr.ee/taj_HZ8ChD :
GRÈVE DES LIQUOR MART AU MANITOBA : DES LOCK OUTS, DES SCABS ET UNE GRÈVE PROVINCIALE
« Depuis le 19 juillet, le centre de distribution de Manitoba Liquor and Lotteries (MBLL) à Winnipeg est en grève totale. Les travailleurs du commerce de détail de toute la province se sont toutefois joints au débrayage une fois de plus entre le 26 et le 30 juillet pour protester contre ce que les travailleurs appellent » l’offre la plus insultante » et » une gifle au visage » d’une augmentation salariale de 2 % par an pendant quatre ans.
Pendant les cinq jours de débrayage, le 28 juillet, MBLL a embauché des travailleurs de remplacement (également connus sous le nom de briseurs de grève) pour le centre de distribution et les chauffeurs-livreurs qui, selon les travailleurs de MBLL, sont payés 6 $ de plus que les travailleurs en grève pour de meilleurs salaires. Certains magasins sont restés ouverts dans la province, gérés par des managers, notamment 6 magasins à Winnipeg.
À la fin des cinq jours de grève, le 30 juillet, le Manitoba Governement and General Employees Union (MGEU) a demandé aux travailleurs de Liquor Mart de reprendre le travail avec des tâches très limitées. Cependant, MBLL a mis en lock-out les employés des 6 magasins qui étaient ouverts (dirigés par des managers) à Winnipeg et 1 à Brandon pendant le débrayage – pour une journée.
Chaque jour depuis le lock-out initial des 7 magasins, MBLL a commencé à mettre lentement en lock-out de plus en plus de travailleurs à travers la province, les privant de travail. En date du mardi 8 août, 22 magasins à Winnipeg et 12 magasins en milieu rural sont en lock-out, ce qui porte à 36 le nombre de magasins en lock-out sur les 63 que compte la province. »
(…)
08/11/2023
09 août 2023
Léa Beaulieu-Kratchanov
« Les jeunes, les locataires les moins bien logé·es »
Plus d’un quart des jeunes québécois·es vivent dans un logement non acceptable, selon les statistiques gouvernementales
Selon des données de l’Institut national de la statistique du Québec, plus d’un jeune sur quatre vivait dans un logement inabordable ou de taille et de qualité non convenables, en 2021. La situation serait particulièrement difficile pour les étudiant·es, qui gagnent souvent peu d’argent et doivent résider dans les centres urbains.
Selon des données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), 27 % des jeunes âgé·es entre 15 et 29 ans, soit environ 370 000 personnes, vivaient dans un logement non acceptable en 2021. Un logement est considéré comme étant non acceptable si le loyer n’est pas abordable, s’il est d’une taille trop petite ou s’il est de piètre qualité.
La situation serait particulièrement difficile pour les jeunes âgé·es entre 20 et 24 ans, qui étaient proportionnellement plus nombreux·ses à résider dans un logement non acceptable avec un taux s’élevant jusqu’à 30 %.
En comparaison, dans la population en général, la proportion de personnes vivant dans de tels logements est de 22 %. Chez les 30 ans et plus, elle est d’environ 21 %.
En pleine crise du logement, ces données ne surprennent pas Élise Tanguay, directrice des affaires publiques de l’UTILE, un organisme à but non lucratif qui développe le logement étudiant abordable partout au Québec.
Les données de l’ISQ concordent aussi avec les études menées par l’organisme au cours des dernières années, qui avaient démontré de fortes hausses des loyers étudiants dans les centres urbains du Québec.
Si les statistiques récemment diffusées par l’ISQ remontent déjà à 2021, elles demeurent représentatives de la situation actuelle, affirme Élise Tanguay.
« La situation ne s’améliore pas du tout en ce moment. »
- Facteur étudiant
« La question des locataires étudiants, c’est un angle mort des politiques et des données publiques en habitation », explique Élise Tanguay.
