Wild Bird - RPG
𝐖𝐢𝐥𝐝 𝐁𝐢𝐫𝐝, 𝐑𝐏𝐆 𝐇𝐢𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐞́ 𝐚𝐮𝐱 𝐄𝐭𝐚𝐭-𝐔𝐧𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝟏𝟖𝟖𝟑
05/31/2025
Lily James dans "Pride and Prejudice and Zombies" ou "The Pursuit of Love" ou "Guerre et Paix"
05/31/2025
05/26/2025
— Prénom(s) & Nom de naissance : Samuel Marsden
— Nom d'usage / surnom : Sam Vaughn
— Age & Date de naissance : 33 ans, né en 1850
— Lieu de naissance : Nouvelle-Orléans
— Profession / activité : Tailleur-couturier et recéleur
— Situation maritale : Célibataire
— Camp : Séraphins
— Avatar : Jacob Anderson
— Biographie :
Le père Marsden ne s'arrêtait jamais trop longtemps au même endroit. Il ne s'était jamais fait à la terre ferme, toujours entre deux ports, deux bouteilles et deux femmes. "La malédiction du marin", qu'il disait. Mais c'est une femme de la Nouvelle-Orléans qui tomba enceinte la première, une esclave fine de ses doigts, qui reprenait les habits de ceux qui ne pouvaient se permettre d'acheter de nouveaux vêtements avec la patience d'une sainte, du moins lorsqu'elle n'était pas traitée comme du bétail. C'est là qu'est né le petit Samuel.
Sam a grandi avec des livres offerts ou volés, toujours dissimulés, avec les autres enfants de son âge qui finiront par le délaisser parce que sa peau est plus claire que la leur et parce que le père Marsden a la peau blanche, on le traitera différemment de sa mère. Ces années, il ne s'en souviens que vaguement, parce qu'elles passeront vite pour lui. En 1862, le petit Sam voit commencer la douzième année de son existence et soudainement tout change. Il est "libre".
La vie n'est plus la même, il n'a plus à se cacher pour lire et sa mère gagne de l'argent en tant que couturière pour tous ceux qui se retrouvent à passer d'esclaves à main d'oeuvre mal payée. Puis le père Marsden fait son grand retour et trouve son fils qui ne le reconnait pas. "J'vais faire d'toi un homme", qu'il dit. Et Sam est embarqué sur un bateau avec son paternel.
En mer, c'est un nouveau monde qui s'offre à lui, un monde qui n'a rien de merveilleux. En mer, Sam apprend à faire des nœuds, il apprend vite et fait bien le travail qu'on lui demande. En mer, la météo est reine et c'est difficile de s'habituer à la réalité que finir au fond de la mer peut arriver n'importe quand. En mer, il y a des choses dont les marins ne parlent que lorsqu'ils sont trop vieux et trop imbibés d'alcool pour garder leurs démons au large. En mer, Sam est témoin de choses qu'il n'aurait jamais cru possible et à chaque arrêt dans un port, il voit des marins boire jusqu'à en perdre la raison et se perdre dans les jupons de filles de joie ou s'endormir sous les effets de l'o***m. En mer, il comprend que l'Homme n'est rien.
Quand il revient sur la terre ferme, le regard fatigué, les mains calleuses, son père lui lance un "T'es un homme maintenant, tu vas t'en sortir" avant de disparaître de sa vie pour toujours. Sam retrouve sa couturière de mère qu'il aide un temps, mais le jeune homme qu'est devenu Sam a ramené avec lui l'esprit embrumé de l'océan. Et le besoin irréversible de se perdre dans l'o***m.
Lorsque sa mère décède, Sam a vingt ans. Malgré sa mort, les gens continuent d'apporter leurs vêtements alors, pour l'honorer, Sam abandonne le nom de son géniteur, adopte le sien et reprend son métier. Avec l'aide d'autres filles, des amies de sa mère et des amies du quartier, Sam Vaughn devient couturier, mais le soir, lorsque son esprit est calmé par un peu d'o***m, il a des idées, des envies, de l'inspiration et il dessine des vêtements tout entiers. De la robe modeste au costume de bal. Sam commence à créer, mais rester à la Nouvelle-Orléans où on n'attend de lui que de repriser ne lui suffit pas. Avec le peu d'argent qu'il a et avec l'aide d'une amie devenue petite amie puis amie à nouveau, Sam quitte la ville qui l'a vu naître pour Bâton Rouge.
