JODY HEART
Informations de contact, plan et itinéraire, formulaire de contact, heures d'ouverture, services, évaluations, photos, vidéos et annonces de JODY HEART, Auteur, Reims.
30/01/2026
J'te parle bas, parce que l'monde est déjà trop bruyant pour toi. T’es là, quelque part entre deux battements, comme une pièce de monnaie coincée dans ma gorge. J’ai arrêté d'fumer hier, tu vois l'genre de mensonge que j’me raconte déjà.
J'sais pas si t’es un miracle ou une erreur. Peut-être les deux. Les miracles ont souvent une sale gu**le quand ils débarquent sans prévenir, souvent j'les vois avec des chaussures pleines de boue et aucun plan pour la suite.
Mon corps est devenu une chambre louée à la nuit. Les murs transpirent mes peurs, le lit grince sous des souvenirs qui tiennent pas debout. Et toi mon minuscule locataire, t'es là, sans valise, sans défense, sans contrat signé. J’aurais voulu t’offrir mieux qu’un cœur cabossé et des lendemains qui sentent le café froid.
Je t’imagine comme une étincelle coincée dans un briquet vide. Ça pourrait flamber, oui forcèment. Mais ça pourrait aussi m'brûler jusqu’aux os. Et j'suis fatiguée. Fatiguée d'faire semblant d’être solide quand j'tiens avec du scotch et des habitudes pourries.
Je voudrais t'dire qu'c'est pas ta faute. Qu'c’est jamais la faute des innocents. La faute, si elle existe, elle traîne dans les verres trop pleins, dans les bras mal choisis, dans les silences qui durent trop longtemps. Elle s’est assise sur moi avant que je sache dire non.
J'te parle parce que c’est la seule chose honnête que j'peux encore faire. T'parler avant de me taire. Te donner quelques mots comme on glisse une couverture sur quelqu’un qui va s’endormir trop tôt.
J'serai pas ta mère. Pas celle qui t’apprend à faire du vélo ou à compter les bleus comme des trophées. J'serai juste cette voix, une fois, qui t’a reconnu. Qui t’a aimé assez pour admettre qu’elle n’était pas capable.
Si tu pouvais comprendre, j'te dirais qu'parfois l’amour, c’est savoir quand s’arrêter. C’est refuser d'te jeter dans une vie bancale avec des fondations déjà fissurées. C’est pas te demander de réparer ce que j’ai cassé bien avant toi.
J'vais partir tout à l’heure. Y'aura des néons, des gants en plastique, des mots techniques pour pas pleurer. Mais là, maintenant, dans c'coin d'chair et d'pensée, t’es réel pour moi. Aussi réel qu'la pluie qui cogne contre la fenêtre, aussi lourd qu'ce choix que j'traîne comme une valise sans poignée.
Pardon si c’est tout ce que j’ai à t’offrir, c'est quelques phrases, un adieu maladroit, et un amour qui n’a pas trouvé la bonne sortie.
Pardon d'trop t'aimer pour t'faire endurer un avenir dans du café salé.
29/01/2026
J’me suis déguisée en chat comme on enfile une dernière paire de bas avant de disparaître dans mon Halloween d’un 29 janvier. C’était un matin trop grand pour moi, bien plus qu’une montagne posée sur une autoroute française, donc payante. La forêt m’a avalée sans poser d’questions. Seule, entourée d’grands arbres anorexiques comme des types de comptoir à 10h du mat’.
Ma queue traînait derrière moi. Saloperie d’queue. Elle s’accrochait, balayait la boue, s’prenait dans mes pattes comme un passé collant. J’avais l’impression d’tirer un remords en peluche blessée, un truc con et lourd à la fois. Chaque pas m’rappelait que j’étais pas faite pour être élégante.
Au-dessus, un piaf faisait l’balèze. C’p’tit co***rd ailé ricanait dans les nuages, convaincu qu’le ciel lui appartenait. J’lui ai balancé des insultes d’gamine en plein bec, mais aussi des mots sales d’adulte frustrée avant l’âge.
J’transpirais mes souvenirs et mes manques. Les racines étaient comme des bouts d’vies inachevées, et les branches comme des mains qui n’savaient plus qui toucher. J’traînais pour pas penser, mais j’pensais quand même. C’est là qu’ça m’a causée.
Si j’étais un chat aujourd’hui, c’était pas pour fuir. C’était pour revenir.
