Denis Robert
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25/03/2026
Loana Petrucciani, victime d'un système : adieu à la première étoile de la téléréalité française
Elle s'appelait Loana. Née le 30 août 1977 à Cannes, Loana Petrucciani a été retrouvée sans vie ce mercredi 25 mars 2026 à son domicile de Nice, par la police municipale, alertée par le voisinage. Elle avait 48 ans. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de son décès, et des médicaments auraient été découverts à ses côtés selon les premières informations disponibles.
La nouvelle, annoncée en soirée par Paris Match, a immédiatement suscité une vague d'émotion. Car Loana n'était pas une simple candidate de jeu télévisé. Elle était la pionnière, la première, celle par qui tout avait commencé.
Une femme avant un phénomène
En 2001, après étude de 13 000 dossiers, la production de Loft Story avait retenu sa candidature, séduite par sa spontanéité, sa timidité désarmante, et un QI de 140 que personne, ou presque, ne jugea bon de mentionner dans les commentaires de l'époque. En quelques semaines, Loana était devenue un phénomène de société. La France entière regardait cette jeune femme de 23 ans, blonde, candide, vulnérable, tomber amoureuse dans un appartement sous caméras. La scène de la piscine avec Jean-Edouard fit la une de tous les médias. On avait enfin quelque chose à se mettre sous la dent, quelque chose à exhiber, à commenter, à moquer ou à désirer selon les goûts.
Ce que l'on racontait rarement, c'est d'où elle venait.
Une vie marquée par la violence bien avant la gloire
Loana Petrucciani avait grandi entre Cannes, Golfe-Juan et Grasse, dans une famille frappée par la violence et l'alcoolisme de son père. À l'adolescence, sa mère avait été hospitalisée. Pour subvenir aux besoins de la famille, Loana avait dû interrompre ses études et s'était retrouvée à travailler dans les clubs de la région niçoise, comme danseuse. Elle était entrée dans le Loft avec tout ce bagage invisible que le public ne voulait pas voir, et que les médias n'avaient aucun intérêt à mettre en avant.
Après la victoire, la machine l'avait broyée lentement. Mannequin pour Jean-Paul Gaultier, chanteuse, figure mondaine, elle avait tenté d'exister dans un paysage médiatique qui ne savait valoriser d'elle que son apparence physique. La dépression, les tentatives de su***de, la prise de poids due aux antidépresseurs, les addictions à la cocaïne et à l'alcool avaient progressivement tout envahi. Elle l'avait dit elle-même, avec une lucidité glaçante : elle consommait de la drogue le matin au réveil, comme quelqu'un boit de l'alcool, pour oublier une vie qu'elle ne supportait plus.
Une femme au carrefour de toutes les violences
Le journaliste Paul Sanfourche lui a consacré un livre publié aux éditions du Seuil en 2021, intitulé Sexisme Story, dans lequel il décrit Loana Petrucciani comme une femme se trouvant au carrefour de toutes les problématiques de l'époque : maltraitance infantile, violences conjugales, cyberharcèlement, sexisme ordinaire, déni de maternité. Sa fille Mindy, née en janvier 1998, lui avait été retirée par la justice, confiée au père biologique. Loana disait que c'était le moment le plus horrible de sa vie, qu'elle avait entendu les cris de cette enfant dans sa tête pendant deux mois.
En septembre 2023, elle avait été victime d'un viol qui avait duré dix heures, suivi d'un traumatisme crânien après un malaise en pleine rue, puis d'une agression par trois individus dans le hall de son immeuble niçois. En février 2024, elle était venue raconter tout cela sur le plateau de Touche Pas à Mon Poste, la voix abîmée, les mots qui venaient par fragments, évoquant des pertes de mémoire persistantes. Elle avait depuis emménagé dans un appartement dont le loyer était pris en charge par la productrice Alexia Laroche-Joubert, restée à ses côtés. Elle parlait encore d'un projet de nouvelle autobiographie, sur le viol, les agressions, et aussi, disait-elle, sur la beauté de la vie.