Dans cette nouvelle ville, se procurer de l'o***m et ouvrir boutique est presque impossible. Il voit le peu d'argent qu'il a s'envoler, jusqu'à ce qu'il ne rencontre un membre des Séraphins, ceux-là même qui pourraient le fournir en o***m. À condition qu'il les pait... ou leur rende service. Les compétences de Sam en couture et ses rêves de créations lui permettent d'entrer dans le gang. Il est payé, il peut enfin ouvrir sa boutique et créer de magnifiques ensembles à conditions que sa boutique servent à stocker et déplacer de l'o***m discrètement. Sam Vaughn devient connu chez les Séraphins pour la qualité de ses costumes et pour les poches cachées qu'il y ajoute, de parfaites cachettes pour déplacer de petites doses d'o***ms à vendre directement aux clients.
Sam est doué pour dissimuler des choses, de la drogue, son addiction, les cauchemars et l'anxiété qui le hantent lorsqu'il est sobre, sa première fois avec le fils d'une amie de sa mère, le fait que les Marcello lui ont proposé un meilleur deal que les Séraphins... Mais les secrets, Sam sait les garder pour lui même s'il a l'impression que ça le bouffe de l'intérieur un peu plus chaque jour et que sans son véritable amour, doux o***m, tous ses secrets se déverseraient dans la rue à la vue de tous.
05/20/2025
Kodi Smit-McPhee dans "The Power of the Dog"
05/15/2025
— Prénom(s) & Nom de naissance : Rían Byrd
— Nom d'usage / Surnom : Saighead
— Age & Date de naissance : 29 ans, né en 1854
— Lieu de naissance : Cork, Irlande
— Profession / activité : Bandit, ancien marin ayant été chasseur de prime
— Situation maritale : Célibataire
— Camp : Hors-la-loi sans clans, duo de bandits connus comme les Frères Byrd
— Avatar : Barry Keoghan
— Biographie :
𝐏𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 : Le personnage de Rían Byrd est un personnage important pour ses liens, rien n'est modifiable mais pleins de choses sont libres au choix tel que sa personnalité aujourd'hui, son attirance sexuelle, son passé amoureux... En choisissant ce personnage, tu t'engages à respecter son histoire, ses relations, sa personnalité et ses liens.
TW : Violences, mort
"Connaissez-vous l'histoire on ne peut plus irlandaise du saumon du savoir? C'est un conte qui explique pourquoi l'homme ordinaire, le banal, celui des champs, des montagnes… Est plus intelligent que celui qui bien né, étudie et passe sa vie les yeux collé au papier. En règle général, vous autres américains n'êtes pas très enclin à écouter les histoires du vieux monde. Vous n'êtes d'ailleurs enclin à ne rien écouter du tout. Mais je vous invite à vous asseoir et m'offrir ne serait-ce qu'une minute de votre temps. C'est l'histoire d'un saumon qui nageant dans le fleuve Boyne, possédait dans sa chair et ses écailles, toute la sagesse et les connaissances du monde. Convoités par tous, les hommes ont commencé à pêcher encore et encore à la recherche de ce foutu poisson. Jusqu'à-ce qu'un jour, un homme bien brave et surtout bourgeois du nom de Finegas, qui à l'aide de tout un bazar composé de filets, d'hameçons et de harpons, avait passé sept longues années de sa vie à la recherche de cette fameuse poiscaille. Par chance, Finegas finit par attraper le saumon ! Mais dégoûté par les écailles poisseuses et l'odeur de ce dernier, Finegas jeta l'animal dans les bras de Finn Mac, du plus miteux de ses larbins et lui ordonna : "Cuisine moi ce pu**in de poisson. Mais surtout, servant, je t'interdis d'avaler un seul morceau de ce saumon ni même d'y goûter. Sa chair est la mienne, son savoir est à moi. Le premier homme qui savourera ce saumon, acquerra toute la sagesse et le savoir du monde". Alors, le serviteur cuisina le poisson à la perfection et pour vérifier sa cuisson, pressa son pousse contre la chair de ce dernier. Seulement en se faisant, Finn Mac brûla son pouce et eu le réflexe de le sucer pour adoucir sa blessure…. Sauf que le gras du poisson passant de son pouce à sa langue. Ainsi, toute la sagesse et le savoir du monde, est allé au premier homme qui l'aura goûter : Le larbin miteux. Voilà pourquoi, encore aujourd'hui, les bébés sucent leurs pouces et les pauvres savent tout."