Grand-père m’appelait mon petit chat. Y disait ça avec sa voix usée, une voix qui sentait l’tabac froid et la p’tite tendresse mal exprimée. Quand j’étais triste, quand j’gueulais l’monde, quand j’griffais sans savoir pourquoi, c’était moi, son p’tit chat.
C’était l'jour d'son anniversaire. Et lui, y était déjà parti là où même les piafs ferment leur gu**le. Alors j’ai continué d’cavaler. Pour lui. Pour cette gamine que j’étais, qui croyait qu’un surnom pouvait tout sauver.
C’est à la lisière du bois que j’l’ai vu. Un chat noir. Planté comme une virgule dans ma phrase pourrie. Y m’a regardée sans juger, avec un calme tellement insolent qu’il en devenait survivant. J’ai souri. Vraiment souri.
J’l’ai alors pris avec moi. J’savais pas encore comment on adopte un miracle, mais j’me suis dit que j’apprendrais. Ma queue traînait toujours dans la boue, mais pour la première fois, ça m’dérangeait pas.
J'ai ouvert l'placard d'mes histoires perdues.
Dedans, y'avait un bout d'Asie, des mémoires d'Geishas, mon premier string bleu souillé à un âge non mentionné. Y'avait aussi mes idées d'ado rangées dans une boîte noire vide, où j'avais dessiné un point d'interrogation au vernis rouge à ongles cassés. Y'avait mes larmes, mon hang, et un sac poubelle qui contenait des p'tits rires jaunes. Mais surtout, y'avait une photo d'toi. Pu**in, c'que t'étais belle.
Tu disais qu'j'étais la plus grande artiste qu't'avais rencontrée, et que j'ferais un jour bouger la modernité. Pourtant, à cette époque de nos premières clopes, j'faisais rien d'plus que d'te raconter mes nuages, sans savoir un jour qu'tu rejoindrais ces putains de cotons géants. On s'foutait d'la vie, alors cette sa**pe nous a invoqué ta mort. Et moi, après ça, j'ai osé t'enfermer là-dedans.
J'ai donc rangé l'placard. J'ai accroché ta photo dans un cadre, j'l'ai collée au plafond d'ma chambre à la place de l'ampoule. J'ai aussi colorié la boîte noire en rose et j'ai transformé l'point d'interrogation en cœur. J'ai regardé l'film Mémoires d'une Geisha sur ma télé d'toilettes. J'ai vidé l'sac poubelle à rires jaunes sur le sol, et j'y ai mis les larmes à l'intérieur, puis j'l'ai jeté dans l'ciel en priant quelqu'un, sans m'y faire d'images précises.
Après tout c'bordel, j'ai repris mon bon vieux hang poussiéreux qu't'appelais l'OVNI. Ensuite, j'ai composé cette instru. J'pense y avoir tout mis.
J'espère que ça t'plaira ma puce.
27/01/2026
Vivre en coloc avec sa meilleure pote-sœur, c’est quelque chose.
J’étais chez mes crazy-parents pour ne rien mais aussi tout faire dans les moindres détails de nos envies d’hippies modernes. J’devais squatter chez eux plusieurs jours sans compter les minutes et les secondes. Mais bon c’était sans compter sur ma p’tite Emma qui m’a envoyé par SMS : « Tu rentres quand ? »
Elle savait très bien qu’en envoyant ce texto, j’allais comprendre son SOS de nana pas bien. En ni une ni deux j’ai pris la Jody-mobile. Loin d’Gotham version Fiat verte sur les routes de campagne, j’ai tracé pour ma best.
Sur la route j’ai rencontré Bambi, et pendant que j’faisais du 34km/h, j’ai fait un f**k à un radar. J’me suis tapé du Bruel à la radio. Et près d’un stop, j’ai pensé à mes parents dans le rétro. J’me suis aussi r***e gamine à courir sur du sable mouillé. Ça m’a fait penser à ma nouvelle paire de chaussures en 39 alors que j’fais du 41.
Tout ça pour dire que j’suis bien arrivée chez moi et qu’Emma était là. Elle pleurait pas d’sa rupture mais elle souriait d’mon arrivée. J’lui ai raconté l’histoire d’un Bambi rebelle qui s’est dressé contre l’autorité et d’une femme qui s’est achetée des chaussures plus petite pour retourner en enfance. J’lui ai parlé d’la mer mais pas d’Gotham ni d’Batman.