Ce que sa mort dit de nous
Il serait commode de réduire Loana à une étoile filante, à une icône des années 2000 emportée par ses propres démons. Ce serait se dispenser d'une question bien plus inconfortable. Loana Petrucciani était une femme issue d'un milieu populaire, façonnée par des violences subies dès l'enfance, propulsée par un système télévisuel qui l'a exposée sans jamais la protéger, consommée par un public qui raffolait de sa vulnérabilité tout en la méprisant pour elle. Elle était ce que le journaliste Sanfourche avait analysé : une laissée pour compte des combats féministes, une bimbo selon la doxa médiatique, une femme dont on riait dans les émissions de divertissement aux heures de grande écoute pendant qu'elle se désintégrait dans l'ombre.
Elle est morte à 48 ans, seule dans son appartement, presque vingt-cinq ans jour pour jour après avoir remporté ce jeu télévisé qui lui avait offert une gloire aussi fulgurante que destructrice.
On ne peut pas honorer sa mémoire sans nommer ce qui l'a tuée à petit feu bien avant ce mercredi de mars : un système médiatique prédateur, une société qui sexualise les femmes vulnérables pour mieux les abandonner, et une indifférence collective face aux trajectoires de celles et ceux que la célébrité a broyés.
Repose en paix, Loana. Tu méritais tellement mieux.
Sources : Paris Match, Nice-Matin, L'Avenir, La DH, France 3
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31/10/2024
Assemblée nationale : BHL épinglé pour conflits d’intérêts
Dans son rapport à venir sur l’état de l’audiovisuel public, que Blast a pu consulter, la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale s’est - enfin - penchée sur l’épineux cas Bernard-Henri Lévy. Président - depuis 31 ans (!) - du conseil d’aministration d’Arte France, le philosophe (enseigné dans aucune université) a bénéficié de 750 000 euros de financements de la chaîne pour ses films, qui n’ont jamais trouvé un quelconque public. Un cumul qui ressemble à s’y méprendre à un « patent » conflit d’intérêts, selon le qualificatif utilisé par Aymeric Caron, député apparenté La France insoumise et rapporteur de ladite commission.
« Le fonctionnement d’Arte France appelle deux observations relatives à la situation de M. Bernard-Henri Lévy, président du conseil de surveillance de cette entreprise », écrit le rapporteur.
Eviction demandée
« La première observation concerne la durée excessive du mandat de M. Bernard-Henri Lévy et les conditions dans lesquelles il a été renouvelé dans cette fonction en 2019 et 2024.
L’intéressé exerce sans discontinuer la fonction de président du conseil de surveillance depuis 1993. Ces 31 années consécutives de mandat sont excessives et n’ont d’équivalent dans aucune autre entreprise de l’audiovisuel public. Quel que soit l’investissement de M. Bernard-Henri Lévy dans ses fonctions, il n’est pas sain qu’une personne occupe un poste sur une durée aussi longue », synthétise l’élu.
Et le rapporteur de poursuivre : « Les conditions dans lesquelles le mandat de M. Bernard-Henri Lévy a été renouvelé en 2019 et 2024 suscitent par ailleurs l’étonnement. En 2019, une limite d’âge de 70 ans a été instituée pour les membres du conseil de surveillance. Toutefois, il a été décidé de ne l’appliquer qu’à compter du renouvellement suivant (en 2024), ce qui a opportunément permis à M. Bernard-Henri Lévy, alors âgé de 71 ans, de s’y soustraire. En 2024, à l’occasion d’un toilettage plus général de ses statuts, Arte France a abrogé cette limite d’âge et a retenu une règle inspirée de l’article L. 225-70 du code de commerce prévoyant que deux tiers des membres du conseil de surveillance doivent être âgés de moins de 70 ans, ce qui a de nouveau permis à M. Bernard-Henri Lévy d’être reconduit dans ses fonctions. » Qu’en termes choisis, les faits soient dits…
« La seconde observation concerne les conditions dans lesquelles, M. Bernard-Henri Lévy, président du conseil de surveillance d’Arte France en charge du « contrôle permanent de la gestion de la société par le directoire », a bénéficié à quatre reprises d’un soutien de la chaîne au financement de ses propres œuvres audiovisuelles et cinématographiques représentant, entre 2011 et 2022, un montant cumulé de 750 000 euros. »
Durant les travaux de la commission, l’éviction de BHL a été demandée à sa ministre de tutelle Rachida Dati, qui a réservé sa réponse. Le président d’Arte Bruno Patino, interrogé sur le sujet, a courageusement refusé de se prononcer.