Dans les tavernes et saloons du grand ouest, ces histoires racontées deux irlandais bien bavards se répandent de bouche à oreille et d'oreilles à bouche… Jusqu'à-ce que tout le pays se mette à connaitre ces petits contes aux odeurs de mer et sonorités celtes. L'homme qui vient de vous raconter ce qui pourrait s'apparenter à un mythe pour certains, mais qui pour les irlandais, n'est rien d'autre que la stricte vérité, est un oiseau. Ne me regardez pas comme ça… Ce n'est pas un moineau ni une mésange. C'est simplement l'un des deux oisillons qui formeront l'un des duos de bandits les plus craints des Etats-Unis, les Frères Byrd. Aujourd'hui charmant et fringuant jeune homme maitrisant l'art de la visée mieux que personne au pays, Rían Byrd n'était hier qu'un fils de fermier du vieux monde parmi tant d'autres. Dernier né d'une famille amputée par la Grande Famine Irlandaise, le petit brun grandit dans les plaines du sud de l'Irlande, aux côtés de sa mère Orla et de Seanán, son frère aîné - qui n'est autre que l'homme qui lui avait apprit toutes ces histoires qu'il ne faisait que répéter pour mieux se faire applaudir par son auditoire américain.
Mais vous devez savoir que Rían ne fut pas toujours béni par cette légendaire confiance. Grandissant dans la misère et la faim, le cœur du petit oisillon s'était vu gorgé de frustrations. Le simple fait d'être le seule enfant dans le coin l'avait écrasé d'une effroyable solitude. Ne vous méprenez pas, s'ils n'avaient pas été frères, il est certain que Seanán - plus souvent surnommé Birdie - et Rían se seraient tout de même retrouvés inséparables d'amitié. Mais bien occupé par des tâches qui n'auraient jamais dû tomber sur les épaules d'un gamin, durant ses premières années de vie, le petit garçon tente tout et n'importe quoi pour attirer son attention. Ainsi, à l'âge de seulement quatre ans, on retrouve moult petites cicatrices sur le corps du "plus maladroit des enfants", comme sa mère aimait à l'appeler… Mais c'était un bien léger tribut à payer quand on savait qu'il avait réussi à devenir un véritable modèle réduit de son aîné. "Quand je serai grand, je serais toi", n'avait-il de cesse de lui dire avec une douce naïveté qu'on ne retrouve que chez les petits. Et sa vie aurait pu ne se résumer qu'à ça, aux fleurs sauvages et champs, à sa mère et à son frère… Si le destin n'en avait pas décidé autrement. Malade, Orla agonise durant des jours avant de s'endormir pour ne jamais plus se réveiller, son cadet enveloppé dans ses bras, au tout début de l'hiver 1859. Encore tout petit, l'oisillon ne comprendra pas tout de suite que sa maman ne dort pas.
« Elle dort beaucoup maman.
- Je t'ai déjà dis qu'elle dormait pas.
- Si elle dort pas… Elle fait quoi?
- Elle n'est plus là.
- Elle rêve?
- Je sais pas, Rían. »
Agé de douze ans, son frère aîné doit prendre les choses en charge. A contre cœur, il lui annonce une vérité crue : "Maman est morte. Ça veut dire que ses mots et sa voix sont maintenant avec papa. Elle ne reviendra pas… Et tu sais ce qu'on fait aux enfants qui comme toi et moi, non plus de maman ni de papa? On les enferme, on est sépare et on les frappe. Alors, on va devoir mentir". En pleine nuit, sous le regard perplexe de son petit frère, Birdie traine et enterre leur mère dans le jardin. Dès le lendemain, les deux garçons doivent mentir aux voisins, qui inquiets de n'avoir plus vu leur mère depuis des jours, leur avaient posés moult questions. "Elle est malade", "elle s'est fait mal", "elle doit garder le lit", répondait l'aîné avec une habilité surprenante pour le mensonge, face aux yeux admiratifs de son cadet. Alors même qu'il ne comprenait pas bien la mort, il se savait incapable de mentir. "Maman à toujours dit que c'était pas beau de mentir", n'aura-t-il de cesse de lui dire lorsque le soir venu, ils dineront à deux dans la maison qui aujourd'hui n'était qu'à eux. Ensemble, ils entretiennent la maison ainsi que son petit lopin de terre, tondent les moutons, cultivent et ramasse les patates et de temps à autre, vont même les vendre au marché du coin. A cette occasion, le petit brun aura par mille fois pu entrainer sa langue à l'art du mensonge… Bavard, joueur et plus sociable que n'importe quel gamin, il sait se faire remarquer et c'est de cette manière que son aîné peut faire les poches de son "auditoire", afin que quelques pièces volées ne les empêche de mourir de faim. Cette petite mascarade consistant à se cacher des yeux des grands aussi longtemps qu'ils le pouvaient avait duré un peu plus de deux ans, avant qu'une fouine nommé voisin, ne leur coupe l'herbe sous le pied. Armés de tournevis et de pierres, les deux frères luttent contre les autorités britanniques qui venus en pleine nuit, tentent de les attraper pour les confier à la Société des Orphelins Protestants de Cork. Plus petits et surtout plus rapides, les deux frères nus pieds, parviennent à échapper aux mains des rosbifs et se réfugient sur les côtes de Cork Harbour. Tantôt sur les taules et toits des marchants, tantôt sur le planché des navires, les deux frères dorment à la belle étoile le temps du trouver du travail sur le port. Mais du travail, ici il n'y en a pas pour les enfants…