Ces données sur les jeunes en général permettent d’avoir un meilleur portrait, pense-t-elle, mais elle rappelle que ce sont plus précisément les étudiant·es qui sont les plus touché·es.
« On parle de personnes qui ont une occupation à temps plein, les études [et donc] qui sont peut-être plus limitées au niveau de leurs revenus accessibles. »
- Élise Tanguay
Par exemple, en 2021, « nous, on parlait de 41 % des étudiants qui vivent dans des appartements qui nécessitent des réparations mineures ou majeures. C’est assez important », illustre Élise Tanguay.
La situation de logement difficile des étudiant·es est notamment due à leur précarité accrue. Ils et elles se déplacent souvent vers les centres urbains où les loyers sont plus élevés et tendent à demeurer moins longtemps que les autres ménages dans un même logement, profitant donc comparativement moins du contrôle des loyers.
« On parle de personnes qui ont une occupation à temps plein, les études [et donc] qui sont peut-être plus limitées au niveau de leurs revenus accessibles », souligne-t-elle. Selon l’UTILE, 62 % des étudiant·es touchaient moins de 20 000 $ annuellement en 2021, incluant les prêts et les bourses d’études.
« C’est certain qu’avec ce revenu-là, on ne peut pas se payer un appartement au centre-ville dans un super état », estime Élise Tanguay.
Source: Sur le site web du média québécois indépendant Pivot Québec
08/11/2023
ENQUÊTE
10 août 2023
Sam Harper
« Airbnb, locations à court terme et crise du logement »
« Les Îles sont vendues aux touristes » : comment les chalets mettent les Madelinots à la rue
L’achat de maisons pour les relouer à court terme ou pour en faire des chalets accentue la crise du logement aux Îles-de-la-Madeleine.
logement
Depuis 2021, 59 % des immeubles achetés aux Îles-de-la-Madeleine sont des résidences secondaires et le quart des maisons achetées l’ont été par des gens vivant à l’extérieur de l’archipel. Ces données, analysées par Pivot, jettent un éclairage sur un fait déjà bien connu des Madelinots locataires : la villégiature et la location à court terme — parfois illégale — transforment graduellement les Îles en un resort pour les touristes. La réglementation pour juguler le problème existe, mais la question de son application demeure ouverte.
« Le monde [de l’extérieur] loue aux touristes, l’été », explique Jeanne Lebel, une résidente des Îles-de-la-Madeleine. Les gens du continent qui possèdent des demeures sur l’archipel « se gardent une semaine ou deux, l’été, et après ça [en hiver], ils veulent louer aux Madelinots […] à des prix [élevés] qu’on n’est pas habitué à payer ».
Elle raconte que depuis longtemps, les Madelinots ont eux et elles-mêmes l’habitude de louer leur propre maison aux touristes, l’été. Ils passent la belle saison dans une roulotte et réintègrent leur domicile à l’automne.
Le problème est que cette pratique se fait de plus en plus avec des maisons secondaires, qui sont louées à des habitant·es des Îles durant l’année… et à des voyageur·euses durant la saison touristique. Au lieu des propriétaires, ce sont donc les locataires qui sont mis·es à la rue l’été venu.
Des familles et des enfants dehors
Des logements à louer, il y en a pour les mois d’hiver, mais « au mois de mai, organisez-vous ! » se désole Mme Lebel.
Elle dit voir « des familles complètes, avec des enfants, dehors ».
Depuis quelques années, la crise du logement s’accentue aux Îles et les évictions estivales sont un fait bien connu.
Trouver un logement à l’année est difficile et il n’est pas rare de voir les propriétaires préférer louer leur maison à la semaine et au gros prix aux touristes, l’été. Les locataires n’ont pas d’autres choix que d’accepter de signer des baux pour huit mois, de septembre ou octobre à mai, ne sachant pas s’ils ou elles pourront réintégrer le logement l’automne suivant.