Emma m’a dit je t’aime, on a rigolé sur du Bruel.
27/01/2026
Se lever un matin en mode bébé avec l’envie d’voir ses parents. Les appeler, dire que j’arrive, être à la bourre et avoir l’droit à un dessert de chez Picard raté et brûlé. Leur raconter mes histoires de cœur et d’peurs, chanter avec eux sur du karaoké bon marché d’chez YouTube.
Se chamailler devant un ciné pour aller voir un film différent, départager la chose sur un chifoumi. Regarder le film qu’on a détesté et aller jusqu’au bout du générique de fin pour rire de notre mauvais choix hasardeux.
Parler d’foot avec papa qui m’a appelé mon canard pour m’faire râler d’amour. Demander à ma mère de faire du shopping demain. Les aimer comme une fille et c’petit garçon que j’étais. Faire l’chemin du retour à pieds en laissant la voiture sur l’parking puis faire cette photo qu’en dit long.
27/01/2026
Depuis que j’ai avalé ce liquide goût fraise, j’suis devenue naturelle. C’est arrivé d’un coup, quand l’froid rose m’a traversé mon petit cerveau d’femme/enfant et a repeint mes idées en hiver.
J’suis sur la plage. Le sable m’parle en grains minuscules, y m’raconte des secrets que j’oublie aussitôt. La mer respire fort, comme un ogre bleu un peu essoufflé. J’entends les poissons. Oui, j’les entends. Pas toi ?
Ils font des bulles avec des phrases dedans : gloup love, ploc sardine existentielle, blblbl vérité humide. J’reste très sérieuse, parce que c’est poli d’écouter les poissons.
J’fonds presque autant qu’le liquide fraise qui coule encore dans mes tristes souvenirs. Pourtant j’ai l’goût sucré d’une nouvelle simplicité sur la langue. J’suis naturelle, je te dis !
Naturelle comme une femme qu’a décidé qu’les algues sont des bijoux et qu’le vent est un coiffeur approximatif. Naturelle malgré ce qu’on m’a fait. Tu captes toujours pas d’quoi j’parle ?
C’est pas grave, car j’vais mieux, et si ton interprétation est douce et poétique, tant mieux !
27/01/2026
Juste après avoir acheté un pardon et un CD à la Fnac le vendeur m’a demandé si je voulais un cheese sans cornichon. J’ai refusé puis j’ai payé mes articles avec une larme et un sourire, puis je suis allée chez McDo. J’ai croisé Ronald il m’a dit bonjour « Monsieur. » Ça m’a peiné de voir qu’il portait des collants.
27/01/2026
Petite souris s’entête à croire que l’on s’arrêtera sur elle, elle s’imagine un Mickey romantique.
27/01/2026
C’est dur d’se prendre des critiques. J’entends tout le temps que je suis un monstre, une désaxée, une personne qui mériterait d’être enfermée dans un HP. Mais vous savez quoi ? Je m’en tape.
27/01/2026
J’y suis allée en pleine nuit, comme on obéit à une idée sans permission. La maison souvenir était toujours là, tassée dans l’ombre des regards. J’y suis allée doucement, plus par habitude que par prudence, comme s’il avait encore pu m’entendre délirer avec mes chaussures d’un dimanche macabre.
La nuit était tarée, presque bâclée. Même pas d’étoiles. Ou alors elles gueulaient ailleurs, occupées à commenter une autre chienne de vie.
Ici, l’ciel était comme une page de classeur dans un casier vide. L’vent faisait semblant d’être du vent, les arbres faisaient semblant d’être des arbres. Moi, j’faisais semblant d’avoir quelque chose à fo**re là.
Je lui ai parlé quand même. À voix basse. À la maison, surtout. J’ai raconté des trucs inutiles : la forme des nuages absents, la lune qui faisait la tronche derrière un toit, et mes pensées qui couraient nues sans savoir où se poser. Je lui ai dit qu’le monde continuait à tourner d’travers, et qu’il avait raté un sacré numéro raté.
J’me suis mise à rire toute seule en pensant à lui. À sa façon d’me regarder, franchement, sans réelle poésie, aucune, plutôt un quelque chose qui ressemble à une œuvre d’art avec des mains pleines de confiture.
Il aimait mes fesses. Y s’en cachait pas. Ça m’faisait lever les yeux au ciel et sourire en dedans. Y disait qu’c’était rassurant, qu’ça prouvait qu’la gravité existait encore.