« C'est pas grave mon frère. On peut toujours attraper des poissons et ça, c'est gratuit. »
Dans un premier temps et sans trop de mal, ils parviennent à amasser quelques pièces tombées des bourses des marins pour rester coincés entre les pavés, mais aussi les "souhaits" argentés au fond des fontaines, des bénitiers et des paniers de la quête des églises et des chapelles… Jusqu'à-ce que Birdie ne réussisse à convaincre un vieux marchant de les engager pour vider les poissons et rapiécer ses vieux filets. Seulement, les affaires ne rapportent pas assez, ce qui les pousse à mettre en place quelques stratagèmes pour escroquer les passants et la rapine qu'ils font subir aux voyageurs. A cette occasion, ils apprennent à perfectionner leur anglais, eux qui n'avait jamais connu cette langue ailleurs que dans la bouche de leur mère. Avec le temps, Seanán apprend même à se faire respecter parmi les autres vagabonds de Cork Harbour et se retrouve rapidement à la tête d'une bande d'enfants perdus… Sa majesté des mouches, en somme, avec un peu d'avance. A l'exception faite des hivers aussi rudes que venteux, ces années là font partie des plus belles qu'il lui ai été donné de vivre. Si seulement était encore là pour les voir. En 1863, le blondinet à seize ans et le brun presque dix, quand les autorités commencent à remarquer des vols aux quatre coins du port. L'âge faisant finalement de lui un homme aux yeux des autres, Birdie prend la décision de prendre la mer. "On ne trouvera jamais rien de bon ici", dit-il a son frère, réticent : "Les anglais vont nous pourrir jusqu'à-ce qu'on disparaisse et je veux pas être là quand ça arrivera". Mais là où Birdie va, Rían va aussi et en mentant sur leurs âges, ils parviennent à se faire engager comme marins pour la traversée. La veille de leur départ du navire nommé Manhattan, main dans la main, les frères Byrd se tiennent au dessus des fleurs sauvages qui avait depuis poussées en guise de pierre tombale au dessus du corps de leur mère. "On reviendra un jour, máthair", souffle Birdie tandis que son frère dépose deux pièces aux pieds des fleurs de trèfles et bruyères : "Les oiseaux reviennent toujours au printemps".
C'est en cela que Rían admirait son frère. Si lui avait savait toujours quoi dire pour arracher un rire à qui que ce soit… Birdie lui, avait le sens de la poésie. L'un comme l'autre ne se remplace et ne s'apprend pas. Ainsi, les Frères Oiseaux quittent leur Irlande natale pour traverser l'Atlantique à bord du "Manhattan".
Leur traversée de l'Atlantique dure un peu plus de deux mois dans des conditions météorologues quasi parfaite. Il n'y a que les tensions grandissante entre les hommes et les maladies, qui manquent de les tuer. Eux qui n'avaient jamais quitté Cork, découvrent un autre monde à l'horizon depuis le Manhattan… La hauteur des immeubles leur donne un vertige quel l'excitation se nourrit. Mais en débarquant, c'est la do**he froide. En effet, les nouveaux arrivant doivent subir une inspection des plus longues et invasives au Fort Clinton… Hommes comme femmes sont fouillés et mis à nus. A quel dessein? Pour chercher d'éventuelles maladies. Sans difficultés, Seanán passe la visite médicale mais en ce qui concerne Rían… C'est plus compliqué. De ce que les deux frères avaient pu entendre à leur arrivée, les personnes présentant des signes de maladies étaient enfermées le temps d'être renvoyées chez elles. Ayant tous deux été malades durant la traversée, ils n'avaient pas pensée qu'une pauvre grippe les sépareraient. Forcé de subir la suite de l'inspection pendant des heures, Birdie n'a de cesse d'appeler après son petit frère. Une série de vingt neuf questions portant entre autres sur leurs noms, leurs métiers et la quantité d'argent qu'ils avaient sur eux, lui sont posées avant qu'il ne soit finalement relâché aux bras du pays de la liberté… Sans son cadet. Manquant de se faire arrêter pour désordre à l'ordre publique, on lui apprend finalement que son petit frère ne sera pas renvoyé au pays, mais qu'il va devoir rester au fort le temps d'y être soigné. Soulagé par cette nouvelle, mais véritablement seul pour la toute première fois de sa vie, Seanán ère dans les rues de New York durant des semaines avant de retrouver son "modèle réduit", comme il aimait à l'appeler.