Je sais qu’on nous attend lis sur la politique, les enquêtes, l’économie ou l’écologie mais ce sujet en long format de Thibault Izoret est remarquable. D’abord par ce qu’il révèle un phénomène dont personne ne parle, ensuite parce qu’il met en cause des labos surpuissants qui vendent de la mort en pilule. Lire en premier com le su***de chez les jeunes suite à la prise d’antidépresseurs et merci de vous abonner à BLAST, Le souffle de l'info
Il y a vingt ans, Patrick Lelay, le PDG de TF1 : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible ». Aujourd’hui les marques ont toujours la main, mais les nouveaux oligarques ont aussi et c’est nouveau et affiché, un dessein politique. Ils préfèrent Marine Le Pen à n’importe quelle figure de gauche. Et les médias dominants sont à leur service. Contre la doxa, Blast résiste. Vous pourrez voir en premier com mon dernier édito où je m’appuie, entre autres, sur Berthold Brecht qui a dit « Qui ne connaît la vérité n'est qu'un imbécile. Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge, celui-là est un criminel ». La vérité, le mensonge. Le sens des mots. Le journalisme. Les engrenages dans lesquels on se laisse prendre. Dans cet édito d’automne, je reviens sur le cas dramatique, liberticide et invraisemblable de JM Morandini. Cet homme-là est le maillon faible d’une histoire qui parviendra peut-être, avec le temps, à ébranler l’édifice qu’il supporte et à faire trembler la main qui le nourrit. Je réagis, par la même occasion, aux attaques violentes, outrancières et injustes proférées contre Blast et ses journalistes et chroniqueurs sur le traitement de la guerre au Moyen-Orient. Merci de partager le lien et de vous abonner. On en a besoin, car on est de plus en plus attaqués et nos frais de justice ont triplé cette année, preuves sans doute qu’on devient un problème…
Avec l’affaire Grégory, le pays était devenu fou. La justice avait perdu sa boussole et les juges leur virginité. Les médias s’étaient déchaînés et nous en sommes toujours aujourd’hui à chercher qui a tué Grégory et comment, collectivement, nous en sommes arrivés à cette folie.
Depuis, on m’a souvent demandé d’écrire sur l’affaire Villemin. Des scénarios, des livres, des adaptations. J’ai toujours refusé. Quand la réalité dépasse la fiction, inutile de lui courir après. Autant la restituer sans tricher, comme si on ouvrait une boite noire, histoire de dire : voyez par où nous sommes passés…
J’ai été beaucoup sollicité pour ces quarante ans et j’ai décliné toutes les invitations pour une raison simple: rien n’a dire et encore moins à redire après mon livre « j’ai tué le fils du chef » ou la série Netflix. Une amie vient opportunément de me rappeler que j’avais aussi commis ( juste avant mon retour aux affaires) cette série de quatre épisodes L*D pour France Culture.
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Vidéo de campagne à Blast avec plusieurs annonces de nouvelles émissions dont Argent magique et Corporate, l'arrivée de Johann Chapoutot dans quelques semaines et la relance de grosses enquêtes. Sans compter tout le reste. Ce week end on diffuse un entretien de deux heures passionnant avec l'historien Enzo Traverso sur la guerre d'Israël au Moyen Orient et l'histoire de l'antisémitisme. Il sort un livre cette semaine "Gaza devant l'Histoire" que je vous conseille. Allez, faites passer, abonnez vous. Merci.
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