La nuit m’écoutait mal. Elle avait d’autres préoccupations. Peut-être qu’elle comptait ses morts, elle aussi. J’me suis approchée. J’ai posé ma main sur le mur du coeur. J’ai eu l’impression absurde qu’il allait surgir derrière moi, m’faire peur exprès, rire trop fort, puis nier. J’ai attendu une seconde de trop.
C’est là qu’tout s’est mis en place, j’me sentais comme un meuble qu’on reconnaît enfin dans le noir. Le silence n’était pas un jeu. La maison dormait pas. Elle veillait.
Alors j’ai compris pourquoi les étoiles n’étaient pas venues. Pourquoi la nuit était si mal écrite. Pourquoi j’parlais seule avec autant d’application. Y’avait plus personne pour regarder mes fesses. Plus personne pour rire derrière les murs.
Mon voisin préféré était mort.
27/01/2026
Petit moment suspendu en étant sur le sol, c’est fou comme le vide rempli de folies peut faire du bien.
On s’écrivait comme on aime le faire au p’tit matin, c’est devenu un p’tit rituel intimiste. Puis y’a eu l’envie d’cramer une clope après avoir confié qu’on avait l’objectif de diminuer notre consommation. J’crois qu’lui et moi on aime les contradictions, ça doit nous donner l’impression d’être des anarchistes qui pissent sur l’monde de nos idées carrés.
J’me suis improvisée ninja en escaladant la fenêtre du plafond pour accéder au toit. Lui il avait peur que j’finisse en quarantaine, d’autant plus qu’à distance il n’aurait eu qu’le rôle d’un spectateur paralysé. (Ce qui l’emmerde fortement d’ailleurs.) Mais j’l’ai rassuré en lui disant qu’le toit était plat comme la terre d’mes pensées bipolaires.
Arrivée sur ce toit, j’lui ai dit qu’j’avais froid mais qu’la vue était magnifiquement silencieuse et campagnarde. En mode French-touch rurale. Je lui ai immortalisé la chose avec une photo, puis fallait bien que j’lui montre ma gu**le matinale alors y’a eu une autre photo. Puis une autre.
Il m’a partagé des photos d’lui avec son café et sa clope. Et tout comme moi il portait un sweat à capuche. Je l’ai trouvé mignon, j’ai trouvé ça mignon. Tellement que j’en ai oublié la frustration d’vivre dans un autre monde que l’sien.
C’petit moment con vient de démarrer ma journée avec le sourire. Bref, j’lui avais promis une autre photo.
27/01/2026
J’dois t’dire un truc, j’ai toujours voulu être une petite joueuse de hockey à Paname. C’est étrange hein ? Peut-être la métaphore d’être une femme banquise et esquisse d’une capitale polluée dirigée par une présidentielle amnésique.
T’as déjà perdu le fil mais je t’en veux pas, et l’prend pas mal mais j’vais continuer d’te parler. La vérité c’est qu’j’aime l’idée d’être virile tout en étant fragile.
Tout ça pour t’dire que j’me suis fait faire un maillot de hockey, j’ai créé l’équipe, le motif et j’me suis fait broder mon nom inventé au dos d’cette création. L’identité c’est compliqué tu peux m’croire mais ça peut être simple lorsque tu t’assumes pleinement.
Comme équipe j’ai fait l’choix d’un quartier, celui d’Pigalle. Je t’imagine déjà m’insulter d’pute alors qu’j’suis bien trop dépensière pour t’faire payer mon corps qu’j’ai transformé. Et pour la gratuité j’te recommande d’aller voir ailleurs. Tu devrais tenter à Montmartre là-bas y paraît qu’ça s’fait.
Mon numéro c’est le 8, il exprime l’infini. Tu t’souviens qu’tu disais qu’nous deux ça serait pour la vie ? Mais t’as préféré partir avec une vraie femme, cette même femme qu’a décidé d’trouver un autre infini avec un autre vrai homme. C’est tellement drôle.
Jouer avec les sentiments c’est pas terrible, ça fini toujours en hors-jeu. J’suis pas là pour t’faire la morale, j’suis pas arbitre, j’compte pas non plus les points, en revanche j’peux t’dire qu’avec mon beau maillot de hockey, qu’nous deux c’est un point final.
Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.
Type
équipe culinaire
Tenue
Site Web
Adresse
51100