« Ce n’est pas vraiment intéressant de trouver de quoi à l’automne et d’être obligé de ressortir au printemps », explique Jeanne Lebel. « P*s ton stock, tu le mets où? C’est un non-sens. Pour moi, les Îles sont vendues aux touristes. »
L’an dernier, un service d’aide à la recherche de logement (SARL) a été mis sur pied. L’année précédente, un centre d’hébergement d’urgence avait dû être mis en place dans un ancien aréna.
« Ce n’est pas vraiment intéressant de trouver de quoi à l’automne et d’être obligé de ressortir au printemps. P*s ton stock, tu le mets où? C’est un non-sens. Pour moi, les Îles sont vendues aux touristes. »
- Jeanne Lebel, résidente des Îles-de-la-Madeleine
Le tourisme est le deuxième moteur économique de la région, après la pêche commerciale, explique en entr***e téléphonique Antonin Valiquette, maire de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine. Le modèle qui a été développé, où les visiteur·euses sont hébergé·es en grande partie dans les maisons des propriétaires locaux, « fait en sorte que les retombées économiques du tourisme sont largement réparties à travers la population », ajoute-t-il.
Mais « depuis la pandémie, avec la surenchère immobilière, on s’aperçoit que l’offre de maisons à vendre ou à louer à l’année, elle ne suffit pas à la demande », dit le maire. Il ajoute que « la municipalité travaille sur des projets pour ajouter du logement locatif, qui a été très peu développé au cours des dernières décennies ».
Des annonces bien particulières
Les plateformes comme Airbnb sont utilisées aux Îles-de-la-Madeleine, mais une grande partie de l’offre de logements et de chalets passe par le réseau social Facebook.
Pivot a pu consulter de nombreuses offres d’hébergement à la semaine dans divers groupes privés, dont plusieurs n’affichent pas de numéro de permis de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ), ce qui est illégal.
On retrouve également dans ces groupes privés sur Facebook des annonces pour des logements disponibles seulement l’hiver. Comme celui d’un couple montréalais possédant au moins trois résidences aux Îles, qui propose des locations « à la semaine durant l’été. Au mois durant l’hiver ».
Ce ne sont pas les seuls à chercher des locataires seulement pour les mois d’hiver.
Les maisons deviennent des chalets
Les données montrent en effet que les Îles-de-la-Madeleine appartiennent de moins en moins aux Madelinots.
Pivot a consulté les données des ventes immobilières résidentielles entre le 1er janvier 2021 et la fin juin 2023. Nous avons recensé 455 transactions.
À l’aide du rôle d’évaluation municipale, il est possible de savoir si le ou la propriétaire indique que la propriété achetée est sa résidence principale ou non. Pivot a également comptabilisé le nombre de propriétaires dont la résidence principale est située à l’extérieur de l’archipel.
Durant la période observée, c’est seulement dans 41,3 % des immeubles achetés qu’on trouve un·e propriétaire vivant sur les lieux. Plus de la moitié de ces résidences sont donc secondaires.
De plus, durant cette même période, 25,5 % des nouveaux·elles propriétaires ont une adresse principale à l’extérieur de l’archipel.
Pour les six premiers mois de 2023, la situation est encore plus marquée : sur les 56 transactions répertoriées, ce ne sont que 13 des nouveaux propriétaires (23 %) qui indiquent cette adresse comme résidence principale.
Fait préoccupant, sur les 116 immeubles achetés par des personnes résidant à l’extérieur des Îles, 87 %, indiquent pourtant « logement » comme utilisation principale au rôle d’évaluation municipal. Seulement 5 % portent la mention « chalet ou maison de villégiature » et 7 % celle de « résidence de tourisme ». On parle donc de maisons où on habitait à l’année qui sont transformées en chalets destinés aux vacances. Ces chiffres mettent en lumière la transformation de l’usage des logements aux Îles-de-la-Madeleine.