A son retour, Rían découvre son frère docker et malgré le fait qu'ils vont encore devoir vivre à la belle étoile durant quelques temps… L'avenir s'annonce plus doux à ses yeux d'enfant âgé de neuf ans. En vérité, les Etats-Unis déçoivent l'aîné. L'esclavage ayant été abolit cette même année, la "terre de promesses et de liberté" n'est qu'un mirage mis en place par le gouvernement pour amener des travailleurs "gratuitement" sur le nouveau continent. Ici, le migrant est condamné à ne pas s'élever. Parqué à Five Points, le quartier - si ce n'est bidonville, le plus pauvre de Manhattan, les frères Byrd n'y font pas exception. Après avoir travaillé toute sa vie, Birdie avait beau être ambitieux… Plus de galère et de misère ne lui faisait pas envie. Lui, rêvait de réussite, d'argent facile et d'oisiveté. Charmant beau parleur aux yeux bleu, il s'intègre rapidement malgré son "terrible" accent. Ainsi, après avoir été débardeur durant un peu plus d'une année, il se rapproche des délinquants du coin. Immigrés et fils d'immigrés, principalement Italiens, Irlandais et juifs ashkénazes, forment des bandes qu'on appelle ici des "gangs". Leur but? Vivre le rêve américain en grapillant tout ce qui dépasse. Des opportunistes en somme, des criminels. C'est au sein de ce sentiment de totale impunité que Rían grandit… Et si pour Birdie tout cela n'est qu'un moyen bien facile de s'élever, son petit frère quant à lui, s'y plait. A treize ans, le petit brun est déjà tatoué, sait manier le couteau comme personne et rêve de posséder une arme à feu. Petites frappes de Five Points, les frères Byrd se font un nom en chantant des balades irlandaises et des chants rebelles, avant de se jeter sur leurs victimes pour les racketter. A la fois libres et coincés dans les carcans du banditisme et de la pauvreté, ils s'épanouissent à l'instar de véritables mauvaises herbes poussant entre les pavés de la ville. Jusqu'à-ce qu'un soir, au pub, Birdie n'entende parler de la conquête de l'Ouest et sa fièvre de l'or : "On dit qu'il y a des pépites grosses comme mon poing chez les indiens, tu te rends compte!", lui dira un habitué dans un gaélique un peu bancal. Bien qu'il avait appris a ses dépends à ne pas croire tout et n'importe quoi, l'envie d'explorer des terres potentielles inconnues de l'homme lui faisait envie. Avant même d'en parler à son frère, il claque son argent dans un cheval robuste et lui annonce ses plans le soir même… Une idée qui ne plait pas du tout au jeune garçon.
« Pourquoi tu veux partir? On a tout ce qu'on veut ici.
- Tout? On vit dans la crasse Rían. Notre argent, on peut même pas le dépenser pour avoir un endroit moins pourrit qu'ici. On sera jamais riche en continuant ce qu'on fait.
- On est déjà riche.
- Non, c'est de la petite monnaie. Je compte pas voler toute ma vie.
- Peut-être bien que moi, oui.
- Alors je partirai sans toi. »
La colère avait poussé le jeune garçon à quitter leur semblant d'appartement ce soir là. Comment avait-il osé ne serait-ce que penser à l'abandonner? C'est une vermine, une crevure… "Je devrai lui trancher la gorge moi-même", se surprenait-il à penser en lui-même. Mais le lendemain matin, les deux frères s'étaient retrouvés et c'est le plus petit qui avait plié. Partageant un seul cheval, ils se mettent en tête d'atteindre le Montana, où pas mal de pépites dorée auraient été découvertes il y a quelques années. A l'époque, ils sont aussi jeunes qu'inconscients et ne se rendent même pas compte de l'épopée qu'ils entament et s'attendent seulement à vivre à la belle étoile comme ils l'avaient toujours fait. Mais la nature est bien plus virulente que sur leur petite île. Des bêtes sauvages tuent des hommes chaque jour, des insectes terrassent des ours… Et même l'eau, impropre à la consommation des nouveaux arrivants, tuent plus que toutes les bêtes réunies. Combien de fois avaient-il frôlé la mort? Au bout de quelques états parcourus, ils ne comptaient même plus. Chassant pour vivre, les frères apprennent à tirer sur le tas. Très mauvais dans un premier temps, ils ne font que dépenser le peu d'argent qu'ils ont pour manger et nourrir les chevaux… Jusqu'à-ce qu'une affiche n'attire l'attention du plus jeune. "Recherché, mort ou vif", il s'agissait de l'une de ces fameuses primes qui faisait briller les yeux des plus naïfs et soupirer les mercenaires qui avaient de la bouteille. "On sera riche!", n'avait de cesse de s'imaginer le petit brun en tentant de persuader son frère de suivre la route de ceux qui chassaient les criminels : "On sera pas seulement riche, on fera quelque chose de bien".
Mais en vérité, ce que Rían veut… C'est vivre à fond.
Des gosses, vous dis-je, vivant comme s'ils leur restaient mille et une vies. "C'est une mauvaise idée", avait répondu l'aîné mais une fois le soleil levé… "Il faut bien manger", avait-il finalement lâché. Malgré le fait qu'ils se soient tous deux perfectionner au tir en chassant l'antilope et le coyote, les deux garçons qui devenaient maintenant des hommes, ne parviennent pas à traquer les criminels comme il se doit. Après tout, ce ne sont que des gamins doublés de chasseurs de prime ratés. A force de côtoyer moult saloons sur leur chemin, c'est finalement grâce à la langue pendante de l'un et au tact de l'autre qu'ils réussissent à remettre leur premier criminel aux autorités. De l'argent facile en poche mais surtout, une immense dose de chance, ils repartent sans se douter ce que l'ouest fait aux chasseurs primes. Trainés dans la boue, attaqués dans leurs sommeils, quasiment immolés par le feu… Les frères Byrd savent déjà se battre mais apprennent à jouer à la guerre dans les grandes forêts de l'Ohio, aux bords des rivières du Michigan et dans les déserts du Texas. C'est d'ailleurs à ces occasions qu'ils tueront pour la première fois… Aujourd'hui, tuer est devenu banal. L'un le fait par dépit et l'autre par plaisir. Saurez vous deviner lequel? Peu a peu, Birdie s'éloigne de l'idée de faire fortune en trouvant des pépites dorées. Sa nuque ayant plus d'une fois brûlée au soleil à force de recherches, il oublie ses rêves d'enfants et se contente aujourd'hui de traquer ses semblables… Des criminels. Vivant en marge de la société, quand les températures montent, ils grimpent vers les états du nord et inversement quand l'hiver arrive. En 1865, c'est aux pieds d'une chaîne de montagne du Dakota qu'ils prennent racines… Sans savoir que ces terres sacrées, appartenaient en vérité à la tribu des Sioux Lakotas. Depuis qu'ils étaient arrivé aux Etats-Unis, ils n'en avaient jamais croisés. Enfin, ceux qu'ils avaient vu étaient des nantis, habillés comme l'homme blanc et qui parlaient l'anglais peut-être encore mieux qu'eux. Ils n'avaient rien à voir avec ceux qui les avaient pris en joue, lors de leur premier soir à Black Hills.
Son propre pistolet braqué sur la tempe de son frère et une flèche pointée vers son cœur, Birdie lève les mains en signe de reddition face aux "sauvages". "On ne vous veut aucun mal", dit-il, le souffle court : "Lâchez-le et on partira". Mais ce ne serait pas aussi facile… Sous l'insistance du regard de son aîné, Rían ne tente rien contre les natifs et reste sous le joug de son arme à feu pendant les "négociations". Que voulaient-ils? Un service. N'ayant pas la possibilité de débarquer aux villages de hommes blancs accompagnés de chevaux sans être accueillis par un petit comité armé jusqu'aux dents… Ce qu'ils veulent n'a rien d'aussi impressionnant que les histoires que se plaisent à raconter les soulards des saloons environnant. "Vendez nos chevaux", se contente de dire le seul d'entre eux qui parlait anglais. En échange, ils leurs offriraient le droit de séjourner sur leurs terres… En gage de bonne foi, Seanán part accompagné de deux chevaux jusqu'au village en question tandis que son frère reste pitoyablement le prisonnier des natifs. N'ayant jamais douté qu'il reviendrait le chercher, Rían voit son aîné revenir sans l'ombre d'un cheval et un paquet d'argent en échange du jeune homme. "C'est tout", s'était-il dit en lui-même en voyant ces hommes à la peau mate détacher et lui rendre son cadet comme si de rien n'était. Ces échanges de bons procédés perdureront dans le temps… Tous les étés, les frères Byrd reviennent vendre les chevaux des indiens et se la coulent douce au bord des ruisseaux. Quoi de plus beau? Apparemment rien, aux yeux de Birdie… Puisqu'il s'y trouve une femme qui lui pond un marmot. Frustré par cet "amour" qui lui était tombé dessus comme un coup de soleil, c'est aujourd'hui à Rían de menacer son aîné de partir :
« Je vais retourner sur la côte.