Pivot a également comparé les adresses des maisons achetées avec la carte du zonage des Îles-de-la-Madeleine. On constate que très peu d’entre elles se situent dans les endroits zonés pour la villégiature. En effet, une modification du règlement d’urbanisme adoptée en mars 2022 ne permet les nouvelles résidences de tourisme (soit les résidences secondaires louées aux touristes) que dans ces zones.
Cela veut dire que dans la plupart des cas, ces nouveaux propriétaires ne peuvent pas légalement louer leur maison à court terme en saison touristique.
« Je n’ai rien contre le tourisme », affirme Jeanne Lebel. « Je travaille pour des gens qui louent une maison. Ils le font de manière respectueuse. Ils ont acheté une maison qui était déjà une résidence de tourisme. Ils paient déclarés ».
Elle s’inquiète par contre que l’explosion du coût des maisons et la crise du logement forcent de plus en plus de Madelinots à quitter l’archipel.
Qui vérifie les irrégularités ?
Le maire Antonin Valiquette explique qu’en vertu de la réglementation provinciale, pour opérer une résidence de tourisme, les propriétaires doivent obtenir un numéro de permis de la CITQ. Avant de l’octroyer, cet organisme appelle la municipalité et s’il s’agit d’une résidence secondaire à l’extérieur d’une zone de villégiature, le permis sera refusé.
« Après ça, si vous louez quand même, vous vous exposez à des risques », dit le maire. « C’est revenu Québec qui peut vous attraper là-dessus. »
Le notable ajoute que « le règlement est appliqué dans la mesure où je bloque le permis pour les demandes qui ne sont pas conformes à la réglementation municipale ».
Par contre, lorsque cette intervention de la municipalité ne suffit pas et que des gens contournent la loi, il juge que « c’est au gouvernement [provincial] de faire appliquer une loi [provinciale] ». Il voit mal la municipalité se mettre à dénoncer ses citoyen·nes.
« On est allé aussi loin qu’on pouvait aller. »
Le maire Antonin Valiquette
S’il y a une plainte de la part d’un·e citoyen·ne, la municipalité peut vérifier, mais le maire rapporte ne pas avoir « les effectifs, les inspecteurs municipaux, à envoyer à gauche à droite sur les Îles-de-la-Madeleine pour vérifier si une maison est louée ou pas et si elle l’est dans les normes de la loi [provinciale] ».
Les plaintes sont donc transmises à Revenu Québec, « pour qu’ils fassent leur propre vérification », ajoute-t-il. Pour l’année 2022-2023, Revenu Québec a effectué sept inspections aux Îles-de-la-Madeleine. Selon les chiffres obtenus par Pivot, deux constats d’infractions auraient été signifiés.
Mylène Gagnon, porte-parole pour Revenu Québec, explique qu’à la suite d’un constat d’infraction, le processus judiciaire suit son cours et peut mener à une condamnation. Pour l’année 2022-2023, il y a eu six condamnations et Revenu Québec à imposé un total de 23 750 $ en amendes en vertu de la Loi sur l’hébergement touristique.
Le maire Valiquette considère que le nouveau règlement a un effet dissuasif, mais qu’il « faudra voir avec l’usage ».
En ce qui concerne les maisons transformées en résidences secondaires, Antonin Valiquette explique qu’il ne peut pas s’immiscer dans les ventes. « La municipalité n’a pas le pouvoir de dicter aux propriétaires qui achète quoi. Si un vendeur trouve un acheteur, la municipalité ne peut pas lui dire qu’il ne peut pas vendre. »
Avec la réglementation, « on est allé aussi loin qu’on pouvait aller », dit-il. « Si l’application doit être révisée, on devra discuter avec Revenu Québec pour une application plus rigoureuse de leur propre loi. »
Source: Sur le site web de Pivot Québec
Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.
Adresse
Montreal, QC