- …Attends, quoi?
- Je veux pas de cette vie.
- On mange enfin à notre faim, on crame pas sous le soleil du désert, on risque pas de se faire buter dans notre sommeil et toi, tu…
- Ferme là, Birdie. J'en ai marre de t'écouter. Tu penses qu'à toi. C'est toi qui à voulu partir chercher des pu**ins de pépites d'or et aujourd'hui c'est toi qui veut mettre fin à notre vie.
- Je met fin à rien du tout…
- Ferme ta gu**le je te dis ! C'est sensé être moi l'bavard, mais tu fais que l'ouvrir. Je veux pas jouer aux cowboys et aux indiens, je veux pas vivre ta pu**in d'utopie à la con. Demain, je m'en vais avec ou sans toi. Tu seras enfin débarrassé de moi. »
Au contraire de son aîné qui ne serait jamais parti sans lui, Rían quitte les montagnes sacrés du Dakota pour le désert du Texas. Du haut de ses quinze ans, il sillonne le sable à la recherche des barbares et voleurs de la région durant des semaines. N'ayant qu'un cheval et les mouvements des flammes à qui parler le soir, il se tient seul compagnie en chantonnant les balades que sa mère lui avait apprises… Et c'est un soir où la solitude commence à lui peser, qu'il est attaqué par un régiment composé de quatre soldats. Bien qu'il soit seul, il en tue trois d'entre eux et se retrouve blessé à l'épaule par le dernier. "C'est qu'une égratignure, Nessa", rassure-t-il sa monture avant de reprendre la route… Sauf qu'il se trompe. Ce n'est pas qu'une "égratignure". Qui sait si Nessa l'avait elle-même conduit jusqu'aux pieds des montagnes sacrées ou s'il avait lui-même prit la décision de revenir… Car à son arrivée, Rían ne pouvait plus parler. Tombé de son cheval à même la terre des Sioux, il fut ramené par l'un des tout nouveaux "beaux-frères" de Birdie jusqu'à lui. Des jours durant, le jeune homme combat fièvre et infection au sein des rêves les plus vifs qu'il n'avait jamais fait. Présenté à ses songes sous la forme d'un soldat de l'empire britannique, Rían achève le monstre qui avait bien faillit le tuer et à son réveille, son frère est à son chevet. Dès qu'il ouvre l'œil, Birdie (surnommé Ska par les Sioux) attrape sa main et la serre plus qu'il ne devrait…
« Pu**in, mais tu me fais mal !
- Si t'étais pas déjà à moitié mort, je te tuerai.
- Je t'emmerde, Ska. »
Depuis ce jour, Rían est recherché pour avoir sauvagement assassiné des soldats des Etats-Unis d'Amérique. Personne ne connait le nom de ce si jeune hors-la-loi, qui précédent Jesse James et Billy the Kid, n'aura qu'un dessin à son effigie et une immense prime sur la tête. Lui-même n'aura connaissance de cette prime que lorsqu'il sera remit sur pied, des mois plus t**d. De cette escapade, il gardera une sale cicatrice sur son épaule… Mais cette blessure n'aura en rien endommagé son don pour le tir ni son goût pour le risque. Durant près d'une dizaine d'années, les deux frères "travaillent" pour les Lakotas en participant à la chasse et la pêche mais aussi en continuant de vendre leurs pur sangs et de temps à autre pour contenter la virulence mise en cage dans le cœur de Rían, ils partent traquer des têtes hautement primées pour les ramener plus souvent mortes que vives aux autorités. Ce qui fait que ces les criminels, les deux frères son connus pour leur implacabilité tandis qu'à Black Hills, ils sont des membres à part entière de la tribu. Quand bien même ce n'est pas la vie pleine et entière dont il aurait rêvé, l'espiègle "Flèche" - qui se prononce Saighead en gaélique, se plait à accepter ce compromis presque parfait entre guerre et paix. Ainsi, il se rapproche de Zikana, sa nièce, à qui il apprend doucement le gaélique mais surtout à em****er son père… Au près des Sioux, il apprend à manier l'arc et la flèche, mais aussi l'art du poison et quelques mots lakotas, par-ci par là. Loin d'être coincé aux pieds de Black Hills, il lui arrive par ailleurs de disparaitre durant des jours pour revenir couvert de bleus et de sang, ou bien de suçons et de baisers. En soit, c'est une vie douce qu'il se retrouve à vivre loin des déserts que lui et son frère avaient pourtant tant affectionnés.
Mais malheureusement, la guerre aura raison du rêve utopique de son aîné…
En 1875, les autorités tentent d'endiguer la vague des chercheurs d'or dans l'est du pays, avant de chercher à acheter les Black Hills aux Sioux. En septembre de la même année, les négociations avec les Sioux échouent et les blancs leur lancent un ultimatum : S'ils n'ont pas quittés les Black Hills à la fin de l'année, les autorités les chasseront de leur territoire, par la force si nécessaire. Au début de l'année suivante, les autorités des Etats-Unis lancent une offensive contre les Sioux qui sera plus t**d connue comme la bataille de Little Bighorn… Les blancs échoueront à prendre leurs terres aux Sioux, essuyant de deux cents pertes tandis que les Sioux ne perdront que cent cinquante des leurs. Mais au sein de cette bataille, il y a aussi des massacres d'une gratuité f***e et qui jusqu'à aujourd'hui, resteront impunis. Aux yeux de Birdie, cette haute autorité ne peut que lui rappeler celle de l'empire britannique, qui cru bon de laisser mourir des millions de ses semblables en espérant que la mort règle la "question irlandaise". Ainsi, son cadet enragé n'a pas besoin de faire beaucoup d'insistance au près de celui qui est d'ordinaire le plus pondéré des deux et aux côtés de nombreux hommes de la tribus, les deux frères partent se battre contre les soldats des Etats-Unis. "Personne ne trouvera le village", avait assuré Birdie au chef de la tribu qui n'avait alors laissé que leurs plus jeunes guerriers pour protéger les femmes et les enfants… Mais c'était sans compter ce fameux général qui dix ans plus tôt, s'était trouvée une dent contre les frères oiseaux. En pleine nuit, Cromwell et de ses hommes, prennent d'assaut le village. Les jeunes guerriers sont abattus. Les femmes subissent des sévices et les plus sauvages sont massacrées. Au retour des hommes, le village est mis à feu et à sang. Mais le pire reste à découvrir… Au petit matin, plusieurs enfants manquent à l'appel, dont sa nièce, Zikana. En effet, il n'est pas rare pour les autorités d'arracher des enfants aux natifs, pour en faire des "bon citoyens", de "bon chrétiens" et surtout, des "américains". Blessée et désorientée, l'épouse de Birdie ne parvient pas à mettre dans des mots les horreurs qui ont pu se dérouler cette nuit et ne demande qu'une chose : "Retrouve notre fille".
En long, en large et en travers, les frères Byrd sillonnent le pays durant sept longues années sans jamais retrouver la trace de la petite fille… Aujourd'hui, sa nièce aurait quatorze ans. Est-ce qu'ils même capable de la reconnaitre? Ayant perdu espoir depuis des années déjà, Rían est condamné à voir son frère sombré dans les flots de la culpabilité, la folie et surtout les excès. Peu à peu, son humanité s'éteint au profit des tueries et quand bien même ce n'est pas sans déplaire à son âme d'enragé, la sagesse dont il savait faire preuve autrefois lui manque terriblement. De marins à chasseurs de primes, les frères finissent hors-la-loi et aujourd'hui, ce sont eux qui sont chassés. Aux quatre coins du pays, les frères oiseaux sont connus pour leur impitoyabilité et notamment pour la violence dont le plus jeune sait faire preuves sans aucunes limites. Le faux sage et le vrai fou, ceux qu'on appelait autre fois Birdie et Saighead, l'oiseau et la flèche, sévissent où bon leur semble puisqu'ils ne sont plus les bienvenue à Black Hills. Le chagrin ayant poussé les Sioux a accuser les frères Byrd d'avoir faillit à la sécurité des femmes et des enfants, ils les menacent aujourd'hui de les abattre s'ils osent remettre les pieds dans les parages.
Depuis six mois maintenant, après moult cavales et pillages, les deux frères se planquent au sein d'une maison abandonnée, tout au fond des marécages qui entourent Baton Rouge. Après avoir commis un nom d'exactions inavouable au cours de l'année précédente, ils font aujourd'hui profil bas en profitant du faux calme de la ville, de ses saloons et surtout de la corruption qui y règne. Jamais sans alcool dans les veines, quand il n'est pas à pourrir dans les marais, Birdie passe le plus clair de son temps dans les bars souterrains des séraphins et participe à des combats de boxes clandestins… Tandis que Rían et bien, il le suit et traficote les paris. Le tout, en attendant que les autorités oublient un peu le mythe de la flèche et son oiseau.
— Liens :
Seanán Byrd (frère aîné)
Moon Hyun-woo (connaissance, lien conflictuel)
Abigail Beaumont (connaissance, possible amitié)
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